IDEX : L'Université de Lyon veut capitaliser sur ses erreurs
Maxime Hanssen
Maxime Hanssen
L'Université de Lyon veut démentir le dicton "jamais deux sans trois". Après un double échec, le monde de l'enseignement supérieur lyonnais et stéphanois postule à nouveau au label Idex, à l'horizon 2016, dans le cadre de la seconde vague d'appel à projets. Celui-ci vise à favoriser l'émergence de nouveaux pôles pluridisciplinaires d'excellence mondiale dans le domaine de la recherche et de l'enseignement. Cette initiative, qui s'inscrit dans le programme gouvernemental des investissements d'avenirs, permettrait au pôle universitaire métropolitain d'obtenir un financement annuel de 25 à 30 millions d'euros supplémentaires. Et pour mettre la main sur cette manne, les différents acteurs ont travaillé sur les points faibles des candidatures précédentes.
Parmi eux, lors des échecs d'août 2011 et de février 2012, le jury soulignait un projet qui n'était pas assez fédéré. Il estimait que les différents acteurs ne dégageaient pas assez de synergies entre eux, montrant des limites dans la capacité à mener une véritable stratégie scientifique commune. Le lancement du Programme avenir Lyon Saint-Etienne (PALSE) en 2012, puis la création du SATT Pulsalys, ainsi que celle de la Communauté d'universités et établissements (Comue) en 2014, ont été des moments importants. "C'est à travers ces partenariats structurants que nous avons pu construire une université prête à travailler davantage ensemble", souligne Jean-Paul Bret, vice-président de la métropole de Lyon en charge de l'Université.
Ce rapprochement entre les têtes dirigeantes des universités lyonnaises, malgré son aspect essentiel, ne fait pas l'unanimité dans le corps professoral.
En 2012, il dénonçait déjà une "méthode consistant à travailler en petit comité, coupé de la masse des acteurs du terrain", critiquant une initiative qui vise à regrouper les universités au dépend de leur indépendance.
Une fois l'étape du rassemblement franchie, l'Université de Lyon souhaite mettre l'ensemble des chances de son côté en fédérant la totalité des acteurs du territoire, au-delà du monde universitaire. C'est en tout cas ce qu'a martelé Gérard Collomb, président de la métropole de Lyon, ce lundi, en marge de la présentation de la candidature : "Il faut associer l'ensemble des acteurs du territoire. La mobilisation doit être totale." En bon connaisseur du dossier (il a suivi la labellisation de l'université de Bordeaux, ndrl) le nouveau préfet Michel Delpuech pousse également dans ce sens :
"Le projet s'ancre dans un écosystème parmi les plus performants du pays", rappelle Khaled Bouabdallah, président de l'Université de Lyon. Ainsi, la candidature de Lyon devrait s'appuyer sur trois axes de recherche plus spécifique, souligne Jean-François Pinton, directeur de l'ENS Lyon et en charge de la candidature : biosanté et société, sciences et ingénierie pour une société durable, humanités et urbanités.
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Ces trois thèmes seront portés par des programmes transversaux (image, santé, etc.) et par des collèges académiques (Arts, culture, histoire, etc...), avec une forte coopération avec des entreprises. C'est par exemple le cas de l'initiative "Smart électrique Lyon".
Pour la métropole de Lyon, ce label placerait son université dans le top de la hiérarchie française. Une reconnaissance qui apparaît comme le dernier étage de la fusée métropolitaine. "Après le développement économique de filières reconnues, la mise en place d'une structure institutionnelle forte, le troisième pilier est l'Université", détaille Gérard Collomb. "C'est une donnée essentielle si nous voulons rivaliser avec des villes comme Barcelone ou Munich", assure l'élu.
Maxime Hanssen
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