Ecoles d'entreprises : elles se multiplient en Rhône-Alpes
Françoise Sigot
Françoise Sigot
Xavier Niel, charismatique patron de Free a ouvert le bal en septembre 2013 avec le lancement de l'école 42, remettant ainsi sur le devant de la scène une pratique éprouvée depuis fort longtemps. Dans son sillage, ils sont de plus en plus nombreux à entrer dans la danse des écoles d'entreprises.
En Rhône-Alpes, ces structures semblent d'ailleurs se multiplier plus qu'ailleurs, spécialement dans l'univers des nouvelles technologies. À Lyon, LDLC, Geolid et, à Grenoble, Sogelis font partie de ceux qui poussent à son paroxysme l'idée d'entreprise apprenante en se dotant d'une structure interne d'enseignement.
Un dispositif existant depuis longtemps chez Descours & Cabaud ou Veolia. Plus loin de nous, Renault, BMW, La Poste, Century 21, Michelin ont aussi des centres de formation à leur enseigne pour former de futurs collaborateurs par le biais de contrats de professionnalisation. L'effet de mode ne serait donc pas en cause.
Crédits : Laurent Cérino/ADE
Pour ces acteurs inhabituels de la formation, il s'agit en effet tout simplement de répondre à un besoin. « Le monde du numérique représente un gisement d'emplois important et à ce jour, la capacité de formation n'est pas suffisante pour répondre à ces besoins », claque Olivier de la Clergerie, directeur général de LDLC qui, dès la rentrée prochaine, accueillera une trentaine d'étudiants sur son campus installé aux portes de Lyon.
Loin du numérique et de son potentiel d'emplois, le groupe Veolia a lui aussi ouvert ses propres campus il y a une vingtaine d'années. « Il fallait attirer des jeunes dans nos métiers, peu valorisés, notamment la propreté et le transport, et qui n'existaient pas, donc pour lesquels il n'y avait pas de formation », commente Philippe Marcadé, directeur des Campus de Lyon et La Ciotat.
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En formant en interne ces forces vives, les entreprises assurent la relève. Elles défendent aussi et surtout l'idée de former des jeunes opérationnels dès leur prise de poste, puisqu'ils connaissent déjà parfaitement leur environnement de travail, capables de s'adapter vite - et bien - aux mutations incessantes du monde économique. Une sorte de Graal que chacun s'accorde à définir avec le terme agilité.
Marie-Pierre Fleury, directrice organisation et relations humaines chez Geolid (start-up lyonnaise qui bouscule les codes du marché traditionnel de la publicité locale par le digital), témoigne :
De son côté, Olivier de Clergerie abonde :
Pour cultiver l'esprit créatif, les écoles d'entreprises optent pour des méthodes relativement opposées à celles de l'univers traditionnel de la formation. Exit les notions de diplômes et de niveau, la théorie et les longues heures derrière un bureau à écouter un enseignant.
Place à l'immersion immédiate dans l'entreprise. La formation « sur le tas » chère aux autodidactes est de retour. Christophe Baillon, Pdg fondateur de Sogelis, éditeur de logiciels implanté à Grenoble, qui intégrera en septembre cinq personnes via cette formule d'apprentissage en immersion, résume :
Christophe Baillon, PDG de Sogelis. Crédits : Laurent Cérino/ADE
Chez Geolid, comme chez LDLC, où pour l'heure seuls les salariés ont accès aux cours « maison », les formations font aussi la part belle à l'immersion, tout comme chez Veolia, où les cursus conduisant à des diplômes de niveau CAP à BTS sont accomplis en apprentissage.
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Au-delà de leur métier, il s'agit aussi d'apprendre à ces futures recrues à adopter sans difficulté les codes de l'entreprise. Le fameux savoir-être qui ne va pas sans le savoir-faire. « Nos campus répondent aux besoins du marché du travail. C'est là leur création de valeurs. Ils permettent de former des jeunes capables de s'insérer très vite dans l'entreprise », explique Philippe Marcadé.
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