L'Université Savoie Mont Blanc face au "choc démographique"
Didier Bert
Didier Bert
Le président de l'Université Savoie Mont Blanc (USMB) s'inquiète de la capacité matérielle de son institution à faire face à la hausse de 42% des effectifs d'ici cinq ans.
L'USMB comptera plus de 14 000 usagers (étudiants et auditeurs de la formation continue) dès cette année, et elle devrait atteindre la barre des 20 000 en 2020, a souligné M. Varaschin, lors de la conférence de presse précédant la cérémonie officielle de la rentrée universitaire, jeudi soir, sur le campus d'Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie).
Cette croissance des effectifs s'explique par la tendance nationale, elle aussi orientée à la hausse, mais pas seulement : cette année, la croissance des effectifs de l'université savoyarde est 50% plus importante que la moyenne des universités françaises.
L'USMB profite du dynamisme du territoire et de la qualité du travail réalisé par les enseignants-chercheurs de l'institution, affirme Denis Varaschin, tout en expliquant se retrouver face à un « choc démographique ».
« On ne refusera pas d'étudiants », précise Denis Varaschin, en référence aux décisions de plusieurs tribunaux administratifs qui ont suspendu des refus d'inscription à Nantes, à Bordeaux et à Grenoble cet été. « Mais il faudra mettre en face les moyens nécessaires en bâtiments et en personnels », prévient le président de l'USMB.
Or, l'université des Pays de Savoie peine déjà à accueillir les effectifs en cette rentrée. Faute d'amphis de taille suffisante, six cours magistraux, habituellement donnés sur le site de Jacob-Bellecombette, dans l'agglomération chambérienne, ont dû trouver refuge au centre de congrès du Manège à Chambéry.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Face à une hausse des effectifs particulièrement marquée en Droit, en Psychologie et en Lettres, Langues et Sciences Humaines, « une fois qu'on a joué sur l'amplitude horaire, en étirant les journées jusqu'à 20 heures et les semaines jusqu'au samedi matin pour optimiser l'utilisation des amphis, et qu'on n'y arrive plus... », souffle Jean-Pierre Béguin, vice-président Patrimoine et développement durable, qui a négocié un tarif avec le centre de congrès. « On a paré au plus pressé, mais cela a un coût. »
Avec la hausse continue des effectifs durant les années à venir, « nous ne pouvons plus faire l'économie de nous tourner vers des partenariats extérieurs », ajoute M. Béguin.
Denis Varaschin a aussi récusé l'idée que la solution réside dans l'enseignement à distance. « Certains vous expliquent qu'on va faire des économies substantielles avec l'enseignement numérique, explique le président de l'USMB. Mais si ces technologies sont employées de manière simpliste, elles aboutissent à taux de réussite effroyables. Les formes modernes d'enseignement et de recherche nous demanderont davantage de moyens, même à effectifs constants. »
CHIFFRES CLÉS
À lire également
Didier Bert
PFAS : la redevance sur les rejets aqueux est désormais suspendue au budget 2026
Face à la concurrence du Mercosur, les éleveurs du Cantal veulent préparer l'avenir
Malgré des vendanges moins volumineuses, le Beaujolais garde le cap
Matériaux stratégiques : Ferroglobe va suspendre sa production de silicium en Europe