De grandes tables, des chaises, un professeur et des élèves. A priori, rien ne distingue Simplon.co d'autres formations. Mais les apparences sont trompeuses. Cette école du numérique - où l'on apprend à coder, créer des sites internet ou développer des applications - est différente, à bien des égards, des cursus classiques. À commencer par le mode de sélection des étudiants.
"La motivation constitue le seul critère", résume Mathilde Aglietta, directrice de Simplon Lyon. Pour postuler, les étudiants doivent seulement passer quelques épreuves sur Codecademy, "juste pour vérifier que le développement leur plaît."
Ce matin-là, Erick Ghaumez, PowerPoint à l'appui, enseigne la programmation orientée de l'objet, "une problématique que l'on retrouve dès qu'il faut procéder au développement d'application". Une matinée plutôt théorique pour cet adepte de la pratique.
Avec de temps en temps quelques remords: "Parfois, en rentrant le soir, je me dis que j'aurais pu leur avouer qu'il manquait juste une virgule." Dans le code, comme en mathématiques, une lettre ou un chiffre en trop mène à l'impasse. Mais une fois de retour au milieu de sa classe, sa philosophie d'autodidacte reprend le dessus.

La pédagogie porte ses fruits.
Ici, la barrière du programme scolaire, qu'il a pu rencontrer lors de sa licence de gestion, est abolie. Au royaume de la débrouille, Jérôme, un peu plus en retrait, semble avoir trouvé sa place.
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En quatre mois, même si sa jambe s'agite encore frénétiquement lorsqu'on lui pose des questions, il a retrouvé une certaine confiance en lui.
La diversité des profils est l'une des particularités de cette formation ouverte en octobre 2015 à Villeurbanne, qui accueille aujourd'hui 24 élèves. Une singularité qui tient notamment au slogan de Simplon : "l'intégration par le numérique".
Avant d'être admis dans la formation, 85 % des étudiants étaient inscrits à Pôle emploi.
Alors qu'Erick Ghaumez interroge la salle, Michèle lève la main. Une fleur glissée derrière l'oreille, l'autre main sur le clavier. À 37 ans, elle a déjà eu plusieurs vies. Mais ne s'est prise de passion pour le code que récemment.
Assise à côté d'elle, Chloi. Originaire de la région centre, la jeune femme "tournait un peu en rond" malgré son diplôme de graphiste textile. Comme elle travaillait sans cesse sur les ordinateurs et réalisait des "petits sites pas très esthétiques", elle a eu l'idée de s'inscrire chez Simplon. Et comme sa camarade, elle compte continuer dans cette voie.
En six mois de formation intensive, et gratuite, les étudiants passent en moyenne 35 heures par semaine en cours. Soit avec Erick Ghaumez leur formateur, soit en autonomie.
Le 8 avril, ils recevront leur diplôme. Certains se lanceront sur le marché du travail, d'autres poursuivront leurs études.
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