Région Auvergne-Rhône-Alpes : le Cnam et les Greta foudroyés

Denis Lafay
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Zéro (ou presque) contre 1,7 million d'euros : voilà ce que représente désormais le volume d'activité apporté par la région Auvergne Rhône-Alpes au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). 1,7 million d'euros affectés annuellement depuis une décade dans le cadre d'engagements triennaux destinés à favoriser le retour à l'emploi d'environ 700 chômeurs et publics précaires.
1,7 million d'euros dont le retrait aurait été brutalement annoncé en mai 2016 - d'abord confidentiellement par les services "catastrophés", ensuite officiellement par la vice-présidente déléguée à la formation professionnelle et à l'apprentissage, Stéphanie Pernod-Beaudon - avec effet immédiat, dès la rentrée suivante de septembre.
Enfin, 1,7 million d'euros qui occupaient environ un tiers du budget annuel de l'établissement, désormais condamné à des mesures drastiques de survie : déclenchement de l'alerte auprès du commissaire aux comptes, trésorerie "asphyxiée", plan de redressement marqué par la suppression de six des 50 emplois CDI et la non reconduction de l'ensemble des CDD, fermeture du centre de formation du Pays de Gex, placement en hypothèque des bâtiments stéphanois. Et alors qu'aucune nouvelle commande de "places de formation" - forme prise par les marchés régionaux -, pour l'heure, n'a été engagée en 2017.
Le Cnam a-t-il été victime d'un "règlement de comptes politique" ? D'aucuns au sein du personnel suspectent l'exécutif régional d'être idéologiquement agacé par quelques-unes des singularités du Conservatoire : certains des publics concernés et des parcours de formation, et des engagements citoyens assumés, par exemple auprès des réfugiés.
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Indirectement, le Cnam - comme d'autres enseignes, à l'instar des Greta relevant de l'Education nationale - a pu être une victime "collatérale" du fameux plan "500 000 formations pour les demandeurs d'emploi" décrété par le Président de la République en janvier puis porté à "un million" six mois plus tard. Un plan dont "l'objectif politique" déguisé : faire diminuer substantiellement les chiffres du chômage, condition majeure de la décision finale de François Hollande de se représenter au scrutin présidentiel, était "inacceptable" par la région AURA. Laquelle a vu dans l'afflux d'une manne publique inédite gérée par la Direccte, les moyens pour les établissements de formation qu'elle décidait d'écarter de rebondir opportunément. Ce fut le cas notamment pour le Cnam, qui put ainsi "contenir" à 300 000 euros les pertes finales sur l'exercice 2016. Mais cette compensation disparaît en cette année présidentielle.
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