Le crépuscule des vieux

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Par François Lenglet, rédacteur en chef à La Tribune.

Vous avez aimé "Alien", "Massacre à la tronçonneuse" et autres histoires sanglantes propres à faire frissonner l'honnête homme ? Vous allez adorer le nouveau film d'horreur du Conseil d'orientation des retraites (COR), "Perspectives actualisées à moyen et long terme". D'accord, le titre n'est pas très "fun". Les scénaristes non plus - un quarteron d'énarques chenus, de sénateurs bien portants et de syndicalistes. Mais vous connaissez bien l'acteur principal. Et vous n'aurez aucune difficulté à vous mettre à sa place, parce que le héros de ce film qui n'a rien d'une fiction, c'est vous. Vous, futur retraité, futur rançonné, plongé dans le vertige des déficits abyssaux et des pensions rabougries.

A législation inchangée, le déficit de l'assurance vieillesse atteindra les 70 milliards d'euros en 2030. Et encore cette hypothèse est-elle assortie d'un taux de chômage revenu à 4,5%, ce qui est aussi vraisemblable que l'écrasement d'une météorite sur l'avenue des Champs-Elysées. Pour équilibrer le régime à cette date, selon le COR, il faudrait soit réduire les pensions de 30%, soit retarder l'âge de la retraite de 7 ans, soit encore augmenter massivement les cotisations. Rassurez-vous, on peut faire les trois à la fois. Pour ne pas choquer les âmes sensibles, nous avons choisi de ne pas diffuser le scénario pour 2050 - c'est vraiment du "hard COR".

En principe, après avoir vu un film d'horreur, on rentre chez soi, rassuré d'habiter dans le monde réel. Mais ici, c'est la réalité qui inquiète. Ou plutôt le déni de réalité dans lequel nous nous trouvons depuis longtemps. François Fillon, en 2003, n'a fait qu'une réformette, qui a volé en éclats à cause de la crise - les déficits qu'il envisageait pour 2030 ont été atteints... en 2010. La refonte des régimes spéciaux de 2008, scandaleusement coûteuse, ne produira que des effets insignifiants. Balladur lui-même, qui a fait la seule réforme digne de ce nom en 1993, avait soigneusement évité de mécontenter la France publique. Le temps passe, et la France se rapproche chaque jour d'un futur qui ressemble au présent de la Grèce.

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Commentaires
a écrit le 15/04/2010 à 8:36 :
Après avoir dit du mal sur Sarkosy , je viens sur votre site qui malgré le fond sérieux me fait franchement rire ! Je parlais de ses impôts impayés depuis 12 ans. Mais, c'est l'heure du repas et j'ai un invité, à plus tard. En attendant allez sur le site de la Recette Principale de Neuilly -
a écrit le 14/04/2010 à 14:33 :
un gros morceau non mentionné concerne la retraite des fonctionnaires qui aura doublé dans 5 ans et on continue à en embaucher toujours plus (avec les territoriaux) : est-ce bien raisonnable ?
a écrit le 14/04/2010 à 8:19 :
Vraiment Nicolas, je t?en vieux?
« Il faudrait soit Réduire les pensions de 30%, soit retarder l'âge de la retraite de 7 ans, soit encore augmenter massivement les cotisations. »

Refuser de toucher aux retraites actuelles pour ne pas froisser un électorat déjà bien désorienté. Ne pas augmenter les cotisations pour ne pas réduire la compétitivité des entreprises dont dépendent reprise, emplois et pouvoir d?achat de l?électorat. Le gouvernement affiche déjà son choix, refusant de faire payer aujourd?hui ce qui pourrait l?être bien plus tard. Préférant ainsi l?allongement de la durée du travail (l?addition ne se présentera que lorsque nous serons vieux, quand nos votes ne le concerneront plus).
Une fois de plus il est fait appel au crédit qui repousse au lendemain l?effort du jour. Le déficit n?étant qu?une de ses facettes, il faut aussi considérer le crédit d?effort.
Repousser l?effort collectif qui devrait être consenti dès maintenant par l?ensemble de la population (au risque de se la mettre à dos) ; c?est ne faire reposer de manière inégalitaire l?effort que sur les actifs d?aujourd?hui qui demain seront vieux et plus fragiles. Ils devront résoudre individuellement l?impossible équation du financement d?une retraite décente à laquelle ils n?accèderont pas. Dans un contexte où les seniors de plus de 45 ans n?intéressent déjà plus le marché du travail, ils se trouveront alors dans l?impossibilité de se construire une retraite décente (ce qui entérinera de fait une très forte baise des pensions).
a écrit le 14/04/2010 à 8:15 :
Entièrement d'accord avec l'article - il manque juste des propositions de solutions.
a écrit le 14/04/2010 à 6:51 :
Que l'on fasse donc faillite le plus vite possible et le systême tombera...

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