Le programme des festivités pour 2011

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(Crédits : BLOOMBERG NEWS)

Reposez-vous bien pendant les fêtes de fin d'année. Car la rentrée de janvier sur les marchés financiers va être sportive. Positive ou négative, nul ne peut le dire, mais sportive et volatile, c'est une certitude absolue. L'année 2010 s'achève. Une année finalement étonnante. Avec des performances impossibles à prévoir. Ce qui frappe surtout, c'est le fait que sur la même classe d'actifs, on a eu des écarts de performance inhabituels. Entre un CAC 40 finalement sorti indemne ou presque, un DAX en pleine forme en Allemagne et des marchés « périphériques » qui ont sombré, entre des obligations valeurs refuges et d'autres obligations valeurs à la casse, on est allé de surprise en surprise. Mais vous aurez le temps de regarder en arrière. Intéressons-nous au monde d'après... la trêve des traders et des spéculateurs. Investir en 2011 sera aussi paisible qu'un marathon sur la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ou un trekking dans les zones tribales du Pakistan.

Épée de Damoclès numéro 1 : la crise européenne. Elle n'est pas terminée. Elle a à peine commencé. La Grèce et l'Irlande ont fait office de mise en bouche. La Belgique d'intermède. Le vrai sujet, ce sera l'Espagne. Et nous allons droit vers une crise de la dette espagnole. L'Espagne va devoir lever 300 milliards d'euros en 2011 et pour attirer les investisseurs, elle va devoir payer des taux d'intérêt de plus en plus élevés qui vont plomber son déficit... et compliquer la levée de nouveaux emprunts. Le cercle vicieux. La machine à broyer est en marche et elle arrivera à Madrid très rapidement après un détour rapide par Lisbonne. Les Espagnols ont raison de répéter que l'Espagne, ce n'est ni l'Irlande ni la Grèce. C'est pire car beaucoup plus gros. Or l'Union européenne, en refusant d'augmenter les moyens du Fonds de soutien, a clairement signalé, sous la pression allemande, qu'elle ne se donnerait pas les moyens de défendre l'Espagne.

Épée de Damoclès numéro 2 : la Chine. La Chine est confrontée à une inflation que rien ne freine et la grogne devant la flambée des prix alimentaires est source de tourment pour le gouvernement. Il va donc falloir stopper net la spéculation, notamment immobilière, en augmentant les taux d'intérêt. Plusieurs fois.

Épée de Damoclès numéro 3 : la surchauffe sur les actifs des pays émergents, en particulier l'Inde et le Brésil. Les pays émergés ne savent plus comment calmer l'hystérie collective des investisseurs et des marchés financiers. Les flux continuent à se déverser par milliards et provoquent une inflation par les actifs, une inflation malsaine. Il va falloir faire exploser la bulle.

Épée de Damoclès numéro 4 : le poker américain. La Fed et l'administration Obama ont tout misé sur une seule couleur : la relance. Tant pis pour les risques d'inflation et le dérapage du déficit budgétaire et de la dette. Un seul mot d'ordre : la fuite en avant. Ça passe ou ça casse. Soit la reprise est suffisamment forte pour relancer l'économie, l'emploi et les recettes budgétaires, soit la dette dérape. Les marchés ont déjà pris leur précaution en commençant à jouer la baisse des emprunts d'État et la hausse des taux à long terme.

Est-ce donc le scénario d'une catastrophe annoncée ? Rien n'est acquis, même le pire... Impossible de tirer à partir de ces éléments d'observation macroéconomiques des prévisions en matière d'évolution des indices boursiers et des marchés obligataires. Une conclusion s'impose cependant : il va falloir faire preuve de rapidité, de souplesse et de flexibilité en matière d'investissement. Une épée qui tombe, c'est tout de même très douloureux...

Par Marc Fiorentino Allofinance.com

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