Ô Toulouse

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Par Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction à La Tribune.

"A Blagnac, tes avions vont plus haut", chantait Claude Nougaro, dans sa superbe chanson sur Toulouse qui évoquait au passage son aéroport et son industrie aéronautique. C'était en 1966. Le jazzman-poète était une fois de plus visionnaire. Quelques années plus tard, les usines SNCASO (Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest), rebaptisées Snias puis Aerospatiale, qui avaient vu sortir la Caravelle puis le Concorde en coopération avec les Britanniques, allaient donner naissance en 1970 à Airbus, cette fois en association avec les Allemands. Un an plus tard, ce qui n'était encore qu'un groupement d'intérêt économique emporte sa première commande.

Et hier, quarante années après, l'avionneur européen, désormais filiale du groupe d'aéronautique, d'espace et d'armement EADS, a vendu son... 10.000ème avion ! Un anniversaire fêté avec, comme cerise sur le gâteau, un bilan 2010 qui l'a vu conforté dans sa place de leader mondial de l'aéronautique civile, une nouvelle fois devant son grand rival américain Boeing.

Les ronchons de l'Europe auront beau dire, un tel succès issu de la coopération entre voisins - Espagnols et Britanniques se sont vite associés au programme - est exceptionnel. Au point de servir de modèle à beaucoup, de l'industrie à la politique - Nicolas Sarkozy était encore, il y a quelques jours, sur les chaînes toulousaines -, sans jamais avoir été égalé. Si l'Airbus A380, plus grand avion civil jamais construit, voit son succès confirmé dans les années qui viennent, Boeing aura fort à faire pour ne pas se laisser distancer. Lui qui a laissé son jumbo-jet Boeing 747 vieillir et abandonner son juteux monopole sur les très gros-porteurs au profit de son concurrent européen.

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