Petit soir fiscal

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef "Editoriaux et opinions" à La Tribune.

Des convictions fiscales de Nicolas Sarkozy, on se souvient du "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts" et du "On ne touchera pas au bouclier fiscal". Deux promesses qui, au terme du quinquennat, n'auront pas été tenues tandis que se sont effilochées, au fil de la crise, les principales baisses d'impôt votées en 2007.

En proposant de réformer la taxation du patrimoine au printemps de cette année, le chef de l'Etat tente une habile diversion pour faire oublier ce piètre résultat tout en préemptant le débat fiscal de 2012. Ambition louable que de s'attaquer au totem par excellence, celui d'un impôt sur la fortune devenu une curiosité française aussi mal partagée que les 35 heures. Mais ce petit soir fiscal risque bien de tourner au bazar pour ne pas dire au bas soir, faute de clarté sur la doctrine et les objectifs.

L'UMP a démontré au cours de ce quinquennat sa capacité de divisions sur la fiscalité : la TVA sociale et la taxe carbone, finalement abandonnées, ont déjà fait les frais de ce manque de cohérence doctrinale. Au risque de complètement désorienter des contribuables qui ne sont pas loin de crier pitié ! Le concours Lépine sur les impôts qui oppose publiquement l'Elysée, Matignon, les deux étages de Bercy (Lagarde et Baroin) et les différentes sensibilités de la majorité pourrait bien achever de les inquiéter. Plus on avance, plus il apparaît évident que l'ambition affichée de supprimer en même temps le bouclier fiscal et l'ISF va faire beaucoup de perdants pour un nombre limité de gagnants. Nicolas Sarkozy peut estimer nécessaire de mettre fin à l'exception française de l'ISF. Alors, qu'il l'assume et en propose la disparition ! Mais à rechercher ces quelque 3 milliards d'euros manquants en ouvrant la boîte de Pandore des revenus de l'épargne, il risque de devoir assumer une autre vérité, celle d'une hausse inéluctable des impôts qui va faire mal à son électorat à la veille du combat de 2012.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2011 à 20:42 :
M. MABILLE,

Votre Billet est jubilatoire.

Gilles ROQUETTE

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