La (re) conquête du FMI

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L'idée, au départ, paraissait géniale. À peine élu, Nicolas Sarkozy, garant de la stratégie d'ouverture, propose à Dominique Strauss-Kahn la direction générale du FMI. Le poste est prestigieux mais il permet surtout au nouveau président d'écarter un rival politique. L'institution de Bretton Woods est alors en perte de vitesse au point que, à peine arrivé, DSK se voit contraint de mettre en oeuvre un plan social. La tempête financière, qui éclate à l'automne 2008, va replacer le FMI au coeur de l'actualité. Après la faillite de la banque Lehman, Nicolas Sarkozy n'a pas d'autre choix que de composer avec son directeur général pour reconstruire le monde d'après. Réunions du G8 et du G20, crises islandaise, grecque ou portugaise : DSK devient le nouveau pompier de la finance mondiale. Les idées françaises triomphent, Nicolas Sarkozy s'inquiète. L'économiste de Washington lui fait de l'ombre. Avec la présidence française du G20, le chef de l'État espère combler son retard. Mais Dominique Strauss-Kahn fait la course en tête. De Washington à Athènes en passant par Paris, l'ancien ministre des Finances occupe le terrain, tutoie les grands de ce monde, et parvient même à donner des accents socialistes à la voix du FMI. C'était il y a une semaine. Une éternité. Depuis, les espoirs élyséens du patron du FMI se sont écrabouillés quelque part entre la chambre 2806 du Sofitel new-yorkais et la cellule de la prison de Rikers Island. Nicolas Sarkozy peut aujourd'hui espérer grappiller quelques points dans les sondages. Mais l'explosion en vol de DSK est aussi son échec. Et celui de la France. Laquelle va avoir toutes les peines du monde à reconquérir la tête du FMI.

echol@latribune.fr

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