L'Internationale des riches

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« L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des questions financières. » Ce mot de Woody Allen résume assez bien la problématique à laquelle sont confrontés les États-Unis et l'Europe face à leurs déficits publics. Après avoir sacrifié les dépenses sociales, limité les dépenses publiques, coupé dans les investissements, nationalisé ce qui pouvait l'être, taxé les classes moyennes, voici venu le tour des riches. Il se trouve en plus qu'ils semblent d'accord pour payer davantage d'impôts. Il faut dire qu'aux États-Unis la politique fiscale leur a été nettement favorable. Selon les chiffres que publiait ces jours-ci le « Financial Times », le taux d'imposition du 1 % d'Américains les plus riches est passé de 37 % en 1979 à 29,5 % en 2007. Supprimer les allégements fiscaux accordés aux plus fortunés par l'administration Bush améliorerait les rentrées fiscales des États-Unis de 700 milliards de dollars sur dix ans... En France, la situation est un peu différente, mais il s'est créé, au fil des années, une nouvelle classe de dirigeants d'entreprises ayant accédé à la richesse et dans la période actuelle, chercher des recettes nouvelles de ce côté-là n'est pas un scandale. Certains dirigeants en conviennent, à l'image de Maurice Lévy ou, dans nos colonnes (lire page 2), Pierre Bergé et Geoffroy Roux de Bézieux. Ces prises de position témoignent d'un engagement citoyen qu'il convient de saluer. Ne soyons cependant pas tout à fait naïfs. Taxer les riches ne résoudra pas, à lui seul, le problème budgétaire de la France. En la matière, tout dépend des définitions qui seront retenues, et notamment le type de revenus visés : salaires, stock-options, revenus du capital ou de l'assurance-vie ? En outre, il existe un subtil équilibre entre taxation et incitation à créer de la richesse pour le pays et pour soi. Pour l'heure, cet équilibre n'a pas été trouvé. Il faudra pourtant l'atteindre pour que l'impôt soit à la fois efficace et juste. froche@latribune.fr

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