Sécu : pour deux points de CSG de plus

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L'opération de communication du gouvernement sur l'apparente « amélioration » du trou de la Sécu ne fera pas long feu. Derrière les chiffres, qui pourraient donner l'impression d'une maîtrise des dépenses, se cache le train de la dette sociale qui n'a fait que s'allonger : 130 milliards d'euros aujourd'hui, balayés année après année sous le tapis. D'abord, le déficit de 13 milliards d'euros et des poussières, escompté pour 2012, reste largement supérieur à celui du début du quinquennat. L'affichage d'une baisse de 40 % en deux ans de la facture laissée aux générations futures est un trompe-l'oeil : il repose sur des hypothèses optimistes sur l'assiette des cotisations sociales et masque une fuite en avant dans la hausse des recettes. Ensuite, entre les déremboursements, les forfaits sociaux, les taxes diverses (tabac, boissons sucrées ou non, complémentaires santé), sans oublier les revenus de l'épargne, l'équivalent de deux points de CSG (qui rapporte 10 milliards d'euros par point) a été prélevé sur le quinquennat. Pas mal pour un président qui s'est fait un point d'honneur de ne pas augmenter la CSG... Certes, on ne peut pas reprocher à Nicolas Sarkozy de chercher à équilibrer les comptes. C'est le principe de base du contrat de génération défini dans les ordonnances de 1945, « socle » de notre modèle social. Il a fait une réforme non prévue des retraites, mais celle-ci, on le sait, ne suffira pas à sauver notre système par répartition. S'agissant de l'assurance-maladie, on peut être plus sévère. Car, pour ces deux points d'équivalent CSG, on n'a pas réformé en profondeur notre système de soins. On a essayé, avec l'hôpital, d'importer les règles de l'entreprise (loi Bachelot) : échec par refus corporatiste. On n'a pas su réguler les revenus de la médecine libérale, clientèle traditionnelle de la droite. Et surtout, sans le dire, on laisse s'installer une sécurité sociale à plusieurs vitesses. Résultat : de plus en plus de Français, petits et moyens, ceux qui sont entre la CMU et les salariés bénéficiant des meilleures mutuelles, renoncent à se soigner, pris entre les files d'attente des hôpitaux, les déserts médicaux et une santé qui coûte de plus en plus cher.

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