L'Afrique, une chance pour la France

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Romain Grandjean et Philippe Perdrix, dirigeants de l'agence 35° Nord.
Romain Grandjean et Philippe Perdrix, dirigeants de l'agence 35° Nord. (Crédits : DR)
Tandis que l'Afrique vit une mutation accélérée, regorgeant comme jamais d'opportunités entrepreneuriales, la France sait-elle vraiment qu'en accompagnant mieux l'envol de l'Afrique, elle pourrait y (re) trouver un considérable gisement d'emplois ? Décryptage, par Romain Grandjean et Philippe Perdrix, dirigeants de 35° Nord, agence parisienne de communication, spécialisée sur l'Afrique.

Paris, Palais d'Iéna, les 22 et 23 septembre derniers : sous l'égide du ministère des Affaires étrangères et de la Fondation AfricaFrance, de nombreux patrons africains et français sont en pleine discussion. On parle affaires, croissance, opportunités. On parle d'avenir, surtout. La Conférence Africa 2016 bat son plein et, pour beaucoup de participants, c'est une redécouverte. L'Afrique a un nouveau visage trop longtemps occulté en France par les habituelles postures misérabilistes et culpabilisantes. L'Afrique va vite et n'attend plus que l'on veuille bien l'aider.

Croissance et consommation en hausse constante

Alors que les projecteurs médiatiques sont encore le plus souvent braqués sur les crises africaines, le continent offre une autre réalité, sans doute moins spectaculaire mais certainement plus déterminante : une croissance économique solide et durable avec des taux supérieurs à 5 % en moyenne par an depuis le début des années 2000. En 2016, la Côte d'Ivoire devrait caracoler à plus de 9 %. Au Sénégal, au Rwanda, en Tanzanie, au Kenya... les prévisions oscillent entre 6 % et 7 %. Et ce malgré la chute des prix des matières premières, malgré les regrettables crispations politiques, la persistance de zones d'insécurité et les incertitudes sur l'avenir le plus souvent liées à des déficits de gouvernance. Le continent est en mutation profonde : si les risques n'ont pas disparu, les opportunités sont incontestables.

Cette transformation en marche est essentiellement portée par une consommation intérieure en hausse constante et non pas seulement par des exportations de matières premières aux prix fluctuants. Cette grande roue de la croissance tourne à plein régime. Elle le doit aux investissements étrangers mais aussi à l'émergence d'une nouvelle classe moyenne qui comprend entre 200 millions et 370 millions de personnes, selon différentes études.

Un puissant élan économique endogène

Enfin, et c'est sans doute le plus important, cette trajectoire est tracée avec talent par une génération d'entrepreneurs et de patrons qui sont tout simplement en train de créer une nouvelle micro-économie africaine et un authentique afro-capitalisme. « Cette réalité est encore méconnue mais cette révolution entrepreneuriale constitue l'un des moteurs des économies africaines », estime Jean-Michel Severino, président d'Investisseurs&Partenaires, un groupe d'impact investment spécialisé dans le financement de PME, dont le dernier livre Entreprenante Afrique (Odile Jacob) paraît le 28 septembre.

Les experts parlent de croissance inclusive. Agriculture, transport, énergie, tourisme, télécom, industrie... les acteurs de terrain créent de la richesse et des emplois, contribuant ainsi à lutter durablement contre la pauvreté autrement qu'en espérant une hypothétique aide du Nord. Cet élan économique endogène est encore insuffisant face au défi des 2 milliards d'habitants attendus en 2050, dont 450 millions de jeunes qui vont arriver sur le marché de l'emploi. Mais il est là, indiscutable.

Les analystes du cabinet de conseil McKinsey ne s'y trompent pas, prévoyant que les dépenses des entreprises et des ménages africains devraient respectivement bondir de 645 et 970 milliards de dollars d'ici à 2025. À terme, on parle d'un « méga-marché » de 5 600 milliards de dollars. En 2050, le PIB de l'Afrique pourrait atteindre celui de l'Union européenne.

Un réservoir considérable d'emplois... pour la France aussi

Les Français le savent-ils ? La réponse est malheureusement non. La faute est partagée. Les décideurs politiques et économiques africains ne sont pas toujours des « as du marketing ». Quant aux médias occidentaux, ils manquent parfois de curiosité, même s'il convient de saluer l'évolution récente. Pendant longtemps, l'Afrique a été un sujet de compassion ou de dérision. Aujourd'hui, elle devient progressivement un sujet d'étude à part entière au gré de ses actualités économiques. Cette « nouvelle frontière » intrigue. Les ambitions africaines de groupes français débarrassés du sur-moi de la Françafrique interpellent. L'apparition de grandes fortunes dans l'industrie ou la finance subjugue. Le développement fulgurant de la téléphonie, avec 850 millions d'abonnés et déjà près de 350 millions de smartphones, impressionne.

Concurrencée par la Chine, le Brésil, la Turquie... mais aussi par des opérateurs économiques locaux de plus en plus performants, la France a fort heureusement fait le deuil de son « pré-carré » dans ses anciennes colonies qui avait une fâcheuse tendance à entretenir des situations de rente. Mais elle a aussi perdu des parts de marchés même si ses exportations en hausse constante ont atteint plus de 12 milliards d'euros en 2015, avec à la clé un solde commercial excédentaire. Ce flux continu de biens et de services représente environ 100 000 emplois dans l'hexagone (cf. le rapport Un partenariat pour l'avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique entre la France et l'Afrique, par Hubert Védrine, Lionel Zinsou, Tidjane Thiam, Jean-Michel Severino, Hakim El Karoui). Si la France devait tenir son rang et si l'Afrique maintenait son rythme de croissance, plus de 800 000 emplois seraient créés d'ici à 2030.

L'Afrique a certainement encore besoin de la France pour consolider son développement sur la base de partenariats. La nouveauté en ce début de XXIe siècle est que la France a tout aussi besoin de son immense voisin du Sud pour régénérer son économie, et « accessoirement » maintenir son influence dans le monde.

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Commentaires
a écrit le 05/11/2016 à 16:56 :
les africains ne sentent pas cette croissance, faute de valeur ajoutée
a écrit le 03/10/2016 à 9:44 :
"Un réservoir considérable d'emplois... pour la France aussi"
" Les décideurs politiques et économiques africains ne sont pas toujours des « as du marketing "
"L'Afrique a certainement encore besoin de la France pour consolider son développement sur la base de partenariats. La nouveauté en ce début de XXIe siècle est que la France a tout aussi besoin de son immense voisin du Sud pour régénérer son économie, et « accessoirement » maintenir son influence dans le monde."

C'est lassant ce genre d'articles bidons pondus par des gens qui ne savent rien de l'Afrique et qui pensent que la terre tourne autour de la France.
a écrit le 29/09/2016 à 8:37 :
La France & l'Afrique, c'est de l'histoire ancienne. "ils" ont donne, et depuis se sont tournes vers d'autres partenaires plus fiables et surtout plus riches. La Chine entre autre.
a écrit le 28/09/2016 à 20:45 :
Le MOCI, Moniteur du Commerce International:
Afrique / Mobilité : Mobilitas, première entreprise internationale à être présente dans les 54 pays du continent
http://www.lemoci.com/actualites/entreprises-secteurs/afrique-mobilite-mobilitas-premiere-entreprise-internationale-a-etre-presente-dans-les-54-pays-du-continent/
a écrit le 28/09/2016 à 18:29 :
Tiens, je croyais bêtement que c'était la France qui était une chance pour les Africains et qu'on ne voulait plus de la "françafrique"... Maintenant si nos 3 500 000 chômeurs peuvent tirer avantage du développement de l'Afrique et si cela peut aussi nous aider à réduire notre montagne de dettes, c'est très positif. Mais je me demande si le commerce ce n'est pas mieux que le "partenariat".
Réponse de le 05/11/2016 à 17:01 :
ni commerce, ni partenariat puisque l'aide au developpement est souvent retourné sous forme de fonds de campagne. la france n'arrange pas l'afrique
a écrit le 28/09/2016 à 18:23 :
L'Afrique....une chance pour la France. Effectivement on le mesure tous les jours. En l'état actuel des choses, il conviendrait de lire le titre par la fin. Quant aux prévisions sur la croissance, elles n'engagent que ceux qui le disent et qui seront en 2050 pas loin de rendre cette barque prêtée et de passer sur l'autre rive...bon il faut bien que ces cabinets d'experts très experts existent...alors il faut bien pondre des analyses....qui font sourire le lecteur.

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