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OpinionsEuromed

"L'Algérie, idéalement placée" pour stimuler l'hybridation énergétique en Afrique

Brahim Benabdeslem, VP du FCE, à Alger

Publié le 01 décembre 2016 à 17:57 - Mis à jour le 19 février 2017 à 10:42

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Le « Rendez-vous d'Alger », en présence de 3 000 acteurs économiques d'Afrique et du monde, sera l'occasion, du 3 au 5 décembre, de confronter les expériences et d'enclencher des partenariats innovants dans le secteur de l'énergie. Brahim Benabdeslem, vice-président du FCE (Forum des chefs d'entreprise algériens), explique ici pourquoi, selon lui, il y a peu de secteurs où la coopération intra-africaine serait plus décisive que dans celui de l'énergie. Et pourquoi l'Algérie peut y jouer un rôle majeur.

Alors que le continent est un grand producteur de pétrole et de gaz, deux Africains sur trois n'ont pas accès à une énergie efficace. Sous la double pression de la démographie et de la hausse du niveau de vie des classes moyennes, la consommation totale d'énergie en Afrique va presque doubler entre 2014 et 2035, alors que la croissance de cette consommation ne devrait être que de 34 % à l'échelle mondiale.

Comment va évoluer le « mix », c'est-à-dire la composition des sources d'énergie, et plus spécialement du « mix électrique », la palette des énergies primaires qui permet de produire l'électricité dont l'Afrique a un tel besoin ?

Deux mouvements sont prévisibles à long terme (25 ans) : d'une part, les énergies fossiles assureront encore plus de la moitié de la production électrique, mais avec un fort recul du charbon et du pétrole et une hausse très forte du gaz naturel (de 9% à 25 %) ; d'autre part, les énergies renouvelables (hors hydraulique) devraient connaître une hausse remarquable, jusqu'à assurer 15 % du mix en 2040. L'évolution d'un mix électrique est lent, de tels écarts sont remarquables et incitent à la réflexion.

Gaz, EnR : l'Algérie a avancé sur les deux fronts

La complémentarité du gaz et des énergies renouvelables (hors hydroélectricité) est reconnue par tous les experts. En effet, la souplesse d'utilisation du gaz naturel complète bien l'intermittence des énergies solaires et éoliennes, car la production des centrales à gaz peut être très facilement modulée en fonction des cycles du jour et de la nuit, ainsi que des sautes de vent.

L'Algérie est idéalement placée pour contribuer au développement de ces énergies « sœurs », de cette hybridation entre une énergie comme le gaz, qui est moins polluante que le charbon ou le pétrole, et des énergies comme le solaire et l'éolien, qui n'émettent pas dans leur exploitation de C02 mais qui sont chères à mettre en place. Depuis plusieurs années, l'Algérie - devenue un grand pays gazier - a engagé le développement de front de ces deux types d'énergie.

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L'exploration et l'exploitation des gisements d'hydrocarbures ont été accrues, et l'Algérie devrait enregistrer à partir de 2018 une hausse de sa production gazière, après plusieurs années de stagnation. Dans le même temps, le gouvernement a donné une forte impulsion dans le secteur des énergies renouvelables avec une capacité nouvelle de 22 000 MW sur la période 2015-2030, dont plus de 4 500 MW d'ici à 2020. Ce programme prévoit le développement du photovoltaïque, de l'éolien et des filières de la biomasse, de la cogénération et de la géothermie avec l'introduction du solaire thermique (CSP) à partir de 2021.

Trois projets structurants du NEPAD

Dans ces deux domaines, les partenariats intra-africains peuvent jouer un rôle décisif. S'il est retardé pour des questions de sécurité, le projet de Trans Saharan Gas Pipeline (TSGP), qui doit acheminer le gaz naturel du Nigeria vers les marchés européens via l'Algérie, fait partie des trois projets structurants du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), avec la Transsaharienne Alger-Lagos et le développement de la fibre optique selon le même axe. Dans les nouvelles énergies renouvelables, les co-productions permettent de réduire les coûts, de limiter les importations en assurant l'approvisionnement en composants nécessaires pour réaliser les nouvelles installations.

À Tlemcen, un institut de recherche et d'efficacité énergétiques

L'effort doit porter également sur la recherche et la formation d'experts de haut niveau. Il est déjà en cours. Les « majors » de la première promotion d'étudiants de l'Institut africain de l'énergie, de l'eau et des changements climatiques de Tlemcen ont reçu leurs diplômes fin octobre. Cet Institut, dont le principe a été lancé dès 2012, rassemble trois parties : l'Union africaine, l'Allemagne et l'Algérie.

Les partenariats intra-africains doivent aussi concerner la recherche de l'efficacité énergétique, qui vise à réaliser des économies, qui sont en elles-mêmes une source considérable d'énergie. Ce domaine est immense et touche une large gamme de secteurs économiques. Ceux des matériaux de constructions, des équipements industriels et domestiques, mais aussi celui du numérique. Le digital est un outil pour réduire les « inefficacités énergétiques » des usines ou des maisons en collectant une série de données -via des capteurs- puis en les gérant pour améliorer le fonctionnement des machines et des appareils ménagers. C'est toute la dimension du « big data » que l'Afrique peut dominer grâce à sa capacité à sauter les étapes dans le développement numérique.

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Si l'on ajoute le potentiel hydro-électrique de l'Afrique, aujourd'hui utilisé à 5 % seulement, mais dont la production devrait augmenter de 140 % d'ici 2035, on voit que les secteurs ne manquent pas d'opportunités pour lesquelles notre continent peut aspirer à une véritable union africaine de l'énergie.

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Brahim Benabdeslem, VP du FCE, à Alger

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