Vincent Prêtet, un coq qui va de l'avant

Mikaël Lozano, à Bordeaux

Mikaël Lozano, à Bordeaux
Dans les locaux cossus de 33entrepreneurs, au dernier étage de la Bourse maritime à Bordeaux, le polo blanc est de rigueur. Sur la poitrine, un écusson formé d'une cocarde et d'un coq affirme haut et fort l'identité de l'accélérateur 33entrepreneurs, fondé par Vincent Prêtet.
Un branding « franchouillard », assume le patron de ces lieux, un pied de nez lancé « à l'époque où l'on était en pleine période de french bashing », ironique, mais capitalisant aussi sur les forces d'une France réputée pour ses vins, ses monuments et paysages et son savoir-faire en matière de bonne chère.
Diplômé de l'École des Mines, Vincent Prêt est arrivé il y a quatre ans à Bordeaux en fondant la société de conseil en stratégie Innovathlon. Cet alpiniste averti, passionné de natation, de course à pied, de photographie et papa de quatre enfants, a derrière lui un parcours déjà riche : cofondateur de la société de conseil Microeconomix à Paris, passé par le groupe Temex à Sophia-Antipolis, puis par Suravenir, compagnie d'assurance du Crédit mutuel Arkéa. Le décès de sa mère le pousse alors à sortir de son confort. Quelques mois en Amérique du Nord, un peu d'Israël... Vincent Prêtet lâche sa vie brestoise et entreprend un petit périple mondial afin de mieux comprendre la mécanique gagnante du capital-risque.
Une discipline qu'il résume en deux phrases :
L'idée de 33entrepreneurs germe dans un avion, au-dessus des États-Unis et au fil d'une discussion. « Je discutais avec un ami qui m'a dit :
Rapidement, Innovathlon ouvre une filiale dont la mission est de créer un accélérateur à vocation mondiale et positionné sur trois axes : le vin, le tourisme et l'alimentation.
La structure compte aujourd'hui 25 salariés à temps plein et travaille avec une cinquantaine de mentors, venant plusieurs fois par session d'accélération coacher les startups et prenant, s'ils le souhaitent, un ticket dans les entreprises qui les intéressent.
33entrepreneurs sélectionne ses pépites via trois moyens. Une dizaine d'analystes sont chargés de scruter le Web et ont cartographié un ensemble de 10.000 startups.
Les mentors apportent aussi leur aide. Troisième moyen de dénicher « ceux qui n'osent pas candidater sur le Web, ceux qui sont en mode furtif », les concours. Adossé à des partenaires, l'accélérateur a organisé 25 événements de ce type en dix-huit mois dans des capitales européennes.
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À gagner lors de ces concours, une semaine de pré-accélération à Bordeaux. À chaque fois, un jury est composé, dont les membres deviennent ensuite des ambassadeurs de l'accélérateur. 33entrepreneurs s'est ainsi lancé cet été dans une série de dix concours sur le sol américain, à bord d'un bus frappé à ses couleurs.
Grâce à ces trois canaux, l'accélérateur a récolté 450 candidatures (dont 200 par les concours) lors de sa première session d'accélération. Quatre startups ont été prises. Deux d'entre elles sont françaises - Simpki, à Rennes ; Goot, à Paris - tandis que les deux autres viennent de l'étranger : Wineta est originaire de Tallinn, en Estonie, et Winegrid, de Porto. Pour la deuxième session, qui commencera en ce mois de septembre, 1.000 candidatures sont arrivées pour huit places d'élues.
Le programme d'une session d'accélération de trois mois repose sur celui de Techstars et met l'accent sur trois thèmes : le produit, le client et le pitch. Un stage commando au camp de Souge en Gironde est organisé sur deux jours, en partenariat avec Saint-Cyr Formation, afin de renforcer les liens entre les membres de la startup eux-mêmes, et avec l'équipe de l'accélérateur.
Durant toute la phase d'accélération, les jeunes pousses doivent s'installer dans les locaux de 33entrepreneurs.
Un premier véhicule d'investissement a été créé et est en cours de levée de 2,4 millions d'euros, à trouver d'ici à la fin de l'année. Un second véhicule sera lancé en 2016. Vincent Prêtet ambitionne d'attirer de grands groupes industriels soucieux de préparer l'avenir.
33entrepreneurs espère ainsi lever 20 M€ en 2016, et jusqu'à 200 M€ en 2020.
MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? Au sommet de la Bourse maritime à Bordeaux, dans les bureaux de 33Entrepreneurs, « ou à l'occasion d'un concours de startups, quelque part dans le monde ».
Comment l'aborder ? Le jeune entrepreneur a une devise, qu'il martèle dès que possible : « Play to your strengths. » (Jouez sur vos points forts).
À éviter ! « Tourner autour du pot. Soyez direct et passionné. »
TIMELINE
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Mikaël Lozano, à Bordeaux