Le DRH de demain, rock star de l'engagement ?

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(Crédits : REUTERS/Mike Segar)
Dans une nouvelle enquête intitulé "Le magicien de l'humain, turbulences et renaissances de la fonction RH", The Boson Project et SAP SuccessFactors décryptent les tendances en cours dans la gestion des ressources humaines à l'heure de la révolution numérique. Analyse en trois parties des défis qui attendent cette fonction vitale pour accompagner le changement des entreprises. Premier volet : l'engagement.

Dans notre monde où plus que jamais, pour être beau et rayonner à l'extérieur, il faut être beau à l'intérieur, où plus que jamais l'engagement des collaborateurs est la condition sine qua non de la pérennité des entreprises, où plus que jamais des aspirations de sens et d'accompagnement sont exprimées à tous les échelons, les Ressources humaines deviennent incontestablement une fonction vitale en entreprise.

Et pourtant, malgré les mutations en cours, malgré les évidences, la fonction RH n'est (toujours) pas sur le devant de la scène. Pour 73% des répondants à notre nouvelle enquête intitulée Le magicien de l'Humain, les RH sont insuffisamment valorisées au vu de l'importance de la fonction. Cette enquête menée par The Boson Project et SAP SuccessFactors, c'est un cri du cœur : revaloriser cette mission RH plus que jamais indispensable et dessiner les contours du DRH de demain, celui, celle ou ceux qui seront en capacité de relever les défis à venir.

Nous vous proposons trois rendez-vous sur ce blog pour décrypter les trois grands enjeux mis en lumière dans l'enquête : l'engagement des collaborateurs (selon 26 % des répondants) ; la transformation digitale (15%) ; et la diversité des compétences, des profils, des talents (13%).

Défi numéro 1 : l'engagement. Quelles responsabilités pour le/la DRH de demain ?

Aujourd'hui des collaborateurs par milliers ne comprenant pas le sens de leur action ni le sens de l'entreprise dans la société ne ressentant pas une communauté de destin avec ceux qui sont à côté et au-dessus d'eux se désengagent fortement. Ils débranchent la prise et attendent que le temps passe. Ou se cassent. D'où le rôle stratégique du DRH face à ce premier défi... Le DRH est en charge du capital humain de l'entreprise, c'est à lui que revient de faire en sorte que les gens sachent pourquoi ils se lèvent le matin et vont au travail. Sans ce héro du quotidien, sans un individu capable de créer du lien entre les collaborateurs, d'attacher les hommes et les femmes à l'entreprise dans laquelle ils travaillent, l'entreprise semble perdue. Parce qu'il est gardien du sens et garant de l'engagement, parce qu'il s'occupe des hommes et des femmes qui sont les particules élémentaires de l'entreprise, le DRH devra inévitablement se confronter à ce premier enjeu majeur de l'engagement et surtout du désengagement.

1/ Le gardien de la bienveillance

 La première clé de ré-enchantement du travail sera sûrement celle de la bienveillance : aujourd'hui je rentre dans une entreprise pour y être bien. Des années de management par le stress ont érodé le pacte de confiance. La relation sacrificielle est morte, l'entreprise ne pouvant plus promettre ou permettre ce qu'elle a pu offrir par le passé aux générations précédentes. Et en effet, le contexte de précarisation du marché de l'emploi n'a rien arrangé. N'ayant plus grand chose à perdre (85% des embauches en CDD en France), les collaborateurs se sont désengagés. Massivement. Professionnellement évidemment, mais affectivement surtout. La bienveillance panse ces plaies, elle donne du sens. Elle crée une sécurité psychologique, un sentiment de confiance en l'autre et dans les autres, générateur de respect mutuel. Réhabiliter la bienveillance stimule l'audace individuelle et collective, l'audace engendre l'innovation, l'innovation la performance. Les entreprises qui sont classées dans les « 100 best companies to work for in America » ont un taux de rendement supérieur aux autres. Oui, c'est une grande nouvelle : la bienveillance (ré)engage.

Le DRH sera plus que jamais demain le gardien et la preuve vivante de la bienveillance, source de bien-être et donc d'engagement. Et les choses sont loin d'être aisées. Si déployer une culture de la bienveillance est un travail de longue haleine, limiter les dommages collatéraux d'un surplus d'engagement fera également partie de cette fiche de poste remaniée. Aujourd'hui, notamment dans certaines startups porteuses de sens et de solidarité, il est de moins en moins rare de trouver des collaborateurs cramés par leur engagement, épuisés de n'avoir su s'arrêter, se protéger, préserver des jardins personnels tant le projet d'entreprise les portait. Il s'agira donc, pour ce RH gardien du capital humain, d'identifier et de soigner les bored-out (je m'ennuie et je m'engage pas) comme les burn-out (je m'engage trop et m'épuise).

2/ Le gardien de l'alignement du modèle

Ce sens, pierre angulaire de l'engagement des jeunes comme des moins jeunes dans un monde en pleine crise de sens, n'est désormais viable, pérenne et efficient que s'il est congruent, c'est-à-dire aligné, déployé dans les faits à tous les niveaux de l'entreprise. Pas d'amour sans preuve d'amour, pas de sens sans preuve concrète au quotidien qui vienne encapsuler ce sens, lui donner vie, le rendre tangible et « no bullshit ».

La vision stratégique de l'entreprise doit être cohérente avec la mission interne, mission interne ou promesse collaborateur qui les embarque dans une aventure collective. Cette mission interne porteuse de sens doit quant à elle être déclinée dans un modèle social qui la mette en musique. Modèles de management, de leadership, modèle RH, modèle de gouvernance : le sens de l'entreprise se décline et se déploie à tous ces échelons. Le sens doit être décliné en dedans comme en dehors de l'entreprise, et recouvrer la même réalité / définition pour tous. C'est ce que nous appelons aujourd'hui la symétrie des attentions entre collaborateurs et clients. Vous ne pouvez décemment plus promettre à vos clients ce que vous ne seriez pas capable de tenir en interne pour vos collaborateurs. Et inversement. L'entreprise est désormais poreuse, ouverte, transparente. Les collaborateurs, dans leurs vies réelles et virtuelles, sont devenus de véritables médias à part entière et constituent les principaux ambassadeurs ou détracteurs de l'entreprise, les « preuves vivantes » que vous dites la vérité et que par conséquent les clients peuvent vous faire confiance.

Le DRH d'aujourd'hui et de demain sera le gardien de cette congruence interne et externe. Dépositaire du sens dans l'entreprise, du sens de la mission, il aura la charge de le déployer et de le préserver.

3/ Le gardien de l'âme de l'entreprise

Le sens est une des réponses apportées à la question pourquoi : pourquoi je m'engage, pourquoi je me donne, pourquoi j'y crois ? Un pourquoi supérieur à la conception strictement économique des entreprises, qui pourraient se cantonner à n'être que des « objets économiquement viables », si elles n'avaient pas besoin de cette denrée rare qu'est l'engament des collaborateurs. Chacun donne à ce sens une définition qui lui est propre. Certains parlent du « supplément d'âme » des organisations. Comme des personnes, dotées de personnalités, les entreprises donneraient envie à d'autres de faire un petit bout de chemin à leur coté, ou pas...

Des valeurs, une histoire, un caractère, un rêve collectif : tout cela contribue à doter les entreprises de personnalités. Demain, qui seront les gardiens et les garants de cette âme qui animera les entreprises ? Un DRH rock star, en capacité de faire vivre, partager et rayonner cette âme dans tout le public des collaborateurs !

Il ne reste plus qu'à appuyer sur play.

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