Maintenir le cap dans la tempête

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(Crédits : DR)
Dans le cadre du cycle de conférences « Humanités & Sociétés », organisé par l’Institut de Technologie et de l’Innovation de Paris Sciences et Lettres (PSL-ITI) et The Boson Project, Olivier Lajous, ancien DRH de la Marine nationale a invité les étudiants à une navigation autour des grandes bouées du leader : courage, éthique, confiance, humilité, amour et humour. Par Daphné Bédinadé et Olivier Lajous.

Selon vous comment définit-on le « bien diriger » ?

Avant tout, le dirigeant doit entendre que l'autorité est tout sauf le pouvoir : l'autorité c'est être reconnu. Être reconnu comme leader passe à la fois par la cohérence de ses actes et de ses propos, mais aussi par la capacité d'entrer en relation avec les autres et de les considérer. Le plus grand drame aujourd'hui est de laisser penser qu'il existe des tâches inférieures et des tâches supérieures, et ceci étant, de codifier les gens et les mettre dans de petites boîtes. C'est souvent le plus inattendu des maillons qui va trouver la solution en cas de tempête. Il faut oser la confiance, faire le pari que l'autre est aussi capable que nous. La confiance est un pari, la défiance est un poison.

De la même manière, aucun grand dirigeant ne peut faire l'économie de régulièrement questionner le sens : Pourquoi vient-on ? Pourquoi reste-t-on dans l'aventure ? C'est ce sens qui fera que le « je » accepte de participer à un « nous », ou, pour faire un jeu de mots, à un « genou » articulation entre l'individu et le collectif en ce que le « nous » agit comme plus petit dénominateur commun multiple, ce minimum qui donne du sens au pourquoi l'on participe de la même aventure.

Quel enseignement pourriez-vous partager de votre expérience dans la marine nationale ?

Ma vie a été faite de nombreuses tempêtes et la première chose que je peux partager de mon expérience est le constat que rien ne vaut la force du collectif. Pour vivre pendant quarante jours au sein d'un équipage sur un navire, il est nécessaire de trouver la bonne relation à l'autre. Il existe une image à laquelle j'aime me référer afin d'illustrer ce propos : imaginez-vous dans une forêt de Bavière, il fait - 35°C, les hommes sont tels des porcs-épics, ils ont besoin de chaleur, c'est une question de survie. Mais la promiscuité peut parfois déranger, alors ils se piquent. Mais se piquer c'est prendre conscience de l'existence de l'autre, cela nous rapproche à l'autre : notre humanité se construit dans la relation à l'autre.

Si le leader ne devait avoir qu'une seule qualité, quelle serait-elle ?

Je dirais que lorsque l'on veut diriger, il faut être bien avec soi-même, se connaître, aimer et être aimé. La plus grande qualité pour un dirigeant, me semble-t-il, est l'humour, soit un savant dosage d'HUmilité et d'aMOUR. Un grand dirigeant est résolument et profondément humain. Nous sommes tous sujets à l'égoïsme, à la colère et à l'orgueil, c'est dans notre nature, mais le leader se doit de les contrôler. Les rêves somptueux ne pourront être réalisés qu'avec les autres : de cette manière toutes les tempêtes pourront être traversées.

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