Back to the Seventies ! un plongeon nostalgique bien réconfortant
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Tout ne va pas si mal ! Certes, la guerre occupe les esprits et les chaînes infos, celle de la Russie en Ukraine étant un peu occultée par celle d'Israël contre le Hamas. Bonne nouvelle, la diplomatie se manifeste à nouveau. Cela risque de prendre du temps, mais pour les populations civiles, c'est bon à prendre. Bien sûr, l'économie mondiale s'enfonce jour après jour dans la stagflation, ce mélange de croissance faible et de forte hausse des prix.
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Back to the Seventies ? Notre ami Martial You, éditorialiste économique à RTL, en a fait un bon bouquin : « Les années 70 sont de retour » chez Fayard. Nous en avions parlé ensemble aux Rencontres économiques d'Aix cet été et c'est vrai, tous les signaux faibles et forts sont alignés dans ce sens : le retour de l'inflation mais aussi la mode du vintage, les pat' d'eph' sur les jeans, le Combi Volkswagen, Renault qui relance sa R5 (électrique), la sobriété, autre nom de la « chasse au gaspi », née après le second choc pétrolier en 1979.
Donc oui, cher Martial, tu as bien raison de mettre en scène ce retour vers les 70 's. On ressort même un vieux single des Beatles avec la « vraie » voix de Lennon remastérisée à coup d'intelligence artificielle. Comme dans les années 70, le débat sur la croissance zéro, imaginé par le rapport Meadows en 1972, agite les écolos, irrite les patrons, effraye la jeunesse en plein désarroi. « No Futur » comme le chantaient les Punks. Les punks, héros du banquier d'affaires Matthieu Pigasse qui dans un autre livre récent, « La Lumière du chaos », dénonce sans rire, mais sans concession, la dérive inégalitaire du capitalisme moderne. Pigasse, un « Macron de gauche » ? Si l'ancien conseiller ministériel de DSK écume ainsi les plateaux, c'est sans doute parce qu'il a des ambitions politiques inavouées, se disent nombre de ses camarades de l'ENA. Après tout, on a bien le droit d'être révolutionnaire à 55 ans !
Les années soixante-dix, ce n'était pas si mal après tout. Giscard, Joe Dassin, Grease, Stone et Charden, l'homme qui valait 3 milliards, Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Casimir. Pas de Google, pas d'iPhone, pas de Netflix, nos téléphones étaient à cadran, la TV sortait tout juste du noir et blanc et du règne de l'ORTF. Certes, il y avait des guerres aussi, le Vietnam, la guerre du Kippour, la guerre froide surtout avec la crainte de l'apocalypse. Il y avait bien la montée du chômage, mais les salaires étaient indexés sur l'inflation, la construction de logement battait son plein, les villes nouvelles poussaient comme des champignons. Jacques Higelin et Marthe Keller couraient la banlieue.
Aujourd'hui le monde est plus sérieux, plus angoissant. On culpabilise, on se demande si on vivra mieux que nos parents, nos enfants ne veulent plus financer nos retraites. Emmanuel Macron fait de son mieux, mais aux yeux de beaucoup, il apparaît comme un « jeune boomer », né en 1977. Presque dix ans après Pigasse, né en 1968, année révolutionnaire s'il en est !
Les années 70, c'est bien sûr derrière nous. Mais ce détour quelques années en arrière doit nous inciter à relativiser. Non, tout ne va pas si mal. Regardez les banques centrales. La hausse des taux, c'est (presque peut-être) fini, nous déclare le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Même Christine Lagarde est confiante sur la désinflation. Enfin, une note d'espoir... Seul Jay Powell fait la fine bouche. Le patron de la Fed nous jouerait-il un remake de Paul Volcker, son lointain prédécesseur à la tête de la réserve fédérale américaine, qui a « vaincu » l'inflation par la mise en œuvre d'une politique monétariste intransigeante ? On en est pas là mais les marchés financiers ont été un peu surpris de la douche froide administrée par Powell qui a maintenu le suspense sur une poursuite de la hausse des taux américains.
« Higher for longer », plus haut, plus longtemps, c'est la nouvelle doctrine en vigueur dans la finance mondiale et cela veut dire qu'il faut s'attendre à une assez longue période de taux d'intérêt plus élevés, autour de 4,5%, en Europe et aux Etats-Unis. Qui sera le premier à baisser la garde... c'est encore un peu tôt pour le dire...
Sinon, en cette veille de COP28 qui ouvrira à Dubaï le 30 novembre, soulignons quand même l'audace de Bruno Le Maire qui dans la réforme controversé du Label ISR (investissement socialement responsable) n'a pas eu la main qui tremble pour exclure le secteur pétrolier du champ de cette forme de finance verte. Une exclusion qui concerne TotalEnergies, mais pose à terme la question de son extension du pétrole vers le gaz, donc pourquoi pas demain Engie entre autres. De plus en plus green, la finance ESG reste donc un aiguillon pour encourager une accélération de la transition énergétique de la part des entreprises.
La COP 28, nous y serons et confierons comme l'an dernier un chronique à l'aéronaute et psychiatre suisse Bertrand Piccard, président de la fondation Solar Impulse qui tiendra une revue de détail de cette conférence curieusement organisée dans une région pourtant au coeur du coeur du problème posé, celui de l'abandon progressif des énergies fossiles. Cela n'en rendra que plus intéressantes les prises de positions des acteurs qui y seront présents...
Pourtant, cela bouge : en Chine, les ventes de voitures électriques explosent. En France, l'opérateur en charge du réseau de transport d'électricité se prépare à couvrir le territoire de pylônes à haute tension pour transporter l'énergie verte et décarbonée des éoliennes et des centrales nucléaires à venir.
Air France, première compagnie aérienne mondiale en termes de pourcentage d'incorporation de biocarburants dans ses avions, investit directement dans une usine de carburants aux Etats-Unis. Donald Trump sera content s'il remporte les élections US dans un an...
Enfin, l'Allemagne prend la tête de la course à l'hydrogène en ouvrant le plus gros électrolyseur d'Europe dans un partenariat entre Siemens Energy et le Français L'Air Liquide. Juliette Raynal y était et vous le raconte.