Hydrogène : le plus gros électrolyseur d’Europe prêt à démarrer au cœur d’une industrie allemande en quête de transition
Juliette Raynal à Oberhausen (Allemagne)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Air Liquide
Juliette Raynal à Oberhausen (Allemagne)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Air Liquide
De grandes tours, d'imposants réservoirs cylindriques, des petits bâtiments en briques rouges, quelques wagons citernes en attente, et une multitude de tuyaux métalliques de toutes tailles qui serpentent le site... Implantée au cœur de la Ruhr, premier bassin industriel d'Europe situé à l'ouest de l'Allemagne, l'usine Oberhausen du géant de la chimie OQ Chemicals coche toutes les cases de l'image que l'on peut se faire d'un site industriel traditionnel. Pourtant, dans ce parc de 120 hectares, où sont produits oxygène, azote et argon destinés à la fabrication de produits cosmétiques et pharmaceutiques, de lubrifiants et de plastiques, deux mondes se côtoient : celui des procédés très émetteurs de CO2 et celui des procédés décarbonés, qui devront se généraliser si l'Europe veut atteindre ses objectifs climatiques.
C'est sur ce site que le français Air Liquide, spécialiste des gaz industriels, s'apprête à démarrer le plus gros électrolyseur du Vieux Continent, d'une capacité initiale de 20 mégawatts (MW) pouvant atteindre, à terme, 30 MW. Jouxtant une unité de production d'hydrogène gris utilisant du gaz naturel, l'électrolyseur doit, lui, permettre de produire de l'hydrogène sans rejeter de CO2 dans l'atmosphère. Ce nouvel outil industriel n'utilise pas de ressource fossile mais un courant électrique permettant de casser les molécules d'eau afin d'obtenir de l'hydrogène propre d'un côté et de l'oxygène de l'autre.
Baptisé Trailblazer, l'électrolyseur est le jumeau de celui installé sur le site de Bécancour au Québec, en service depuis deux ans et demi. Comme lui, il fonctionne grâce à une membrane d'échange de protons, dite technologie PEM. Plus compacte que la technologie alcaline, elle est aussi réputée plus résistante aux intermittences des énergies renouvelables. Ici, Air Liquide s'est associé à Siemens Energy pour la fourniture de l'électrolyseur.
À lire également
L'implantation sur le site d'Oberhausen est loin d'être anodine. Au départ, trois localisations étaient en compétition, dont une dans l'Hexagone. Mais, à l'époque, seule l'Allemagne est prête à soutenir financièrement le projet, en apportant 11 millions d'euros sur un montant total d'investissement supérieur à 35 millions. « C'est le premier projet ayant décroché une subvention dans le cadre de la stratégie allemande pour l'hydrogène », souligne Gilles Le Van, vice-président d'Air Liquide, chargé de la transition énergétique en Europe centrale.
Juliette Raynal à Oberhausen (Allemagne)