Décentralisation : quand Macron s'inspire de Sarkozy

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Le président de la République Emmanuel Macron.
Le président de la République Emmanuel Macron. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
ÉDITO. En lançant le ballon d'essai du retour du projet de conseiller territorial souhaité par Nicolas Sakozy, Emmanuel Macron veut à la fois réduire le nombre des élus locaux et les responsabiliser en créant un élu hybride entre canton et région, supposé plus proche des habitants. Par Philippe Mabille, directeur de la rédaction.

Le nouveau monde passerait-il par l'ancien ? On pourrait le penser à voir resurgir le projet de conseiller territorial, cet élu hybride appelé à siéger à la fois au département et à la région, et que pourrait proposer Emmanuel Macron à l'issue du grand débat national pour donner plus de proximité à la décentralisation. Nicolas Sarkozy avait réussi, bon gré mal gré, en 2011 à imposer ce projet aux sénateurs de droite, en arguant que cela permettrait de supprimer des milliers de mandats locaux, à l'époque pour la plupart tenus par des apparatchiks de feu le parti socialiste. François Hollande, à peine arrivé à l'Elysée, s'était empressé d'abandonner ce projet « PS-killer », ce qui n'a d'ailleurs, ironiquement, pas empêché l'ancien président de finir son quinquennat en fossoyeur de la gauche !

Pourquoi Sébastien Lecornu, élu LR de l'Eure, prise de guerre du macronisme et cheville ouvrière du Grand débat national, évoque-t-il donc pour la première fois publiquement dans La Tribune le retour de ce conseiller territorial ? Au regard des enjeux de la décentralisation, le jeune ministre agite en apparence un gadget dont l'importance échappera au citoyen lambda, qui réclame surtout une...

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a écrit le 30/03/2019 à 19:16 :
Dès lors qu'on aura recentralisé le social qui obéit à des règles nationales et que seul l'impôt direct national peut financer, on constatera que l'ingestion des départements par les régions pour les fonctions restantes s'imposera. La façon la plus intelligente de le faire sera de dire que le conseil régional est la réunion des conseils départementaux. CQFD
a écrit le 30/03/2019 à 11:17 :
Sarko, le charlot qui a dit qu'il fallait surdensifier!
Ok!
Toujours les mêmes à l'horizon!
a écrit le 29/03/2019 à 22:10 :
Macron préfère consulter un futur repris de justesse, son excellence Paul Bismuth, de même que les lobbies du CAC40 qui ont obtenu en 1/4 heure l'annulation de l'ISF, et en compensation les baisses des alloc, le report étalé sur 3 ans de l'abandon de la taxe d'habitation (sans toutefois dire si la taxe foncière n'allait pas en pâtir), en augmentant les taxes sur les carburants, en mettant 400 contrôleurs supplémentaires à pôle emploi pour traquer les chômistes qui coûtent la bagatelle de 100 millions d'euro, mais en s'abstenant surtout de recruter des inspecteurs des impôts pour traquer les 100 milliards (excusez du peu) d'évasion fiscale.
Bref, il préfère encore consulter les anciens apparatchiks alors qu'il nous promettait de "gouverner autrement". On a vu le résultat, des manifestations tous les weekends depuis 20 semaines !
On est en démocratie paraît-il, là où les lobbies font la pluie et le beau temps tandis que le résultat des urnes importe peu et que la représentativité est parasitée par le scrutin à 2 tours. Eh oui, on est en Macronie, le pays où les procureurs doivent faire allégeance à Macron et passer toutes les turpitudes policières, comme à Toulon !
a écrit le 29/03/2019 à 16:26 :
D'abord c'est un statut qui n'a aucune réalité pratique tant qu'on ne fusionne pas les régions et les départements.
La chose aurait été possible quand il y a avait encore les 22 régions, ça ne l'est plus guère avec les mega régions. Hollande a une responsabilité historique lourde dans ce débat.

Pour résumer, c'est un fantasme neo-liberal qui consiste à considérer tout élu comme une charge inutile (alors que ce qui fait la démocratie, c'est l'élu et plus il y a d'élus, plus la démocratie est vivante).

Manifestement, la révolte des élus des territoires qui réclament d'être entendus par l'état central, n'a pas été entendue. Au contraire, Macron veut les supprimer, en pensant surement que puisqu'il n'y aura plus personne pour faire remonter les problèmes, ils disparaitront.
a écrit le 29/03/2019 à 11:13 :
Il n'y a pas d'inspiration qui vaille! Sarkozy comme Macron ont reçu les mêmes ordres de Bruxelles!
Réponse de le 29/03/2019 à 17:59 :
Hollande aussi avec la loi travail d'El Khomri imposé par Bruxelles puis Valls et son 49.3 pour la faire passer en force.
a écrit le 29/03/2019 à 9:39 :
finalement s'il fallait une preuve qu'on a élu un incompétent il va consulter sarko pour nous gouverner pauvre gamin et pauvre france
a écrit le 29/03/2019 à 8:55 :
Cercle vicieux du productivisme hystérique que l'on impose aux travailleurs qui du coup ne peuvent pas se présenter ou bien doivent se sacrifier financièrement, on commence à en voir, aux élections de leurs communes les laissant systématiquement à des retraités qui ont le temps mais hélas la vision d'antan ne pouvant qu'ajouter un peu plus de conservatisme au néolibéralisme financier.

Ce qui fait que sémantiquement cela en effet peut donner raison à ceux qui veulent moins d'élus locaux alors que si c'était des actifs qui étaient élus il en faudrait encore plus au contraire. Et la boucle est bouclée.

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