La magie opère à nouveau. Dix-huit jours sans compétition n'ont pas éteint la flamme pour Paris 2024. Au lendemain d'une cérémonie d'ouverture moins clivante mais tout aussi marquante que celle du 26 juillet, le « match retour » cher à Tony Estanguet n'a pas tardé à captiver. Première médaillée française, la para-cycliste Marie Patouillet a pris des souvenirs « pour la vie » dans un Vélodrome national de Saint- Quentinen-Yvelines méconnaissable. « Ici, d'habitude, on ne roule devant personne », rappelait-elle, émue. Hier, les tribunes dévorées par les drapeaux bleu, blanc, rouge ont encore bercé les para-cyclistes avec une drôle de ola vocale, chaque rangée s'époumonant à tour de rôle aux passages de Dorian Foulon, qui a conservé son titre en poursuite, ou d'Alexandre Léauté, bronzé en contre la-montre après avoir trôné sur le podium la veille.
Du site de la Paris La Défense Arena, où l'on a seulement regretté une Marseillaise un brin timide pour le premier titre paralympique de la délégation tricolore, celui du nageur Ugo Didier jeudi, à l'Arena Paris Nord, pour les matchs de volley assis, les spectateurs ont « rendu au centuple » les émotions procurées par les sportifs. Dans l'élite du volley féminin, où il coache à l'année, le sélectionneur des para-volleyeuses, Yohann Escala, n'a « pas souvenir d'une salle aussi incroyable ». Au Stade de France, dont les 65 000 places sont pourtant difficiles à remplir, l'affluence a été spectaculaire pour les épreuves de para athlétisme. Les Jeux paralympiques sont partis sur les bases d'un succès populaire que l'on n'imaginait pas. À la hauteur de la référence londonienne en 2012 ? La billetterie a observé un pic de ventes le jour de la cérémonie plus de 60 000 billets écoulés pour se rapprocher de 2,2 millions sur les 2,5 millions en vente initialement. Il y a quelques semaines encore, ce scénario semblait improbable. Les champions eux mêmes sont parfois incrédules devant pareil engouement.