Alain Madelin (Avocat au barreau de Paris) à la Tribune des Décideurs : "La loi Macron est un pas modeste, voire futile"

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Lundi 26 janvier à 12h30, nous recevions Alain madelin, Avocat de profession, longtemps inscrit au barreau de Paris, c'est également une figure majeure du renouveau des idées libérales en France

Depuis son retrait de la vie politique en 2007, Alain Madelin n'a pas chômé. Son fonds de capital-investissement accompagne depuis 2011 Proxiserve, anciennement dans le giron de Véolia, et, depuis 2014, la franchise de galeries photo YellowKorner. Sa qualité d'investisseur, comme auparavant ses fonctions ministérielles dans de nombreux domaines économiques, lui confèrent une position de premier plan pour prendre le pouls de la conjoncture économique française voire internationale. Et la commenter sans langue de bois...

Selon Alain Madelin, la France est un pays sclérosé par sa fiscalité:

"Il y a des talents, de l'énergie en France. Mais, quand on a le record de la fiscalité des talents et le record de la fiscalité du capital, il y a peu de chances de fabriquer de la croissance. Ce qui compte dans la fiscalité individuelle, c'est le coin fiscal et social marginal : si je gagne 50.000 euros, combien va-t-il me rester ? Si l'Etat me prélève 80%, je ne vois pas l'intérêt de prendre des risques ou de travailler plus. De même, le capital n'est pas l'ennemi du travail : ce qui fait le bon salaire, c'est le niveau de capital d'une entreprise. Renier et surtaxer le capital, c'est paupériser le travail.

La loi Macron ? un dessein modeste sinon futile:

S'agissant du texte d'Emmanuel Macron actuellement discuté à l'Assemblée nationale, l'ancien ministre de l'Economie le juge anecdotique, vu l'urgence des réformes à mener :

"Emmanuel Macron va dans le bon sens, c'est un texte que j'aurais sans doute voté, mais c'est une loi modeste, voire futile."

La victoire de Syriza en Grèce? Voter contre l'austérité ne résoud rien

L'élection dimanche d'Alexis Tsipras en Grèce n'est guère rassurante, selon lui :

"J'étais un peu triste de voir la joie naïve des grecs. Ce n'est pas parce qu'ils ont voté contre l'austérité que tout est résolu. Le vrai problème de la Grèce, c'est qu'elle n'aurait jamais dû entrer dans l'euro, elle aurait été obligée de faire des réformes plus tôt. L'euro, qui aurait du être un accélérateur de réformes, est devenu le parapluie de politiques un peu bêtes : en Espagne, on a fait des châteaux; en Grèce, on a fait des fonctionnaires; et, en France, on a fait les 35 heures."

La menace déflationniste: vers la chute des démocraties?

Par ailleurs, la dévaluation intérieure de l'euro, que l'on observe en Grèce mais aussi en France, est une menace, parce qu'elle entraîne nécessairement des épisodes déflationnistes:

"La politique de déflation intérieure a été redoutable sur le plan social. On a connu cette déflation dans les années 1930, mais Keynes avait bien vu que ces politiques monétaires allaient amener la chute des démocraties. Ce n'est pas l'inflation qui a amené Hitler au pouvoir, c'est la déflation ! Les peuples n'en peuvent plus de voir les prix, les salaires baisser, et de ne pas en voir les avantages."

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Commentaires
a écrit le 26/01/2015 à 13:09 :
Alain Madelin est un Homme de qualité, non conventionnel, pragmatique, qui n'utilise pas la langue de bois et qui sait expliquer l'économie dans ses interventions télévisées.
Il est une bouffée d'air dans ce monde de pseudo élite de notre monarchie républicaine où les courtisans et les valets nous étouffent économiquement, politiquement et culturellement, et effacent les vrais élites et experts de la Nation.
a écrit le 24/01/2015 à 14:04 :
Pascal Brutal sauve nous de la France Madelenisite !
a écrit le 24/01/2015 à 7:46 :
Le Président a exprimé à Davos l'aspect économique et social de la transition énergétique. Cela correspond au pacte de responsabilité (réduire les charges sociales des entreprises) avec l'augmentation du prix de l'énergie comme contrepartie, ce qui doit favoriser la baisse du chomage et le retour de la croissance. Monsieur Madelin,êtes vous d'accord?
a écrit le 23/01/2015 à 23:21 :
Nous sommes en 2015 et encore des aigris.
a écrit le 23/01/2015 à 19:50 :
nous sommes 2O15 et encore des FRANCAIS avec des regimes speciaux

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