Le grand débat, et après ?

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Logo de la plateforme PEPS.
Logo de la plateforme PEPS. (Crédits : PEPS)
OPINION. Le grand débat national peut être porteur de solutions positives et inclusives à condition que sa mise en oeuvre et les conclusions qu'il apporte soient justes, efficaces et partagées, notamment en ce qui concerne la transition énergétique et écologique. Par PEPS (Pour le Progrès environnemental et le progrès social).

Le grand débat national organisé par le gouvernement est un exercice salutaire car il répond à un profond besoin d'expression démocratique. Son organisation et son mode de fonctionnement comportent de nombreux atouts. La parole est libre et ouverte, la neutralité garantie et les lieux de débat très variés. Chacun a la possibilité de mettre en perspective sa situation individuelle avec certains des enjeux structurants de la France au XXIème : la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de l'Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

Cet exercice présente un intérêt évident pour les pouvoirs publics et pour la société toute entière, et proposera un état des lieux intéressant de la France et des attentes des Français, sous réserve que les débats soient correctement rapportés et exploités.

Il fait néanmoins face à plusieurs défis

Tout d'abord, il n'épuisera probablement pas la demande citoyenne de transparence et de « reprise en main » des questions politiques, environnementales, et sociales formulées au travers de de la crise des « gilets jaunes », qui révèlent un sentiment d'impuissance de la population en termes de destins individuels et collectif. Des réformes profondes devront être menées, en particulier s'agissant de la fiscalité et de la représentation démocratique.

Ensuite, un des objectifs principaux du débat doit être de redonner à chacun le sens de son appartenance à un collectif national, en permettant l'émergence de valeurs communes, comme la défense de l'environnement. Seules ces valeurs communes peuvent constituer un socle pour mener des actions robustes et efficaces. On peine encore à les voir apparaître.

Enfin, les questions mises au débat constituent des clés fondamentales pour réinvestir l'Europe, cadre de référence de la mise en place de solutions porteuses de progrès social et environnemental, et entité de régulation des activités économiques françaises, dans la mondialisation. C'est pour nous une source sérieuse d'inquiétude sur la sincérité des réponses qui pourraient être apportées à l'issue de ce débat : l'Europe en est totalement absente, à quelques semaines de l'élection du nouveau Parlement de l'Union.

L'écologie est au coeur des réponses au grand débat

Nous sommes convaincus que la protection de l'environnement est porteuse de solutions positives et inclusives, pour le cadre de vie, la santé, l'emploi, la solidarité. L'espérance commune et la confiance partagée en une société de protection, et non de prédation, fondent une économie qui préserve ses ressources et respecte ses citoyens.

La crise actuelle fait apparaître que la transition écologique doit prendre en compte les effets sociaux des mesures de transition, afin que personne ne soit pénalisé de manière excessive, mais elle ne prive pas le gouvernement de réponses compatibles avec les engagements pris par la France au niveau européen et mondial en application de l'accord de Paris sur le climat. Rappelons-nous que ce sont les Français les plus aisés qui sont les plus polluants. Nous n'acceptons pas que soient pointés du doigt ceux qui subissent déjà la triple peine écologique: contraints de se déplacer en voiture, ils subissent de plein fouet la hausse des taxes sur les énergies fossiles, leur logement est souvent mal isolé et coûteux à entretenir, et par voie de conséquence leur patrimoine (véhicule comme habitation) est dévalorisé.

Car nous croyons qu'il est indispensable de réduire notre impact environnemental collectif et individuel, nous devons les accompagner et les soutenir en priorité. A travers sa participation au grand débat, la plateforme PEPS apporte sa contribution à une mise en oeuvre juste, efficace et partagée de la transition énergétique et écologique.

Nous demandons :

1/ un accès libre pour tous aux « résultats » du grand débat - cahiers de doléances, contributions d'acteurs et leur exploitation - car cette consultation est un formidable vivier pour faire émerger des propositions d'amélioration de nos conditions de vie ;

2/ la mobilisation d'intellectuels et de scientifiques de toutes les disciplines pour en faire l'analyse approfondie, et contribuer à en tirer des enseignements, en toute indépendance ;

3/ le maintien d'un dispositif pérenne de débat participatif sur les thèmes de société, en particulier la convergence du progrès environnemental et du progrès social, soutenu par l'Etat, en lien avec les élus locaux ;

4/ la proposition par la France de règles sociales et environnementales d'accès au marché intérieur européen (500 millions de consommateurs aisés), pour protéger les emplois et activités intérieurs, en valorisant un modèle de développement vertueux ;

5/ des mesures immédiates 2, concrètes et fortes de redistribution des ressources de la fiscalité écologique vers les citoyens, territoires et entreprises les plus fragilisés par les politiques de transition.

Hélène Peskine, créatrice et animatrice de la plate-forme PEPS, et plus de 40 signataires.

Premiers signataires :
Nidam Abdi, journaliste
Julien Arnoult, chargé d'enseignement à l'Université Paris 2,
Samuel Beaumier, cadre administratif,
Gilles Berhault, délégué général de la Fondation des transitions,
Sylvie Berline-Bouleau, conseillère municipale, présidente de l'Haÿ-les-Roses en transition,
Fabien Blasco, directeur de service en collectivité,
René Bokobza, ingénieur ETP,
Lenaïc Bonneau, ingénieur, docteur en physique,
Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime,
Alain Bourdin, sociologue, professeur émérite,
Peggy Briset, responsable communication,
Sabine Buis, vice-présidente du conseil départemental de l'Ardèche,
Benoit Calatayud, ingénieur,
Laurence Camus, chef d'entreprise ingénierie bâtiment,
Laetitia Comito-Bertrand, urbaniste,
Sonia David, écrivain,
Chaden Diyab, ingénieur, docteur en chimie, consultante en stratégie scientifique,
Antonio Duarte, urbaniste, philosophe, président de l'institut GreenCity,
Emmanuel Dupuy, président de l'institut de prospective et de sécurité en Europe,
Jean-Claude Fontanive, consultant en diplomatie économique, directeur de la chaire
environnement, changement climatique et transition énergétique de l'IPAG business school
Frédéric Gharbi Mazieux, avocat,
Nicolas Imbert, directeur exécutif Green Cross France et Territoires,
Jean Michel Jacquet, architecte-urbaniste,
François Jarrige, architecte,
Rémi Lantreibecq, responsable communication publique,
Jean Yves Leber, consultant en stratégie,
Maud Lelièvre, déléguée générale des Eco-Maires,
Julien Lemaçon-Croze,
Christophe Madrolle, responsable politique,
Frank Mainard, dirigeant d'entreprise et expert bio-énergies,
Jean Baptiste Marie, maître de conférence des écoles d'architecture,
Christian Martel, architecte,
Pascale Martineau, consultante communication et marketing,
Antoine-Tristan Mocilnikar, ingénieur général des mines,
Jacques Peskine, maire-adjoint d'une commune du Cher,
Tony Renucci, consultant secteur public, spécialiste de la pollution de l'air,
Marine Rosset, professeur d'histoire-géographie,
Maryline Simoné, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine,
Pascal Tebibel,
Clotilde Valter, ancienne ministre,
Julien Vick, expert mobilités,
Eric Wirth, architecte,
Gassan Zaiat.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2019 à 21:37 :
La seule issue après ?
Ce sont des emplois , la croissance et le pouvoir d’achat ,
Et proposer » aux chouchous d’ Emmanuel « 
Une nouvelle révolution «  Start- upiens » la croissance hybride de l’ancien avec le nouveau , justement pour «  éviter la rupture »
Ce que les autres appellent transition , moi j’appelle ça le partage pour la croissance et le progrès
Tous ensemble ( startup aussi) contre l’agonie de l’économie en France ...
Réponse de le 10/03/2019 à 10:53 :
Mais non derrière Mr Macron va organiser "le grand débat 2" histoire de ne rien faire pour le peuple et continuer sa politique pour le CAC40 et les plus riches au détriment des autres... N'oublions pas que c'est le robin des bois des riches !!!
a écrit le 04/03/2019 à 18:35 :
C'est une bonne question.

Le grand débat n'a été inventé que pour gagner du temps en espérant que le mouvement des GJ serait maté par la désinformation, la violence, et la lassitude tant de la population que des manifestants.

Sauf que ce ne s'est pas passé comme Macron l'espérait. Il n'a pas réussi à mater les mutins par la matraque et l'embastillement, n'a pas réussi à les faire passer pour des facho antisémites et, surtout, la population continue à penser que les causes de leur mutinerie sont justes et pas résolues par l'aumône de janvier sur le smic.

On est donc revenu au 17 novembre, avec en plus 10 000 interpellations, des tribunaux embouteillés, des milliers de blessés de part et d'autre, des millions de dégâts, une image présidentielle catastrophique urbi et orbi, et toujours pas de plan d'avenir.

Un petit pari?
Macron va tenter de jouer la montre en expliquant qu'il faut du temps pour analyser les résultats des débats. Ensuite, ce sera la campagne des européennes qu'il espère gagner en estimant que ca équivaudrait un quitus de son action passée et à un blanc seing pour le futur.
Ensuite il posera peut être la question d'un référendum qui devrait pouvoir repousser l'échéance jusqu'en septembre 2019.
a écrit le 04/03/2019 à 15:01 :
Débattons du grand monologue de Mr Macron! Il en a même la conclusion!
Réponse de le 10/03/2019 à 10:56 :
Pas vraiment. Mr Macron pensait pas que les manifestations continuerais jusqu'à la fin du grand débat... La il ne sait plus trop quoi faire... Il ne veut toujours pas partager les richesses entre tous mais veut toujours la donner aux riches et à lui... Que les manifestations sont toujours là sa doit bien le faire suer... Regardez les semaines passées on parlait dans tous les journaux des manifestations et des casseurs, aujourd'hui rien !!!
a écrit le 04/03/2019 à 13:25 :
Disons que discuter, débattre est le propre de l'homme et ce qui le fait avancer depuis la fin des régimes autoritaires or nous voyons bien qu'actuellement nous sommes entre ces deux principes, le c.. entre deux chaises et au final nulle part où s’assoir.

Faux dégât puisque discuter notre professionnel champion du monde du bla bla le veut à tout prix parce que adorant ça, se sentant compétent au moins dans un domaine on voit comme il est bien à ne rien dire tout le temps mais évitant toujours les mêmes sujets sur la lutte contre l'évasion fiscale des mégas riches qui nous coute 100 milliards alors que lui n'hésite pas à nous saigner pour 50 millions.

Alors déjà c'est mal barré quand un gars vous dit que tout sera abordé sauf les sujets qu'il a sélectionné et qui sont au final toujours les mêmes que l'on nous a toujours caché. Mais nous sommes taquins et grâce à internet nous savons parfaitement que nous avons raison et qu'ils nous mentent, ils sont juste en train de tomber dans peut-être un des pièges les plus évolués de l'histoire humaine à savoir les laisser continuer de nous mentir abondamment pendant que les images montrant la vérité défilent derrière eux. Aïe...

Bref que du vieux venant de l'homme "neuf", on attend juste qu'il morde enfin la main de ceux qui l'ont mit là, et là un espoir renaitrait, mais il est encore plus faible que ça et c'est ça qui est profondément désespérant.

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