Une main tendue aux hommes politiques...

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Copyright Reuters (Crédits : Claire Curt)
Pourquoi l'Etat devrait-il être géré moins rigoureusement que les entreprises ? Les hommes politiques apparaissent démunis face à la situation économique. Pourquoi ne pas s'inspirer un peu plus des expériences des chefs d'entreprise ? Ceux-ci ne demandent qu'à être consultés, à partager leurs expériences...

Qui, plus que les chefs d'entreprise, sont conscients que la situation est grave, que la croissance émane seulement d'eux-mêmes, que la compétitivité est nécessaire, etc. Et pourtant, ils assistent muets, en tous les cas inaudibles à des discussions sans fin, à des joutes oratoires grandiloquentes et à des programmes politiques (les concernant) qui ressemblent à des catalogues dignes de Prévert. Pardonnez-nous, chers amis politiques, mais quel chef d'entreprise responsable et avec un minimum de talent déciderait trente années de suite, sans scrupules, sans remords et en toute bonne conscience d'un budget déficitaire pour son entreprise ? Il est vrai que ce serait impossible, toutes et tous l'en empêcheraient ! Il se verrait interdit : de chéquier, de gérer... d'entreprendre !

Comment cela "pas pareil" ? Sous prétexte qu'il s'agit de l'Etat, on devrait être moins rigoureux, moins attentif, plus incompétent ?

Eh bien, la France est une magnifique entreprise, avec un président (le chef de l'Etat), un directeur général (le Premier ministre), un directeur des ressources humaines (le ministre de l'Emploi avec celui de la Fonction publique), un directeur financier (à Bercy), un responsable de l'export (secrétariat d'Etat du Commerce extérieur), mais aussi des "clients " (nous tous : citoyens, consommateurs de services publics), des fournisseurs (les entreprises justement), des banquiers (n'en parlons pas...), des filiales (les collectivités locales), etc. On peut filer la métaphore à l'envie.

Alors ne serait-il pas temps, en cette période de crise, de profiter des talents de chacun ? Quand va-t-on associer réellement les chefs d'entreprise au développement économique du pays ? Qui mieux qu'eux savent analyser les forces et les faiblesses d'une structure ? Qui mieux qu'eux sont capables de savoir ce qui est efficace pour que l'on puisse se développer et ce qui est prioritaire ? D'autant, semble-t-il, qu'il y ait une forme de consensus gauche/droite pour "aider" certains secteurs industriels avec cette tentation diabolique d'intervenir.

Actuellement, les patrons, stupéfaits, voient défiler sur les écrans et les radios "des experts" qui annoncent de façon péremptoire qu'il faudra investir sur tel ou tel secteur d'activité sur la base évidente de leur flair indiscutable et forts de "leur expertise" ? Comment les croire, ils se sont tant trompés...

"Identifier des secteurs d'avenir", annoncent avec sagacité nos élus ou nos candidats éclairés ; généralement le "plan marketing de la relance ou de la rigueur" se fait en trois ou quatre jours pour répondre à une nécessité politique conjoncturelle : retour du G20, baisse des cours en Bourse, scandale financier, ou futur débat télévisé.

Qu'en pensent ceux qui travaillent dans ces secteurs et ceux qui vont produire, vendre et développer ? Ça coûte combien ? Ça rapportera combien ? Quand ? En combien de temps ? Comment identifiez-vous ce qui marchera ? Si vous êtes si doués, allez dans le privé, entreprenez et faites fortune... Une fortune bien sûr qui, cette fois, pourra être redistribuée par vos soins ! Facile de montrer du doigt le marché, les patrons, les banquiers, les "délocalisateurs"... Oui, les entrepreneurs sont faillibles mais, franchement, beaucoup moins en la matière que les hommes politiques. Quel souffle de l'Esprit saint, quelle suprématie feraient que des "sherpas" ou conseillers (qui ne sont pas les payeurs) sauraient ce qu'il faut faire et où investir ? De grands emprunts ? Ils n'ont de "grands" que le risque pris, au frais des contribuables sans véritables projets testés, validés, analysés.

Alors pourquoi ne pas vraiment innover, savoir se montrer modeste et consulter les chefs d'entreprise, les vrais ; avec un travail de fond, des projections, des analyses concrètes de la concurrence des potentiels français, une association des forces vives du pays.

Les chefs d'entreprise ne demandent qu'à partager leurs expériences ; ils savent en tout cas ce qui freine et ils étouffent d'être incompris, ils aimeraient tellement enrichir leur pays, leurs salariés... et eux-mêmes bien sûr !

Quand, de temps à autre, un dîner chez un ministre réunit des entrepreneurs, tout le monde sort revigoré et en même temps anéanti de voir que ce ministre découvre ou se passionne pour un sujet fondamental dont il ignorait tout auparavant alors qu'il s'agit de son domaine ; angoisse de constater que, en plus il n'a finalement de pouvoir sur rien, en tout cas pas sur les administrations ni sur la lenteur de tout ce qui peut être mis en oeuvre pour justement lever des freins ou créer une dynamique. Le temps que la réforme aboutisse, il faudra réformer la réforme ! Car tel un rouleau compresseur, la machine étatique continue de broyer sur son passage tout ce qui pourrait redonner de l'élan au quotidien.

Commençons modestement : avant tout projet de loi, exigeons systématiquement un groupe de travail avec les intéressés... et beaucoup plus si affinités !

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Commentaires
a écrit le 22/11/2011 à 11:09 :
si l'etat etait géré comme une entreprise ,il aurait fermé depuis longtemps le conseil economique et social pour insuffisance d'utilité et manque d'assiduité de ses membres.je conseille que vous montriez l'exemple et que vous renonciez a votre traitement du ces.apres tout faut etre logique
a écrit le 21/11/2011 à 11:14 :
Soyez entendue madame!!!
a écrit le 21/11/2011 à 10:43 :
Comme font nos chefs d?entreprise « exemplaires » à ses yeux, pourquoi ne pas délocaliser l?état Français en chine tant qu?on y est car en fait c?est tout ce qu?il propose ces grands magnas.
C?est avec des gens comme ça qu?on a foutu l?Europe et la France à la ruine.
La richesse de la France ne viendra pas des économies que nous allons faire mais de la faculté que nous aurons à créer des emplois.
Il est temps de remettre l?homme au centre de la société et non la finance mais ça bizarrement elle n?en parle pas.

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