"Pour redresser la compétitivité française, la réforme du marché du travail est indispensable"

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Le baromètre établi par le World Economic Forum a mis au jour le recul de la compétitivité de l'économie française. Pour inverser la tendance, Denis Ferrand, directeur général de COE Rexecode, propose trois pistes de travail : une plus forte incitation à la R&D ; un réexamen collectif des règles qui régissent le fonctionnement du marché du travail afin de l'adapter à la contrainte de compétitivité et enfin un basculement d'une partie des cotisations sociales sur la fiscalité ou sur une réduction de la dépense publique.

Le recul de trois rangs de la place de la France dans le baromètre établi par le World Economic Forum vient rappeler l'urgence de l'enjeu de la compétitivité de l'économie française. Depuis bientôt quinze ans, les performances françaises à l'exportation sont en retrait par rapport à celles des pays de la zone euro. D'un peu moins de 17 % en 1998 la part des exportations françaises dans les exportations européennes est tombée à environ 13 %, soit un recul de plus de 25 % des parts de marché, soit encore 120 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'exportation qui font défaut chaque année.
S'il est difficile de tirer des enseignements définitifs d'un indicateur aussi global que peut l'être celui du World Economic Forum, l'attention à ses différentes composantes permet en revanche de bien identifier les points forts et les pistes d'amélioration que pourrait emprunter notre économie. Les points forts sont bien connus : ils renvoient à un niveau élevé de sophistication des infrastructures et à la taille et la localisation du marché local. Les points faibles le sont tout autant : ils renvoient, selon le WEF, à un marché du travail jugé trop rigide et à un régime de prélèvements fiscaux et sociaux jugé trop distorsif et désincitatif.

Compromis gagnants entre partenaires sociaux

Ces deux points appellent des réponses à mettre en ?uvre pour un renforcement de notre compétitivité défaillante. Celui-ci passe par une action qui s'entend sur trois termes :
- une réponse de long terme sous la forme d'une incitation à la R&D à même de consolider un positionnement jugé plutôt favorablement dans le classement du WEF,
- une réponse de moyen terme qui passe par un réexamen collectif des règles qui régissent le fonctionnement du marché du travail afin de l'adapter à la contrainte de compétitivité. L'exemple allemand montre que l'on peut trouver au niveau de l'entreprise des compromis favorables à la compétitivité mais aussi à l'emploi. Il faut pour cela une plus grande liberté dans la recherche des compromis gagnants entre partenaires sociaux notamment en réinstallant la durée du travail dans le champ du dialogue social.
- Une mesure de recalage à court terme des coûts du travail au moyen d'un basculement d'une partie des cotisations sociales sur la fiscalité ou sur une réduction de la dépense publique.

Réformes en Italie

Plusieurs pays européens apparaissent plus mal notés encore que la France par le WEF sur les critères notamment de fonctionnement du marché du travail. C'est en particulier le cas de l'Italie. Confrontée à une situation d'urgence, celle-ci paraît toutefois avoir amorcé des réformes profondes en ce domaine. La France pourra difficilement s'exonérer d'adopter de telles réformes. Le risque serait de voir une divergence s'installer non plus uniquement vis-à-vis de l'Allemagne mais progressivement également vis-à-vis d'économies du Sud. Ce serait alors l'attractivité du site français de production qui se retrouverait en défaut après avoir constaté le recul de la compétitivité des exportations.

 

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Commentaires
a écrit le 06/09/2012 à 21:33 :
La durée légale du travail en France n'est pas vraiment en cause car elle ne sert qu'à étalonner un salaire horaire. En réalité, entre les heures sup, les cadres qui n'ont plus d'horaires avec leurs smartphones et le temps partiel forcé il y a longtemps que la durée légal du travail n'est plus un enjeu. En réalité la durée réelle du travail en France est assez comparable à ce qui se fait ailleurs : elle est supérieure à la durée légale alors qu'en Allemegne elle est inférieure à cause des temps partiels (c'est un peu la même chose pour l'âge légal de départ à la retraite d'ailleurs, autre sujet où l'on raconte à l'envi souvent n'importe quoi). Par contre la valeur produite par heure est élevée en France car les processus sont bien tendus...Ce qui est vrai également, c'est qu'on n'a pas assez transféré de charges vers l'impôt (c'est d'ailleurs logique car ce transfert n'est pas du tout une politique de droite) en baissant les prix hors taxe et on n'a pas assez fait de flexisécurité : sécuriser et lisser le salaire, voire le subventionner partiellement par l'impôt dans certains secteurs en cessant de payer des heures sup ou des primes d'interim exhorbitantes : quand il y a des commandes on travaille et quand il n'y en a pas on reste chez soi...le salaire lui reste le même.
a écrit le 06/09/2012 à 14:42 :
Chirac,Sarko,Hollande il sont tous ratés une quiconque réforme du travail.Alors pourquoi pas n'
engager MM.Schroeder et Merkel à tarif zero ? Noooo pour l'amour de dieu,nous sommes en
absolu toujours les meilleures et les plus malins ou fourbes.La faute c'est les autres,à ceux qui
bosse 45 heures par semaine,qui ne font que 2 sémaines de vacances par an.L'euro,le dollar,
L'Europe,la BCE,Bruxelles... mais jamais nous avec nos politiciens de basse cour.
A la Toussaints encore 2 semaines de congé.Toute l'Europe travaille,nous en vacance.
Pourquoi la rentrée à Septembre et pas à Janvier? Cette chien lit de toute l'éducation natio
nale montre le niveau culturel d'un Pays.La grandeure française est tombée dans les culottes.
a écrit le 06/09/2012 à 14:17 :
Une question de philosophie ,pourquoi l'employé est plus important que son chef à cause de sa compétance et son dynamisme et doit en conséquence être mieux payé.
Quand on aura résolu ça dans la mentalité des entreprises on aura beaucoup évolué.
Ce qui ne pose pas le moindre problême dans d'autres pays.
a écrit le 05/09/2012 à 21:45 :
Aucune réforme ne sert à rien, même les plus intelligentes, si votre tissu industriel est doté de la même monnaie que celui d'un concurrent plus fort. Parce que vos produits perdent leur compétitivité prix, et que l'investissement productif perd son attractivité. C'est le double effet kiss cool : non seulement vous ne pouvez pas vendre vos produits parce qu'ils sont trop chers (produits dans une monnaie trop chère), mais vous ne pouvez plus investir pour espérer corriger cette situation (puisque vous n'exportez plus d'une part, et que les capitaux n'ont aucune raison d'affluer dans un pays à la monnaie surévaluée d'autre part). Alors réformer le marché du travail, fort bien, mais tant que nous aurons l'Euro, cela ne servira à rien. A moins de croire que l'on peut de force changer les facteurs de production... ce qui est absurde.
a écrit le 05/09/2012 à 18:51 :
Que le social est beau, c'est un joli mot mais qui cache des situations affreuses ou complètements absurdes qui coutent cher aux contribuables : 5 enfants d'une même famille tous placés car les parents ne "peuvent" pas s'en occuper. Les parents touchent plus de 3000E/mois d'aides et d'allocations, ils vivent dans une grande maison et sont au chomage tous les 2 !! cherchez l'erreur ! ils touchent même celle d'entrée scolaire alors qu'il ne voient leurs enfants qu'une demi-journée par semaine ! C'est normal ca ? Ajouter à cela le cout des assistantes .. et on obtient 48% du budget d'une région !
a écrit le 05/09/2012 à 18:44 :
Ne pas revenir aux 9 à 11 heures de travail par jour que nous faisions il y a une cinquantaine
d'années dans ma jeunesse mais supprimer ces 35 heures par semaine qui ont mis tout par terre. Et penser à supprimer quelques postes de fonctionnaires (gouvernement compris)
J'ai géré une PME et je sais de quoi je parle.
Plus de RTT mais du travail.J'ai 82 ans et beaucoup travaillé et je n'en suis pas morte.
Comme disait HENRI SALVADOR :le travail c'est la santé
a écrit le 05/09/2012 à 18:42 :
Pour redresser la compétitivité française, il faut faire trimer les fainéants
Dans ma société d ambulance a Béziers les gars doivent être capable de bosser aussi dur que des chinois s ils désirent conserver leur place d ailleurs j ai appelé mon bateau de 8 mètre amarré a Valras LA GIFLE
Réponse de le 06/09/2012 à 18:17 :
C'est beau! Vous nous expliquez que vous faites travailler vos employés comme des esclaves, pour j'imagine des salaires de misère pendant que vous vous la coulez douce les week end, grâce à leurs travails, sur votre bateau. C'est beau!

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