La crise à SciencesPo, un débat utile

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Le témoignage d'une élève de SciencesPo sur la crise que traverse l'établissement, favorable au bilan de Richard Descoings, a suscité de nombreux commentaires. Soucieux de rendre compte de la pluralité des opinions, La Tribune a souhaiter publier l'opinion contradictoire d'un autre élève.

La tribune « La crise de SciencesPo vue par une élève de SciencesPo » me laisse, en tant qu'étudiant à l'IEP de Paris, indépendant de tout syndicat, assez ahuri. Où sont donc passés l'esprit critique, la capacité à prendre de la hauteur de vue que l'établissement se targue de nous apprendre?

Richard Descoings a réformé l'institution, par l'internationalisation, la diversification du recrutement et la refonte de la scolarité, il a su sortir SciencesPo de son carcan parisien pour l'ouvrir à des élèves de tous horizons, de France, comme de l'étranger. Je ne reprendrai pas l'expression « abolition des frontières sociales » pour qualifier les fameuses conventions d'éducation prioritaire - si elles ont contribué à diversifier le public, elles n'ont pas encore résolu le problème des inégalités sociales, puisque 63% des étudiants sont issus de parents cadre ou de professions intellectuelles supérieures. Mais soit : son bilan, comme tous le soulignent, y compris le rapport de la Cour des comptes, est très bon. Nombre d'étudiants le reconnaîtront également, et ce n'est pas tant sur ce point que sur bien d'autres que la tribune de Tara Heuzé est critiquable.

La question des rémunérations

Richard Descoings n'était pas un Dieu. Il a commis des erreurs dans la gestion financière et humaine de l'établissement, dans la gestion de la polémique sur sa rémunération. On nous dit qu'il faut savoir ce que l'on veut, que « l'éducation a un prix », prenant exemple sur les universités américaines. Mais si l'on s'en réfère aux classements universitaires mondiaux cités dans la tribune comme moyen de comparaison, on pratique alors la langue de bois : dans le classement QS des universités, SciencesPo se classe 201e, quand l'ENS se classe 33e, et les universités de Heidelberg, de Munich, de Berlin se classent parmi les 60 meilleures universités. Ces dernières sont gratuites, ou coûtent à l'étudiant des frais d'inscriptions qui ne dépassent pas 500 euros. Leurs professeurs et directeurs sont rémunérés raisonnablement. L'argument de « l'excellence universitaire » à l'aide de ces classements et de l'exemple des universités américaines pour justifier les primes que touchaient Richard Descoings et les membres de la direction de SciencesPo est une pure manipulation intellectuelle. D'autant que le débat sur les primes n'avait à l'époque pas tant porté sur leur valeur ? si on veut s'inscrire dans le culte de la performance, pourquoi pas ? - mais sur la façon dont elle était attribuée : en toute opacité.

« Tout va très bien, Madame la Marquise »

L'auteure de la tribune admet que SciencesPo ait pu commettre des abus, qu'Hervé Crès a pu en être partiellement responsable. Mais défendre Hervé Crès au motif qu'il a profité « comme ses prédecesseurs » est risible. La stratégie déployée récemment par Hervé Crès pour tenter de rester crédible a consisté à répéter inlassablement que: « de telles accusations n'ont nullement empêché Alain Lancelot et Richard Descoings d'être à la tête de l'institution ». En reprenant l'argumentaire à son compte, l'auteure de la tribune se fait l'avocate d'une logique qui conduirait à justifier les abus en disant qu'il y en a toujours eu. C'est un argument d'une pauvreté affligeante. Cela consiste à dire « tout va très bien Madame la Marquise » et à donner raison à ceux qui parlent de SciencesPo comme d'une bulle totalement hermétique aux règles et à la réalité du reste du pays.

« Ingérence de l'Etat »

Ciel, l'Etat s'ingère dans les affaires de SciencesPo ? Mais de quel droit ? Comment la Cour des comptes ose-t-elle faire un rapport ? Comment l'Etat ose-t-il toucher à la sacro-sainte indépendance de l'institut ? Il serait peut-être bon de rappeler à l'auteure de la tribune que l'Etat finance pour plus de moitié le budget de l'IEP. S'il est bien évidemment nécessaire que SciencesPo ait une autonomie, il est donc inexact de parler d'une totale indépendance. SciencesPo est dépendant de l'Etat. Quelle institution ne donnerait pas ne serait-ce qu'un droit de regard à celui qui la finance majoritairement ? SciencesPo n'est pas en dehors des règles et des lois qui s'appliquent partout ailleurs ! Tout comme il est normal que SciencesPo revendique son autonomie et la défende, il est aussi normal que l'Etat réclame un droit de regard sur l'utilisation des deniers publics. Et de quel droit l'institut pourrait-il directement passer par l'Elysée pour obtenir sa dotation ? Il ne s'agit pas de couper des têtes pour le plaisir de les couper, mais simplement de normaliser les rapports entre SciencesPo et l'Etat et de revenir dans le cadre légal.

« Le pot commun »

Quant à l'expression « vouloir faire un pot commun de tous les IEP y compris celui de Paris, (...) c'est moyenniser le niveau et refuser l'exception », elle montre tout simplement un profond manque de maturité et de hauteur de vue de la part de l'auteure de la tribune, visiblement empreinte d'un parisianisme chronique. J'ose espérer que la troisième année à l'étranger qu'elle n'a pas encore effectué et qu'elle effectuera grâce à l'action de Richard Descoings lui permettra de s'ouvrir un peu au reste du monde. Car les « IEP de province » ne sont pas des sous-IEP. Certes, ils ne bénéficient ni du même prestige, ni des mêmes dotations, ni de la même structure propre à SciencesPo Paris, ni des professeurs les plus connus, ni du même nombre d'intervenants fameux. Mais ils effectuent des études très largement similaires, d'un niveau comparable, et doivent parfois travailler bien plus dans des conditions bien moins avantageuses. Là encore, il s'agit pour l'auteure de défendre un statu quo bien agréable : il faut « préserver l'exception ». Comprendre : préserver les inégalités profitables. Après tout, pourquoi remettre en cause le système quand il fait de nous son élite ?

« Touche-pas à mon institut »

Condamner, critiquer, débattre sur SciencesPo tel que cela est fait aujourd'hui n'est certes pas très souhaitable et nuira peut-être d'une façon ou d'une autre à l'image de l'établissement. Mais ne nous y trompons pas : cela sera temporaire et utile à long terme. Il s'agit à ce stade de mettre à plat tous les dysfonctionnements plutôt que de laisser se prolonger des pratiques qui feraient alors un jour encore l'objet de nouvelles accusations et de débats. Faire corps et âme, sans vraie autocritique, avec l'établissement, c'est donner raison à ceux qui pointent du doigt une élite fermée et prête à défendre ses propres intérêts. Débattre, publiquement et de façon intelligente et intelligible, en prenant de la hauteur de vue, c'est déjà rendre à l'école son dû en appliquant à elle-même ce qu'elle est censée nous apprendre.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2012 à 0:13 :
Cette université est pionnière dans de nombreux domaines (cursus,3A à l'étranger,ouverture aux CEP etc). Pour qu'une université fonctionne, il lui faut des étudiants. Pourquoi ne pas leur donner plus d'autonomie dans les conseils tant critiqués en élisant un représentant par cycle en plus de ceux présents?
a écrit le 26/11/2012 à 15:51 :
C'est tout le problème du caractère "élitiste" de l'institution Sciences Po qui a été remis en cause par le défunt directeur...Malheureusement, cette tentative, en dépit de quelques avancées ça et là , a quelque peu échoué et j'ai le sentiment que l"équipe actuelle cherche peu ou prou à le remettre au goût du jour en utilisant un vocabulaire approprié et manipulateur...
a écrit le 26/11/2012 à 10:15 :
Bien dit!
a écrit le 25/11/2012 à 22:10 :
La lecture des deux tribunes - dont l'une qui gagnerait à être oubliée rapidement, c'est sans doute déjà fait - et des innombrables commentaires qui les suivent, m'inspirent de la tristesse.
Quel gâchis ! Quel inutile débat ... Arguments cent fois ressassés : Paris, la province, les notes, les classements, être ou ne pas être "valuable", je fais tant par an, et toi ? Et que je te corrige une faute de conjugaison par la production d'une faute encore plus grossière...
N'y a-t-il pas d'autres luttes où mettre votre énergie ? Alors vous êtes mûrs pour la politique, la politique-spectacle bien sûr.
Nous autres Français ordinaires, qui n'avons pas suivi vos prestigieux parcours, sommes un peu effrayés par l'idée que notre destin va dépendre à court terme de gens comme vous, de vous... On se demande aussi sur quelle planète vous vivez. Ou plutôt on ne se le demande pas. Muets derrière une triple vitre blindée, on assiste à vos croisements de fer insonorisés et on se pince.
Mention spéciale à celui des commentateurs qui stigmatise au passage Najat Vallaud-Belkacem en la traitant d'égérie du lobby LGBT, et injurie du même coup tous les gens qui en font partie, de ce "lobby".
Comme le dit un autre commentateur, eh bien, on va vous laisser entre vous...
a écrit le 25/11/2012 à 21:58 :
Descoings is dead, paix à son âme. Plutôt que passer du temps à savoir si les croissants étaient plus ou moins onéreux, posons nous la question du demain. Quelle stratégie? Et à qui profite la polémique (on murmure à un conseiller de la cour des comptes?) et pour quelle intention???
a écrit le 25/11/2012 à 19:18 :
Cela (ces magouilles) passe au dessus de la tête de 99,99% des citoyens. Toutes ces pseudo « élites » parisiennes ayant rejoint pour la plupart l'ENA, ont mené le pays ou il en est : au fond du gouffre.
Réponse de le 25/11/2012 à 21:01 :
Attention, là vous allez un peu loin. La dérive technocratique actuelle n'est pas du à une école mais à une méthode de pensée uniforme. C'est notamment le cas à l'ENA où les calculs sont fréquents (mon maître de stage peut être un futur directeur de cabinet, un collègue peut devenir un supérieur d'où les conséquences sur la carrière,etc.). Regardez la polémique liée aux promos Sengor, et Ubu Roi. C'est l'uniformisation et non le "parisianisme" (qui n'en est plus un puisque l'ena est à strasbourg depuis presque 20 ans) qui devient néfaste. Certes, le cas de SciencesPo n'a pas une grande incidence sur la vie citoyenne, mais plutôt sur le rôle des Universités et des Grandes Ecoles (notamment sur les financements). Et là, le citoyen est concerné puisqu'il met la main à la poche via les impôts, taxes, etc. SciencesPo n'est donc pas responsable, ou du moins pas plus que l'X, HEC, etc.

Concernant les politiques, c'est la technocratie, le conformisme et l'immobilisme qui nous conduisent au bord du précipice. Les réformes sont nécessaires, feront mal pour les défavorisés et sont moralement peu enviables, mais évitera le désastre (l'Allemagne d'il y a 10 ans était dans la même situation que nous, et l'Angleterre de même il y a 20 ans).
Tenons un vrai discours de vérité, et pas des calculs politiciens dignes de l'UMP actuelle.
Hollande ne sera pas réélu, le ps perdra du poids électoral et du crédit (davantage encore si des affaires sortent, type fédérations ps litigieuses, ou détournements d'argent public type mitterrandie), mais l'histoire jugera d'un autre oeil dans 20ans.
a écrit le 25/11/2012 à 19:11 :
Très bonne tribune, mesurée et pertinente. En revanche je ne peux pas m'empêcher de grincer des dents à la vision de "auteure", auteur n'aurait tué personne. Si vous tenez tant à féminiser, préférez le terme "autrice", certes peu esthétique, mais qui a au moins le mérite d'être étymologiquement correct (du latin auctrix) et logique ; vous dites "présentatrice" et non pas "présentateure" si je ne m'abuse.
Réponse de le 25/11/2012 à 22:25 :
Ne grincez plus, cher sciencepiste, mais accordez-vous une réflexion un peu distanciée sur l'évolution de la langue : dans la Recherche, Proust fait dire dans un dialogue bien des choses ironiques à propos d'un néologisme de 1900 : talentueux. Aujourd'hui adjectif banal. Les puristes d'aujourd'hui sont les descendants de gens qui ont molesté, transformé et annexé un corpus de langages anciens pour en faire une langue moderne qui, défendue comme la norme actuelle, résulte de multiples forfaits commis sur la syntaxe des siècles passés ! Et je passe sur les erreurs des copistes prises pour argent comptant, les interprétations, écritures mal déchiffrées ... C'est ainsi que les langues vivent. Auteure peut vous choquer visuellement, mais déclarer "autrice" seul étymologiquement correct, c'est figer la langue dans un instant t, déjà mort. Le Robert signale d'ailleurs la rareté de ce substantif qui n'est pas plus élégant à lire et encore moins à prononcer.
Moi j'ai longtemps signé des courriers de mon nom suivi de "Proviseure", et ça m'allait mieux qu'auparavant, "Proviseur", un masculin qui ne me convenait ni ne me définissait.
a écrit le 25/11/2012 à 18:24 :
Merci! J'ai eu peur que les Scienspistes finissent caricaturés grâce à Mlle Heuze. Ouf! On sait encore réfléchir dans notre école!!!
a écrit le 25/11/2012 à 17:52 :
Bravo pour votre contre-tribune. Vous faites remonter Sciences-Po dans mon estime.
a écrit le 25/11/2012 à 17:34 :
Pourquoi Sciences po "Reims" qui a longtemps mis sur son site web les articles de "l'UNION" (http://college.sciences-po.fr/sitereims/fr/content/revue-de-presse) a omis de faire preuve de transparence en ne mettant pas dans sa revue de presse les deniers articles de ce journal et par exemple celui ci ?
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/rapport-de-la-cour-des-comptes-pas-tres-bon-pour-sciences-po-reims?xtcr=1&xtmc=ciences po
Merci à la direction de ce campus de répondre en toute transparence et objectivité
a écrit le 25/11/2012 à 15:51 :
Je pense que, pour son avenir, un pays a plutôt intérêt à bien payer ses universitaires, qui cherchent, inventent et préparent l'avenir, plutôt que ses traders, qui n'apportent rien de bien valable. Or, que constate t'on ? Les traders, inutiles voire nuisibles, sont 10 fois mieux payés que les chercheurs (chercheurs pourtant bien plus diplômés que ces soit-disant génies de la finance)...
Réponse de le 25/11/2012 à 17:40 :
Il semble urgent de revaloriser les salaires des chercheurs pour éviter une fuite des cerveaux, et garder une avance technologique sur les pays émergents qui investissent énormément dans l'enseignement supérieur et la recherche. Et il faut revaloriser les études scientifiques, en rendant les métiers scientifiques plus attractifs.
a écrit le 25/11/2012 à 15:06 :
Bravo pour l article!
a écrit le 25/11/2012 à 12:28 :
Sur la base de mon expérience professionnelle, qui m'a souvent confronté à la stratégie de sociétés (y compris par rapport aux enjeux universitaires), je souhaite donner le point de vue d'un ancien sciences po (section SP) par rapport aux deux articles successifs. Je crois franchement que les arguments du "prix de l'éducation", de l'"implication des élèves" (par les droits de scolarité) ou de la préservation de "l'excellence internationale" de Sciences Po sont non seulement peu pertinents mais ne ciblent pas le véritable enjeu. Peu pertinents pour les raisons suivantes :
- par rapport aux standards des meilleures écoles, Sciences Po est un campus moyen (qualité des locaux, de la recherche, implication des professeurs, etc.), les classements internationaux nous ramènent aux réalités....il faut donc en conclure que, pour hisser l'IEP au niveau des meilleurs (je laisse ici de côté les orientations pédagogiques), les dépenses de modernisation et de développement devraient être multipliées par 2, 3 ou 5....Faudrait-il alors que les rémunérations de l'équipe dirigeante le soient aussi, dans les mêmes proportions, et que l'opacité entourant leur détermination s'en trouve encore accrue ?
- s'agissant de l'implication des élèves (par les droits de scolarité), je me permets de rassurer les jeunes générations : depuis longtemps, le prestige de l'IEP Paris suffit à les motiver particulièrement ceux d'origine sociale très modeste (ce qui est mon cas, j'ai financé ma scolarité par des jobs dans des instituts d'enseignement privé) ; pour autant, des droits de scolarité différenciés et modulés en fonction des revenus des parents sont une mesure élémentaire de renforcement de l'égalité des chances ;
- quant au "prix de l'éducation", il est toujours bon de l'externaliser mais sans omettre, comme le note justement l'un des deux auteurs, que Sciences Po est très largement une structure publique, financée par des subventions d'Etat.....
Cela posé, le VRAI débat, et de grâce laissons là la place de l'UNEF ou de l'UNI, c'est celui de l'efficience des structures et de leur gouvernance :
- dans quelle grande école à l'étranger, le "board" admettrait de n'avoir quasiment aucun droit de regard sur le montant et le rythme de progression de la masse salariale, particulièrement en ce qui concerne l'équipe dirigeante ?!
- dans quelle société privée, ou para-publique, accepterait-on des niveaux de progression tels qu'ils ont été pratiqués ? Sans saisine du comité des rémunérations ? Sans contrôle du conseil d'administration ? Des actionnaires de référence ?
- on parle d'excellence internationale : Oxford (mon fils en revient) ou Cambridge s'honorent depuis des lustres d'une relation professeur-élève exemplaire, bien éloignée du mandarinat présomptueux à la française, c'est même l'un de leurs points forts. Pourquoi la communauté des Sciences Po devrait à l'inverse admettre que certains enseignants soient payés au prix fort pour manquer à la règle du "service fait" qu'ils enseignent sans doute brillamment à leurs élèves ?!
Une grande école moderne et réputée internationalement c'est donc une gouvernance efficace, transparente, éthique. Sur chacun de ces points, l'équipe précédente a gravement failli (faut-il ajouter que la saisine de la Cour de Discipline Budgétaire est tout à fait exceptionnelle ?). Un modèle nouveau est à inventer :
- il devra cesser avec ces structures hybrides "à la française" (ScPo / FNSP, etc.), véritables déviances de la technostructure, non vertueuses et incompréhensibles vues de l'étranger (et c'est un spécialiste du droit public et des montages dits "complexes" qui vous l'assure !) ;
- il devra associer toutes les forces vives de ScPo : les étudiants si on veut leur faire payer "le vrai prix", les anciens parce qu'ils peuvent prétendre préserver certaines valeurs avec le recul et l'expérience nécessaires, des administrateurs vraiment indépendants (non "prébendés" par ailleurs), bref refléter "la communauté d'excellence" que l'IEP a été et doit continuer à être ;
- il devra se doter d'un corpus de règles et de procédures adaptées à ses moyens, à son fonctionnement, d'une éthique (non pas le simple "esprit ScPo" mis à toutes les sauces) induisant une attitude irréprochable plaçant la vocation de l'enseignement, l'exigence intellectuelle et l'abnégation qu'elle requiert au centre d'un prestige renouvelé ;
- il devra enfin reposer sur la transparence, le benchmarking et - j'y insiste - sur la constante sensibilisation de tous les élèves avec le fonctionnement concret des structures privées et publiques (stages, etc.) : dûment éclairés, ils seront parmi les premiers à refuser qu'un cadre dirigeant exerçant moins de responsabilités qu'un DG de société puisse être rémunéré sans contrôle, parfois davantage, en tous cas sur des bases qui, du jour au lendemain, dépassent toutes les références envisageables. Pas à Sciences Po, en tous cas : cela c'est un esprit, et ce doit être une fierté.
a écrit le 25/11/2012 à 12:20 :
Science Po c'est comme l'assemblée, faut y aller avec une pince à linge. Que va faire un politicien dans une entreprise?
Réponse de le 25/11/2012 à 14:05 :
Ceux qui sortent de SciencesPo ne font pas tous de la politique, au contraire, ils sont assez peu nombreux à en faire après. beaucoup de politiques ont fait SciencesPo mais avec 1300 élèves par promotion, heureusement que tous ne font pas de la politique!
a écrit le 25/11/2012 à 7:59 :
ouf. enfin un article extérieur et tonifiant sur SciencesPo (ou plutôt sur le commentaire peu encourageant sur SciencesPo). Mais il faut savoir que l'auteur, s'il étudie à Berlin, est plongé dans un vivier intellectuel, international, créatif, énergique. Pas Paris. Pas franco-franchouillard. Je connais Berlin. C'est conseillé d'y étudier pour une vision ouverte du monde.
Réponse de le 25/11/2012 à 12:21 :
Berlin, certes (c'est depuis tjrs un cas à part en Allemagne par son caractère cosmopolite qu'on adore), mais les antennes Sciences Po de province sont également ouvertes comme vous dites type celles de la France du NE.
a écrit le 25/11/2012 à 7:48 :
Il faut distinguer à l'IEP Paris les bons masters avec de très bons professeurs (souvent venus d'ailleurs et achetés par Descoing) et de très bons élèves ( souvent venus d'ailleurs ENS, X ...) et les premières années avec des élèves parfois médiocres et peu motivés et des professeurs plutot moyens et en tous cas mal payés. Ces élèves médiocres se retrouvent évidemment dans les masters médiocres dont on ne parle jamais
Réponse de le 25/11/2012 à 11:49 :
Au vu de la difficulté du concours à réussir pour intégrer Sciences Po Paris, et du travail à fournir ensuite pour pouvoir suivre, les élèves sont "motivés"...
Réponse de le 25/11/2012 à 14:19 :
Etes-vous au courant que 60% des élèves de 1ère année sont entrés à Sciences po via des procédures dérogatoires? "Etudiants étrangers" dont la plupart sont des enfants d'expatriés français, procédure ZEP largement détournée par des "non-boursiers" pour l'effet d'aubaine qu'elle représente... Ce n'est pas "rentable" de risquer de rater le concours (11% d'admis) et c'est désormais bien compris. En revanche le prestige du concours rejaillit sur tous les étudiants de l'IEP.
Réponse de le 25/11/2012 à 21:52 :
Allez demander à M Benichou si les élèves de Sciences po sont motivés et cultivés!
Réponse de le 26/11/2012 à 16:27 :
@ Jour de cendres: arrêtez donc de dénigrer les étudiants qui sont comme tous les étudiants, certains travaillent, d'autres non, certains sont plus cultivés que d'autres, ou différemment cultivés, et il y aura toujours des professeurs pour juger, y compris dans les meilleurs établissements, que leurs élèves sont bêtes et mous.
a écrit le 24/11/2012 à 22:56 :
Sciences Po nous fait une crise comme celle de l'UMP ?
Réponse de le 24/11/2012 à 23:22 :
il y en a qui cumule, militants ump et sciences po. Des orphelins, quoi! "Rosely Bachelot, membre de l'UMP d'hier" devant l'ensemble des étudiants, ça pose la question de la survivance de l'ump XD
Réponse de le 25/11/2012 à 0:34 :
pardon, il semblerait qu'il y ait eu un bug "Roselyne Bachelot, membre de l'UMP d'hier" lance Jospin devant l'ensemble des étudiants en présentant son rapport.
a écrit le 24/11/2012 à 19:12 :
Et si on supprimait cette filière universitaire qui ne sert pas à grand chose, forme des gens prétentieux et médiocres, et, de surcroît, coûte un max de blé ?
Réponse de le 24/11/2012 à 20:48 :
Elle sert à quelque chose, croyez en les entreprises/administrations qui embauchent, et ne forme pas que des gens prétentieux et médiocres (elle en forme un certain nombre, mais il y a des gens comme ça partout aussi)
Réponse de le 24/11/2012 à 21:39 :
Dans ce cas, l'on peut aussi supprimer toutes les filières pluridisciplinaires faisant du droit, de l'économie, de la sociologie, des maths, etc.
Certes, SciencesPo prend parfois la grosse tête du fait de son histoire et j'en passe et des meilleurs. Certes, sa dotation financière est contestable. Mais Il ne faut pas oublier qu'elle fournit tout de même un enseignement de qualité, qu'importe l'IEP. Si vous prenez le cas des politiques dans le terme "gens prétentieux et médiocre", c'est méconnaître les personnes formées. N'oublions pas que le principal problème dans la prétention et la médiocrité devrait plutôt s'appliquer à la dérive actuel de l'ENA, pour cela je vous renvois à la promotion Ubu Roi qui s'insurge contre cette situation inepte, et le livre d'Oliver Saby apporte un bon témoignage.
Le problème actuel s'applique à l'ensemble de l'Education Nationale et son fonctionnement profond, celui du bourrage de crâne dans le supérieur (Médecine, Prépas, ENA, etc.). Un retour à la pratique et au concret est préférable. Cette filière est bonne, mais mérite des réformes, pas une suppression.
Réponse de le 24/11/2012 à 23:45 :
Je ne suis pas élève non plus mais je peux dire sans me tromper que les étudiants qui y sont formés ne sont pas tous prétentieux et médiocres. Pour y avoir assisté, lors du discours de bienvenue puis dans celui de la diplomation Richard Descoings abordait un point similaire, l'humilité. Il félicitait les étudiants mais aussitôt leur rappelait que ce n'est pas parce qu'ils avaient eu leur concours ou leur diplome qu'ils devaient devenir prétentieux .
a écrit le 24/11/2012 à 19:06 :
le système de toutes les grandes écoles de la planète est fondé sur la méritocratie et consiste à facturer les étudiants de leurs frais de scolarité, sans distinction de sexe, de race ou de religion. les meilleurs et les plus motivés trouvent toujours à se financer. une bonne formation, c'est un investissement, les banques et les entreprises ne demandent que ça...
a écrit le 24/11/2012 à 18:51 :
En tant que diplômé je préfère lire l'article non anonyme que le commentaire (de bas avec... "s" de 17:34 !
a écrit le 24/11/2012 à 17:34 :
Donc ta troisième année dans un pays aussi exotique que l'Allemagne te permet de t'extraire du "parisianisme chronique" de l'auteure de la tribune à laquelle tu répond? J'espère que c'est de l'humour... Tu t'es battu pour faire tes études à Saint-Germain-des-Prés en désormais tu t'accorde le privilège de juger publiquement ton institution sans en avoir encore le diplôme. Il y a une expression pour cela "cracher dans la soupe"... Si tu pense que les IEP de Province valent Sciences Po, ne te gêne pas pour y aller, leurs élèves seront ravis de prendre ta place, et de partir à l'étranger tous frais payés (en espérant pour eux que leurs notes leur permettent de viser mieux que l'Allemagne).
Réponse de le 24/11/2012 à 18:59 :
Donc, critiquer, c'est cracher dans la soupe ? Donc, il n'y a que les nuls qui vont en Allemagne ? Tu as conscience que l'Université Libre de Berlin est une des meilleures du pays et se classe parmi les meilleures en Europe ?
Mon dieu, il y a tellement de stupidité dans ce commentaire que je perdrais mon temps à tout relever.
Réponse de le 24/11/2012 à 19:37 :
Première chose, cher élève; sur quels critères juges-tu de la médiocrité des notes pour partir en Allemagne? Non parce qu'il me semble que la Frei Universität fait partie des 9 universités d'excellence en Allemagne et qu'elle est assez réputée. As-tu peut être, éventuellement songé que partir en Allemagne était un choix ? La distance n'est pas forcément synonyme d'excellence.
Il me semble aussi que c'est la démocratie de pouvoir exprimer librement son opinion, même quand on n'a pas encore de diplôme (Tara Heuzé ne l'a pas non plus également). D'ailleurs en quoi avoir ce diplôme nous rendrait-il plus apte de juger de notre établissement?
Venant de province, connaissant des personnes étant en IEP de Province, je trouve que Sciences Po Paris prend un peu la grosse tête parfois (oui oui, le "parisianisme chronique"). Il serait bon de sortir de sa tour d'ivoire et de voir la réalité en face parfois aussi. Ce n'est pas "cracher sur la soupe" (ou sur les cadavres selon certains) que d'exprimer un avis critique sur la gestion de l'établissement tout en reconnaissant les points positifs.
Réponse de le 24/11/2012 à 19:51 :
Un article intéressant : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/19/une-science-politique-sans-parisianisme_1778194_3232.html
Réponse de le 24/11/2012 à 22:09 :
Un article avec lequel je suis d'accord. Allez, parce qu'on ne se refait pas, Sciences Po c'est comme la démocratie: ça a besoin d'être critiqué pour s'améliorer!
Réponse de le 24/11/2012 à 22:27 :
T'es trop mignon toi... Tu penses que la distance est proportionnelle aux notes? La Frei fait partie des choix les plus difficiles à obtenir à Sciences Po!
Réponse de le 24/11/2012 à 23:54 :
La 3A n'est pas une année de vacances dont le seul but serait de se faire payer un séjour dans des lieux où l'on irait jamais. C'est une année à la rencontre d'une langue , qui plus une culture différente. On y apprend à ne pas rester dans une tour d'ivoire germanopratine et à voir plus loin. Un "loin" qui justement ne se compte pas en kilomètres.
Réponse de le 25/11/2012 à 12:14 :
Merci pour cet article.
Réponse de le 25/11/2012 à 14:41 :
"en espérant pour eux que leurs notes leur permettent de viser mieux que l'Allemagne". AhahAH! Quelle bêtise! Un étudiant de sciences po relève un peu le niveau en fournissant une critique rationnelle et argumentée du chapelet de perles de Tara Heuzé, mais il semble décidément qu'il soit représentatif d'une minorité éclairée et que ses arguments ne soient pas accessibles à la majorité de petits péteux qui hante les lieux!
Réponse de le 25/11/2012 à 21:06 :
Science Po école de la triche! La triche comme institution. En finale du championnat de France des grandes écoles de rugby, ils nous ont battus en alignant 5 joueurs sous fausse licence (mais nous ne l'avons su que plus tard). Tricher pour gagner, belle image de l'élite.

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