Silver économie : une mine d'or !

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Denis Jacquet (c) DR
Denis Jacquet (c) DR (Crédits : DR)
Alors que la brûlante réforme des retraites devrait déchaîner les passions à la rentrée, et notamment sur le sujet de l'âge de départ, Denis Jacquet, président de l'association Parrainer la croissance, et l'économiste Jean-Paul Betbèze estiment que la société ne pourra s'en passer. Mieux, les séniors seraient la première ressource de l'économie de demain...

Le monde vieillit. C'est fantastique ! Car il vieillit bien, en grande santé avec des perspectives presque (trop) miraculeuses chaque jour. La science veut nous enlever notre fragilité humaine, c'est contestable, mais c'est un fait. Un quinqua d'aujourd'hui est un quadra d'hier, il court le marathon, travaille 12 heures par jour et fait des enfants jusqu'à 65 ans.

Une génération qui deviendra majoritaire

La politique comme toujours est en retard sur la société. En France, il considère que la séniorité commence à 45 ans ! A la moitié de la vie d'un nombre croissant d'entre nous. A ce rythme, nous pourrons passer directement de l'adolescence au 3ème âge... Stupide.

Les enjeux sont simples. Sociétaux et économiques. Les deux sont intimement liés. Comment pouvons-nous croire que notre société résistera à la mise à pied d'une génération qui deviendra majoritaire en 2030 et encore plus visiblement en 2050. Dans des économies où la moyenne d'âge sera passée de 26 ans dans les années 70 à 58 ans dans 40 ans comment croire que notre système résistera ? Economiquement intenable et sociétalement inacceptable. Comment désamorcer cette bombe dont le compte à rebours a déjà commencé ? C'est l'enjeu de la "silver économie".

Lutter contre l'obsolescence des "séniors"

Plusieurs solutions existent. La plus évidente et qu'il faut accroître la durée de travail. Des cadres notamment. Il faut donc conjuguer 2 éléments :

Stopper l'obsolescence des seniors, programmée depuis 30 ans et remettre en route la machine à former au-delà de 45 ans contrairement à ce qui se fait aujourd'hui. Permettre, entre 40 et 50 ans, aux cadres de changer de poste, de fonction, de pays, et ainsi de retrouver un challenge qui soit un remède à l'usure. C'est l'usure qui créé l'obsolescence et non l'âge.

Prévoir, accompagner et guider, le transfert des seniors vers les PME. Vers toutes ces entreprises qui meurent faute de pouvoir recruter ces compétences dont l'absence explique le manque de croissance. C'est une urgence. Les expériences menées ci et là prouvent que c'est rapide, facile et réalisable. Les seniors sont le carburant des PME et les PME le carburant de la croissance.

Ressort du numérique et de l'entrepreneuriat

Mais il existe aussi des solutions que l'on n'attendait pas. On pensait que les seniors et les technologies étaient irréconciliables. Faux ! Tout d'abord les seniors de demain sont nés avec l'arrivée des réseaux sociaux et d'internet et s'en servent parfaitement bien. D'autre part, et c'est passionnant, le principal ressort de consommation sur internet ce sont.....les seniors ! Les dernières études montrent qu'ils représentent non seulement l'essentiel des acheteurs, mais les seuls dont le budget continue à croître. Qui peut imaginer qu'il ne faudra pas des seniors dans la net économie, afin qu'elle soit plus nette pour eux et pour l'économie. Les géants du numériques vont devoir attirer ceux qui vont attirer leurs pairs sur internet.

Dernière ressource celle de l'essaimage. Les seniors ont la capacité à créer et surtout à reprendre des entreprises. Il nous faut au plus vite exploiter ce filon avant que les mineurs soient emportés par le grisou du désespoir. En clair, les seniors ne sont pas ces retraités oisifs qui colonisent la Côte d'Azur, mais ils peuvent être à la fois la demande et l'offre du marché. Sa compétence, son expérience et son ressort. Et ils le veulent, ils veulent exister et participer, mettre leur savoir-faire et leur argent, non pas sous un matelas, mais dans notre économie. Ouvrons la porte à la carte « Silver » afin que la société devienne « gold »


*Denis Jacquet est le président de l'association de promotion de l'entrepreneuriat Parrainer la croissance. Jean-Paul Betbèze est un économiste, membre du Cercle des économistes.

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Commentaires
a écrit le 17/07/2013 à 13:46 :
Enfin un article réaliste sur le sujet! 58 balais, l'apparence d'un quadra, mais les PME/PMI françaises ne voulaient pas de moi... Tant pis pour elles, c'est une PMI Suisse qui se payent mes services, et ils en sont très contents... Ils parlent même de promotion me concernant!
Et c'est bien là le profond malaise: les patrons de PME françaises n'ont pour la plupart pas compris que les compétences qu'ils recherchent sont disponibles, et pas aussi cher qu'ils se l'imaginent. Mais aveuglés par le jeunisme et la pensée unique, ils ne savent plus regarder...
a écrit le 17/07/2013 à 13:42 :
Il faut surtout rééquilibrer la balance économique entre jeunes et sénior. Et au vue de la prochaine réforme des retraite qui prévoient encore de léser les actifs...

Et vu que le socle électoral de l'UMPS sont les babyboomers, nous ne sommes pas prêt de voir un changement...
a écrit le 17/07/2013 à 10:35 :
Je ne vois pas mes revenus augmenter mais plutôt diminuer.
Merci François.
a écrit le 17/07/2013 à 8:49 :
on attend M.Gataz sur ces sujets.
a écrit le 17/07/2013 à 8:04 :
Pourquoi mettre des limites ?
Notre fille est née en mai 2013 et en avril j'ai fêté mon 69ème anniversaire...
J'aime bosser aussi !

a écrit le 17/07/2013 à 7:40 :
Le francais gavé au RTT , a 35h/ semaine , a l'esprit Syndicaliste et étroit d'esprit va avoir du mal a s'y faire...
a écrit le 16/07/2013 à 21:18 :
J'adore mon job à 66 balais,
Pourquoi arrêter dans ces conditions ?
Mes copains qui ont arrêté à 60 sont vieux, moi plein de projets.
Je me sens normal et jeune !
Si j'arrête aujourd'hui, je sens l'odeur du sapin !
Mais, c'est vrai que n'est pas forcément le cas pour tout le monde.
Donc, pas d'obligations uniformes et de la souplesse !
GG
a écrit le 16/07/2013 à 19:35 :
Pourquoi ne pas supprimer cette retraite qui nous coûte si cher et qu'on ne peut plus payer ?
Réponse de le 16/07/2013 à 20:25 :
Moi aussi je rêve de mourir sur mon lieu de travail
Réponse de le 16/07/2013 à 23:37 :
Tel Molière qui est mort après une représentation du malade imaginaire seriez vous un travailleur imaginaire ?

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