Le rythme du désendettement, ou un plan A' au petit pied

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(Crédits : Reuters)
Alors que les banques européennes accumulent les titres souverains, et que les marchés rêvent d'un Quantitative easing européen, les gouvernement, y compris celui de la France, se font à l'idée de politiques durablement récessives. par François Leclerc, journaliste

« Les récents résultats économiques de la Grèce prouvent que la voie suivie était la bonne » a affirmé dimanche dernier dans le quotidien grec Kathimerini Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, alors que la presse grecque annonce que le gouvernement s'apprête à revenir sur le marché des capitaux avec des émissions à long terme, ce dernier démentant toutefois avoir l'intention de s'y rendre avant l'été (on le comprend : le taux à 10 ans dépasse toujours les 6%). Six ans de récession ont effectivement fait perdre au pays plus d'un quart de son PIB ainsi qu'un million d'emplois, une incontestable réussite dont peuvent se prévaloir les autorités européennes, comme si de rien n'était.

Les banques européennes accumulent les titres souverains

Qui vont être les investisseurs qui, ainsi qu'au Portugal, pourraient éponger ces émissions ? Les banques nationales des pays émetteurs au premier chef, qui profitent de l'important différentiel de taux entre la dette de leur pays et les liquidités qu'elles empruntent à la BCE, délaissant le crédit aux entreprises moins rentable, et plus risqué en période déflationniste. Selon les données publiées par celle-ci, les banques européennes n'ont jamais détenu autant de titres souverains de leur propre pays, tout particulièrement en Italie, Espagne, Slovénie et au Portugal. Avec comme effet de renforcer le lien qui unit la dette des États et celle des banques, et de fragiliser les uns comme les autres en cas de hausse des taux obligataires. A quoi tient l'accalmie enregistrée sur le marché de la dette souveraine ? A une promesse d'intervention de la BCE si les choses tournent mal, peut-être, mais à l'espérance de gains immédiats, plus certainement !

Les marchés rêvent d'un Quantitative easing européen

Comment la dette souveraine va-t-elle être traitée dans le cadre de l'examen des actifs bancaires de la banque centrale ? C'est un sujet sur lequel elle ne s'épanche pas, préférant focaliser l'attention sur son nouvel axe de communication, l'éventuelle opération massive d'actifs à laquelle elle se préparerait (Quantitative easing), estimant cependant que les conditions n'en sont pas réunies. Le seront-elles jamais, quand l'inflation est à 0,5% en zone euro ? Le mal serait nécessaire, et la seule chose à faire est de consolider les banques, doit-on comprendre.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a bénéficié d'une fuite accréditant cette opération de relations publiques. La BCE, dont le quotidien est considéré comme le journal officieux, s'est bien gardée de démentir, elle étudierait le montant d'une opération de création monétaire destinée à rapprocher le taux d'inflation de sa cible d'objectif et l'aurait chiffré à mille milliards d'euros. De quoi, font observer les mauvais esprits, récupérer les titres souverains dont les banques se sont lourdement lestées et transférer leur risque à la BCE, si d'aventure elle passe un jour à l'acte. Dans l'immédiat, cela fait rêver les marchés, qui en attendent de nouveaux financements de leurs activités spéculatives, et qu'il ne faut pas désespérer.

Des pressions récessives durables

Ces considérations éloignent du sujet brûlant du moment : l'assouplissement des contraintes de réduction du déficit public grâce à un réaménagement de son calendrier. Cela ne vaudra pas changement de politique, car la négociation qui s'entame va reposer sur du donnant-donnant, et d'autres engagements vont devoir être donnés pour l'obtenir. Le plan A' aura mis du temps à trouver ses couleurs, mais il ne va pas donner beaucoup de mou à la laisse.

Sans le proclamer sur les toits, les dirigeants européens se sont fait à l'idée que la relance n'était pas pour demain et que les pressions récessive et déflationniste actuelles étaient durables. Rivés à leurs certitudes, ils continuent de fonder leur espoir dans l'idée que le système bancaire - qu'ils entourent toujours de leurs meilleures attentions - va lentement se remettre et les sortir d'affaire. Mais l'ersatz d'union bancaire à laquelle ils sont parvenus témoigne de leur incapacité à prendre la mesure de la crise financière et à y répondre adéquatement. Avec comme seule alternative de continuer à dissimuler ce qui devrait faire l'objet d'une opération vérité.

Sur quelle idée brillante s'appuie le plan A' qui, forcé et contraint, pourrait prendre quelque consistance ? Sans surprise, sur celle qu'il faut gagner du temps et en attendant continuer à lentement serrer la vis. La digue plie mais ne cède pas, pouvant soit encourager ceux qui ont exprimé leur rejet du plan A, soit laisser espérer qu'il ne sera pas allé plus loin dans l'austérité, pour s'en contenter. Tout dépendra de l'alternative qui sera proposée.

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a écrit le 08/04/2014 à 14:24 :
Si l'Etat siphonne les ressources, à ce niveau de dette point de croissance donc point d'emploi... ne faut-il pas rembourser massivement en tapant dans les assurances vie et baisser l'intérêt pour investir en recherche innovation, avec applications concrètes en production! si notre bourse appartient à presque 50% à l'étranger n'est-ce pas révélateur d'un problème de financement?
a écrit le 08/04/2014 à 12:22 :
Très bon article
a écrit le 08/04/2014 à 9:47 :
Contrairement à ce que certains croient, même les États remboursent leurs dettes ! D'ailleurs, qui sait que l'emprunt russe a été remboursé ?...
Réponse de le 08/04/2014 à 12:28 :
Et QUI sait que seul l'Equateur a répudié sa mauvaise dette..??
a écrit le 08/04/2014 à 9:43 :
Rembourser est un concept civil entre particuliers qui ne vaut pas pour l'état car par définition l'état est propriètaire de tout .Donc l'austérité est voulu par des politiques pas par l'état souverain qui peut décider demain que la dette n'est plus remboursé et que celui qui n'est pas d'accord fasse un procès,on lui enverra les chars pour le convaincre.
Réponse de le 08/04/2014 à 11:54 :
Dans une certaine mesure, c'est vrai. Mais c'est aussi faux. Un état qui ne paie pas ses dettes a des difficultés à financer ses échanges internationaux. Tous les pays ont des chars.
a écrit le 08/04/2014 à 9:38 :
La France in fine ne remboursera jamais sa dette .C'est une Chaine de Ponzi,le tout est de savoir quand ca va s'effondrer volontairement car l'état refuse de payer plus longtemps ou involontairement car plus personne ne veut preter de l'argent de peur d'etre dans les derniers.Mais tout le monde croit savoir qu'il y aura toujours un suivant pour rembourser le prêt d'avant.Ou alors on prendra l'argent des sujets citoyens la ou il est comme l'ont fait les rois depuis 2000 ans car ils ont la force qui primera toujours le droit de propriété
Réponse de le 08/04/2014 à 10:17 :
Merci Yoyo / je partage cet avis
mais que faire contre ce système ?
nous avosn des dettes à rembourser,
il faut préparer notre retraite, penser à mettre de côté pour les enfants, donc économiser...

au final il nous faut faire confiance en l'état ou du moins espérer ne pas être trop spolié à terme..

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