Grands groupes et start-up : le mariage d’avenir

Malgré le retour du capital-risque, les grandes entreprises demeurent frileuses à investir dans les start-up. Pourtant, elles ont tout à y gagner. Par Sabine Fillias, Directrice Générale de Chausson Finance, conseil en levée de fonds pour les entreprises innovantes.
(Crédits : Reuters)

Avec 911 millions d'euros investis en 2013, le capital-risque français retrouve des couleurs après deux années consécutives de baisse des investissements dans les entreprises innovantes. Cette embellie de 2013 aura permis à plus de 700 entreprises de financer leur forte croissance.

Malgré cet envol qui devrait encourager les espoirs des entrepreneurs hexagonaux, financer sa croissance demeure un parcours du combattant. Les capitaux restent rares, alors même que le nombre de nouvelles entreprises créées explose.

Quant au financement bancaire, il reste bien souvent une vue de l'esprit pour des entreprises certes extrêmement prometteuses mais qui n'ont le plus souvent pas encore atteint le seuil de rentabilité. La compétition pour cette ressource essentielle que sont les capitaux n'a donc jamais été aussi rude.


Faire croître le capital-risque en France

Pourtant, au-delà des fonds d'investissement, il existe un type d'acteurs qui outre-Atlantique assure 16% des investissements en capital-risque : ce sont les « corporate », c'est-à-dire les grandes entreprises, par opposition aux financiers dont le métier est l'investissement. En France, ils représentent seulement 5% des fonds investis en capital-risque.

Ces derniers temps, la France connaît cependant un frémissement prometteur de l'intérêt des corporate pour l'investissement : Orange et Publicis ont choisi Iris Capital pour gérer leur fonds de €150m. Casino et Edenred ont investi dans le dernier fonds de Partech, Seb a créé son propre fonds SebAlliance et Alstom, Schneider Electric et Solvay se sont réunis pour créer Aster Capital.


Des groupes au coeur de l'innovation 

Pourtant qui mieux que des entreprises pour soutenir le développement d'autres entreprises ? Car à l'image des fonds d'entrepreneurs, les corporate apportent à leurs participations bien plus que de l'argent : du savoir-faire, des réseaux, un client !

Les start-ups ne sont pas seules à y trouver un intérêt : non seulement l'investissement dans des entreprises innovantes peut s'avérer un excellent calcul financer, mais il permet surtout aux groupes de se retrouver au cœur de l'innovation, là où l'avenir s'ébauche. Et ces start-ups légères viennent bousculer l'organisation des groupes pour y faire entrer l'esprit d'agilité qui les caractérise.


Les bénéfices l'emportent sur les risques

C'est la belle histoire de Sequans Communications, fabriquant français de puces mobiles : accueillir Alcatel-Lucent et Motorola Venture à son capital lui a permis d'attaquer plus rapidement de nouveaux marchés. La société est désormais cotée à la bourse de New-York et présente régulièrement des innovations basées sur les technologies d'Alcatel-Lucent.

Avec les nouvelles mesures fiscales permettant aux investisseurs corporate d'amortir sur cinq ans leurs investissements dans des entreprises innovantes, les bénéfices l'emportent désormais très largement sur les risques.

Alors Mesdames et Messieurs les Corporates, préparez l'avenir de vos groupes tout autant que celui de la France, investissez dans les jeunes pousses françaises !

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