Quatre stratégies contre la pénurie de talents dans la high tech

 |   |  893  mots
(Crédits : <small>DR / Source Google, septembre 2012</small>)
Comment faire face à la crise des talents dans la high tech, à l'inadéquation entre des candidats pas toujours au niveau et des demandes pointues des entreprises? par Emmanuel Stanislas, fondateur de Clémentine, cabinet de recrutement spécialiste du digital et de l'IT

Dans une dynamique économique incertaine, le marché de l'informatique progresse, lui, à vitesse effrénée. Porté par un rythme de changements accéléré, repoussant les limites de l'innovation, les évolutions informatiques dites disruptives, car modifiant profondément le fonctionnement social et organisationnel des entreprises, n'ont de cesse de se complexifier. Et c'est dans ce contexte de pleine mutation que la pénurie de talents prend aujourd'hui tout son sens. Voici 4 stratégies RH qui permettront de contrer le phénomène...
Cloud, virtualisation, Big Data, objets connectés, robotique avancée, ... font la promesse d'un monde agile et performant, dont le pilier reste bien sûr la logique économique. Attirées par ces formidables perspectives, les entreprises veulent y investir leur temps, leur argent et leurs ressources. Mais, au-delà d'une simple acquisition de technologies, c'est des compétences d'hommes et de femmes pour les appréhender dont elles ont surtout besoin.

C'est ici qu'émerge une problématique de taille : la pénurie de talents IT ! Posséder les bonnes ressources capables de compétences technologiques spécifiques semble être aujourd'hui un casse tête pour les entreprises du monde entier. En témoigne, la campagne mondiale "l'Heure de code" qui a récemment invité des personnalités, dont le président Obama, à s'essayer à la programmation et dont la finalité était de promouvoir l'informatique, face à un déficit de développeurs et d'ingénieurs qualifiés aux Etats-Unis...


Les métiers et compétences IT de demain

Mais qui sont donc ces nouveaux professionnels convoités par les entreprises ? Dans son dernier référentiel des Métiers, l'APEC recense 12 profils IT émergents. De l'urbaniste du système d'information en passant par le Data Scientist, le développeur web, le growth hacker ou encore l'ingénieur en métrologie du SI, ces nouveaux métiers ou évolutions de compétences font aujourd'hui défaut aux entreprises. Avec, selon le MUNCI, 76 000 demandeurs d'emploi dans l'informatique en France pour la seule année 2013, il ne reste plus, me direz-vous, qu'à corréler l'offre et la demande. Pourtant, tout n'est pas si simple.


Crise de talents... et quête du "Mr Parfait", un vœu pieux ?

Exacerbée par la vitesse des transformations technologiques, cette crise de talents sur le marché de l'emploi IT est portée principalement par une inadéquation entre l'offre et la demande, une baisse de la qualité globale des candidatures, de plus grands délais de recrutement ou encore la rareté de certains profils.

La difficulté de trouver le candidat recherché est également inhérente au fait que les entreprises se limitent au champ restrictif de leurs offres d'emploi et perdent du temps à attendre le "Mister Parfait" dont le profil doit impérativement se superposer aux compétences requises sur le papier.

Assouplir les processus de recrutement

Comment alors contrer ce phénomène ? Avec l'arrivée en force de la génération Y, cette main d'œuvre ultra connectée et ambitieuse, une véritable réflexion sur une gestion des compétences multi générationnelles fera sens sur le long terme et à tous les niveaux de l'entreprise. Les sociétés devront d'un part, investir pour attirer les talents, les garder et répondre à leurs besoins et d'autre part assouplir leurs processus de recrutements, en se tournant vers des candidats dits "évolutifs" présentant de réelles aptitudes et dont les valeurs correspondent à la vision et la culture de l'entreprise.

Quatre stratégies RH gagnantes pour contrer le phénomène

1/ La collaboration avec le système éducatif
Face à une logique de mondialisation, de complexité technologique et d'évolution des métiers, les écoles se mettent de plus en plus en adéquation avec les besoins des entreprises. Tournez-vous vers le système éducatif en mettant en place des cursus professionnels ou académiques spécifiques pour atteindre une plus large audience de ressources potentielles.
2/ Les programmes de formations internes
Dans un monde où les compétences ont une durée de vie moyenne entre 2 et 5 ans, créez des pépinières afin de former en interne les futurs spécialistes dont vous aurez besoin. Ceci favorisera la transversalité des compétences, les plans de carrière et créera un pipeline interne de talents.
3/ Travaillez sur la marque employeur : soyez connu !
Face à des collaborateurs sur-informés, ultra connectés et volatiles, l'entreprise a besoin d'adapter ses méthodes de gouvernance aux nouveaux modes de fonctionnement de la société. Si vous n'êtes pas Apple ou EADS, communiquez sur l'aventure professionnelle et humaine que vous proposez, donnez à comprendre vos besoins et vos métiers et développez une culture d'entreprise qui soit ouverte, transparente et innovante, dotée d'un savoir-être et d'un savoir-faire différenciant.
4/ Recrutement 2.0 et sourcing
Développez des techniques innovantes de recrutement et notamment du sourcing pour la recherche et l'identification de talents. Des actions poussées sur les réseaux sociaux, l'encouragement de la cooptation au sein de vos équipes ou encore l'animation de communautés bien spécifiques, ... permettront de toucher des candidats "passifs" et vous ouvrir à une plus grande audience de ressources.

Alors, crise des talents IT : mythe ou réalité ? Si elle semble déplorée par beaucoup d'entreprises, son impact pourra cependant être atténué via des stratégies RH, innovantes et créatrices de valeur !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/01/2015 à 11:34 :
Faire ingénieur en informatique quand on a un cerveau en 2014. C'est un paradoxe.
Il faudrait être à la fois idiot et intelligent, hyper passionné, et capable de faire des trucs supers chiants à 100% du temps...
C'est payé rien, et tu bosses 10 ans. après tu crèves. 28->38 ans. On n'est pas en 1985.
En plus, t'es considéré comme de la m....

On est en France, on ne développe pas. On fait de l'intégration de ce que les autres ont développé. On fait de la politique. On n'innove pas, on repompe en retard. On récupère des subventions et on pressure les salaires.
On fait des SSII plutot que de faire des Microsoft & Google & Yahoo & Oracle & ...
Les SSII elles font 20% de marge sur le salaire de l'ingé en informatique.
Donc, le salaire ne doit pas dépasser 38K€.

Ne faites pas d'informatique tant qu'il existe des SSII en France.
Je sais exactement de quoi je parle. Exactement. J'ai 25 ans de carrière. et pas des moindres, et je suis impressionné par l'immense gâchi qui caractérise ce secteur.
Surtout, faites n'importe quoi, mais pas d'informatique.
Réponse de le 31/01/2015 à 13:03 :
"Ne faites pas d'informatique tant qu'il existe des SSII en France." : Je conseillerais plutôt d'éviter les SSII.
"On fait des SSII plutot que de faire des Microsoft & Google & Yahoo & Oracle & ... " : Ces boites ont des antennes en France (j'ai vu de la R&D assez intéressante chez MS). De même, il y a des structures de taille plus modestes font elles aussi des choses intéressantes : Sensio avec symfony par exemple. Il y a des hordes de petits éditeurs qui font des logiciels à façon.
Le problème est ailleurs :
- Les salaires des développeurs sont minables en comparaison des efforts à fournir pour être un bon développeur.
- Rester dans la technique est mal perçu : Une fois qu'ils savent développer, ils sont nombreux à se retrouver à faire de la gestion de personnel.
a écrit le 30/01/2015 à 18:20 :
les contrats d'apprentissages existent même a ce niveau, il faut juste de la volonté de la part des patrons qui espèrent toujours du tout cuit sans former les gens !
a écrit le 30/01/2015 à 16:15 :
Exemple type vecu pour des recrutements de profils specialises aux US et en France:
- C'est un gars de 50 ans que est hyper pointu dans ce domaine, il travaille sur mission, n'est pas interesse par le management. Il coute $120,000, mais il va nous faire gagner 6 mois, donc au moins le double, c'est bon, on le prend

- C'est une fille qui connait a la fois la partie technique et le business, exactement ce qu'il nous fait pour accelerer le developpement. Elle coute combien? €50000. Ah non, un informaticien ca ne vaut pas plus que €40000...
Réponse de le 30/01/2015 à 17:57 :
Différents profils impliquent différents salaires, c'est le secteur privé pas la fonction publique...
Réponse de le 01/02/2015 à 12:37 :
"c'est le secteur privé pas la fonction publique... " : Les primes, conspuées par les défenseurs de la prise en compte de la seule ancienneté, sont justement là pour ça.
a écrit le 30/01/2015 à 15:06 :
En 1988, je suis allé présenter chez ACMA-Renault, le modèle de controle d'axe robot Master-Vernierque nous avions développé en Suisse. Un ingénieur en chef, polytechnicien,
m'a fait la démonstration sur le papier et selon ses théories que ce système ne pouvait pas marcher. Petit problème, nous avions déjà livré à ASEA/ABB en Suède et à 3 autres clients
en Allemagne et au Japon quelques centaines de ces systèmes et nos carnets de commande étaient pleins. Système standard aujourd'hui en robotique
a écrit le 30/01/2015 à 15:05 :
Cet article oublie la vraie stratégie numéro 1 : proposer un salaire attractif et un CDI. Le reste est bien moins important.
a écrit le 30/01/2015 à 14:04 :
cet article n'a pas de sens
si déjà les RH savait ce que c'est que DOS ou java ou html
c'est le métier le plus télétravaillable et le plus auto formable
et on trouve personne? et tous ces chomeurs?
si on est pret à apprendre l'informatique à l'école, c'est bien que c'est relativement simple d'y mettre un pied dans l'informatique non
quand dira-t-on qu'il vole leur client et bafoue le droit du travail?
a écrit le 30/01/2015 à 13:54 :
"Comment faire face à la crise des talents dans la high tech, à l'inadéquation entre des candidats pas toujours au niveau et des demandes pointues des entreprises?"

Que peut savoir du niveau des candidats un cabinet de recrutement dont l'unique spécialité informatique est la collecte de CV au sein d'une base de donnée afin de vendre des profils (obtenus gratuitement) aux entreprises?
a écrit le 30/01/2015 à 13:01 :
Il n'y a qu'à voir les salaires minables proposés en France pour les postes dans le développement informatique. Et ceci bien entendu en région parisienne: vous êtes alors condamné à vivre dans une cage à lapin et avec une qualité de vie minable, après avoir fait de longues et difficiles études. Autant partir à l'étranger ou se reconvertir dans un métier qui embauche en région.
Réponse de le 30/01/2015 à 15:07 :
Oui, bien-sûr : très surprenant ces soit disant spécialistes du recrutement qui ne parlent jamais de salaire !!! Ont-ils les yeux en face dse trous ???
Réponse de le 30/01/2015 à 15:47 :
Clairement vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez, c'est aberrant.
Après 5 ans d'études ingénieur, un bon informaticien peut prétendre à 40k€ annuel en france.
Réponse de le 30/01/2015 à 18:02 :
@Anonymousse

Il faudrait arrêter de lire bêtement les fiches métiers non actualisées des centres de documentation du ministère de l'éducation nationale. Il n'y a que dans la fonction publique où le niveau d'étude détermine le salaire. Dans le privé même le plus compétent des développeurs peut prétendre au SMIC si la startup qui l'emploie n'a pas le cash ou les profits nécessaires pour le rémunérer à la hauteur de ses prétentions salariales.
Réponse de le 31/01/2015 à 0:40 :
4K€ c'est un salaire minable (en IDF): çà fait 2500€ net/mois (sans compter l'impot sur le revenu of course), soit la joie de louer un logement pour maximum 850, soit un studio à Paris et au mieux un 2 pièce en IDF (car encore une fois, tous ces merveilleux emplois 'high tech' sont dans cette région).
Si pour vous vivre dans un 2 pièces ou un studio, c'est la preuve d'un bon salaire, il faut vous soigner.
Réponse de le 01/02/2015 à 6:19 :
Quand on constate que 90% des offres en informatique sont en région parisienne, la région la plus chère, polluée, stressante, délinquante de France, on comprend mieux pourquoi personne ne veut y aller. Quand la France sera guérie de son parisianisme, les poules auront des dents.
Réponse de le 07/02/2015 à 12:07 :
Le rapport salaire horaire / ( études + effort mental + effort d'auto apprentissage permanent) font du métier de développeur une mauvaise affaire. Je plafonne à 60 K € après 10 ans alors que des copains de promos qui ont choisi le technico-commercial sont autours de 100 K €. La raison? Le développement est fait en grande partie en Inde pour une bouchée de pain + onshore de masse (quasiment la moitié des déveoppeurs en IDF sont du maghreb / Roumanie / Vietnam).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :