Plus de pouvoir d'achat et de consommation en 2015

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, quel pouvoir d'achat et consommation en 2015?

Le pouvoir d'achat des ménages reprend un peu de lustre. Pas trop du côté ressources, c'est à dire des revenus. Non, la masse salariale restera sous contrainte forte car salaire et emploi resteront bloqués une grande partie de l'année.

On le sait, depuis 10 ans, il faut passer le seuil de 1% de croissance sur deux trimestres consécutifs pour relancer la « job machine française ». Or l'arrière fond de croissance que nous prévoyons pour 2015, même si nous le rehaussons, compte tenu de la dégringolade du pétrole, de la chute de l'euro, des taux aux planchers et de l'assouplissement des positions de la Commission européenne, nous permet d'envisager au mieux une stabilisation de l'emploi marchand. Une bonne performance, compte tenu des délais d'ajustements.

Coté salaire, là aussi pas de miracles à attendre

La dynamique s'est affaissée comme le montre l'évolution du salaire mensuel de base, autrement dit, la hausse constatée par un salarié sur sa feuille de paie, hors primes et évolution de carrière.

Le compteur indique 1,4% seulement, son plus bas niveau depuis le début des années 2000, et la décélération devrait se poursuivre tout au long de 2015.

Et il ne faudra pas compter sur les autres sources de revenus pour inverser la tendance entre le gel des pensions retraite prolongé jusqu'au 1er octobre 2015, la modulation des prestations familiales, etc. toutes les ressources des ménages resteront sous fortes pressions en 2015. En Face, la fiscalité sera plus neutre et ne devrait plus plomber le pouvoir d'achat

Le bilan d'ensemble reste donc teinté de gris pour les ressources. En revanche, côté dépenses les couleurs reviennent... grâce à la baisse prolongée du prix du pétrole.

Les prix à la pompe baissent

Cela fait maintenant plus de 7 mois que le cours du brut dégringole et même en intégrant la chute de l'euro face au dollar, le recul atteint plus de 50% par rapport aux derniers points hauts. Bilan, les prix à la pompe baissent. Ils sont passés pour un litre de Super 95 de 1,54 € le litre fin juin à 1,26 environ (- 18%). Pour le gazole, malgré une taxation en hausse, le prix du litre est tombé à 1 euro 10 (-17% par rapport à son dernier point haut). Pour le fioul domestique, c'est encore plus impressionnant, la chute dépasse 24%.

Pour une cuve de fioul de 2.000 litres, l'économie faite entre juin et janvier représente près de 430 euros. Sous l'hypothèse du maintien des prix à leur niveau actuel sur l'ensemble de l'année, la baisse atteindrait 18% en moyenne. Sur un poste qui pèse près de 50 milliards d'euros, l'économie approche les 9 milliards d'euros. Un gain de 0,7% de pouvoir d'achat.

A cela il faut ajouter l'effet de diffusion de cette baisse sur les autres produits qui l'emportera probablement sur le renchérissement des prix des biens importés, lié à la chute de l'euro. Dans un contexte de faible croissance, il est probable que les exportateurs rogneront leurs marges et reporteront la baisse du prix de leurs intrants.

Du pouvoir d'achat pour d'autres dépenses

Et c'est peut être pourquoi, contre tout attente, le climat des affaires a brutalement rebondi dans le commerce de détail et d'automobile et est repassé au dessus de sa moyenne de long terme.  Des commerçants confiants dans l'avenir, dont les ventes prévues sont aussi en hausse tout comme leurs intentions de commandes. Un coup de pouce bien venu apte à faire décoller la consommation et arracher véritablement l'économie française de la stagnation.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2015 à 19:42 :
"Plus de pouvoir d'achat et de consommation en 2015"
Ça fonctionne aussi en commençant avec "aucun, pas"

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