Assises de l'Eau : le compte n'y est pas !
Bruno Cavagné, Alain Grizaud et Jean-Luc Ventura

Photo d'illustration
Pixabay / CC
Bruno Cavagné, Alain Grizaud et Jean-Luc Ventura

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Fédérations professionnelles engagées dans la construction et l'entretien de nos infrastructures d'eau et d'assainissement, nous exerçons nos métiers avec passion et c'est cette même passion qui nous conduit aujourd'hui à tirer le signal d'alarme. Le modèle économique de l'eau est en péril car l'équation financière est loin d'être soutenable. Nous n'avons cessé d'alerter ces dernières semaines sur le manque d'investissement dans notre patrimoine de l'eau estimé à 2 à 3 milliards d'euros chaque année en entretien (canalisations, stations de traitement, génie civil, pluvial...). Ce qui est en jeu : l'état de nos infrastructures, leur pérennité, leur sécurité et leur conformité. Au taux actuel de renouvellement de nos canalisations, il faudrait en moyenne 160 ans pour les renouveler entièrement. Le résultat est hélas bien connu des spécialistes : les fuites représentent près d'un litre d'eau sur cinq.
Aujourd'hui, tous les engagements pris par le Gouvernement pour préserver les ressources en eau dans notre pays seront financés par les factures d'eau payées par nos concitoyens. Ce modèle économique n'est pas soutenable !Il le sera d'autant moins que l'accent mis sur les nécessaires économies d'eau risque de rétrécir fortement l'assiette de financement. En conséquence, et à moins d'une réévaluation rationnelle du prix de l'eau, ce rétrécissement de l'assiette conduira inévitablement les collectivités à reporter leurs investissements dans leurs infrastructures ; investissements qui n'ont pourtant jamais été aussi urgents.
Entre ambitions accrues et moyens qui semblent demeurer constants, voire en baisse, les Assises de l'Eau dessinent une équation financière qui n'est pas tenable pour les collectivités. Celles-ci ne pourront que solliciter les entreprises de l'eau pour tenter de résoudre une situation inextricable en terme de commande publique. Ainsi, si elles se concrétisent, les orientations des Assises pourraient paradoxalement mettre en danger les entreprises de l'eau. Très tendue à l'heure actuelle, leur situation financière expose nos entreprises à des cessions comme en témoigne, encore récemment, le choix du groupe Saint Gobain avec sa filiale PAM.
Elles passent notamment par le renforcement d'urgence du principe de pollueur-payeur ou la réévaluation de façon cohérente du prix du m3 d'eau, principal élément constitutif du modèle économique de l'eau en France.
Comme l'a justement souligné le ministère de la Transition écologique, lors d'une récente conférence de presse :
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Bruno Cavagné, Président de la FNTP ; Alain Grizaud, Président des Canalisateurs ; et Jean-Luc Ventura, Président de l'Union des industries de l'eau.
Bruno Cavagné, Alain Grizaud et Jean-Luc Ventura