Brexit : débâcle ou triomphe d'un capitalisme sans foi ni loi ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, débâcle ou triomphe d'un capitalisme sans foi ni loi du Brexit ?

Le Brexit est un échec. La messe est dite pour beaucoup. Le Royaume-Uni, par son repli, sape ce qui faisait le fondement même de sa croissance : son attractivité, aussi bien sur le plan des capitaux, que sur celui des hommes. La croissance britannique marque d'ailleurs déjà le pas.

Mais ne sommes-nous pas en train d'enterrer un peu trop vite l'économie britannique, prise dans les affres financières et juridiques du Brexit ? Le coût de sortie est indéniable. Il est aggravé par le fait que le pays a déjà épuisé tous les leviers de soutien à son économie et arrive au bout d'une logique. Mais est-on si sûr que, désentravée de toute une série d'obligations européennes, l'économie britannique s'en trouve plus mal à terme ?

Car c'est bien un tournant politique majeur qui est en train de s'esquisser Outre-Manche et qui fait écho à ce qui se passe Outre Atlantique. Un tournant qui rappelle celui des années Thatcher-Reagan par son ampleur. Même si la connivence entre les leaders, n'est pas la même aujourd'hui qu'hier, il y a bien une similitude entre ce qui se passe dans l'Amérique de Trump et le Royaume-Uni de Theresa  May et de Boris Johnson.

Au slogan America first, le Royaume-Unie répond Britain first

Au cœur du processus, une volonté de repousser toujours plus loin les obstacles qui pèsent sur le libre jeu des affaires. Sous Thatcher et Reagan, c'étaient surtout les syndicats et avec eux les rigidités du marché du travail qu'il fallait dynamiter. Aujourd'hui ce sont les astreintes liées à la coordination internationale dont ces deux pays souhaitent s'abstraire (au moins partiellement) : les normes environnementales et sanitaires contraignantes, les normes prudentielles concernant la sphère financière, et les obligations de réciprocité ou de concurrence non faussée inhérentes à la libre circulation des hommes et des marchandises.

Ces économies ne deviennent pas protectionnistes ou dirigistes. Le dogme libéral demeure, avec pour priorité de faciliter la vie des affaires en allégeant les normes et la fiscalité.

C'est une accélération qui s'inscrit dans le prolongement de la vague ultra-libérale des années 79-80, que les pays anglo-saxons, États-Unis en tête, n'ont eu de cesse d'exporter afin de déverrouiller les marchés. Tout le monde à l'époque, de l'Europe aux États-Unis, misait sur l'édification d'un grand marché mondial, ou européen, pour démultiplier les opportunités de débouchés pour les économies avancées arrivées à saturation en termes d'équipement des ménages. Personne alors n'avait anticipé l'ampleur du tsunami côté offre : l'hyper-abondance de biens qu'a générée l'irruption de nouveau producteurs, avec pour effet collatéral une pression permanente à la baisse sur les prix et l'éviction des productions des pays avancés.

Libéralisme sans foi ni loi

Et c'est précisément à cela que s'attaque la révolution « turbo-libérale » de 2017 : à l'heure où s'allonge la facture de la prédation sociale et environnementale, et alors même que le besoin de rééquilibrer le rapport de force entre travail et capital n'a jamais été aussi manifeste, les fers de lance de la révolution ultra-libérale quittent la table, renoncent  aux obligations de réciprocité et jouent le chacun pour soi. Alors même que l'on pouvait s'attendre à un retour de balancier en faveur d'un État plus social, plus environnemental, plus soucieux de l'intérêt général, c'est tout le contraire qui s'esquisse. Un libéralisme plus décomplexé encore que le précédent.

Ce libéralisme-là est sans foi ni loi. Business first, il s'émancipe de tout ce qui dérange : la fiscalité, les normes environnementales, les velléités de coordination. Cela sonne comme une fuite en avant vers le gouffre, mais ce serait une erreur de parier sur son échec, comme l'avaient fait les commentateurs à l'époque de Reagan et Thatcher, à l'aune des premiers chiffres désastreux de ces deux expériences au plan conjoncturel. Le risque, et la plus forte probabilité, c'est que cela marche. Et à regarder les données de la Bourse, il semble que cette croyance est plutôt partagée.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 26/12/2017 à 14:37 :
Navrant .
Etudes et articles documentés , c est toujours à la conclusion que les idéologies surgissent .
Il est vrai que pour réécrire l histoire il faut que du temps passe .
a écrit le 21/12/2017 à 12:24 :
Pour améliorer la balance commerciale , je propose de légaliser l'exportation d'heroine et autres drogues divers comme l'a fait l'angleterre pour réequilibrer sa balance commerciale avec la chine en 1850 (les différentes guerres de l'opium).
Avec un peu de marketing viral, les ventes seront à bon niveau ( comme ils ont été efficaces pour rééquilibrer la balance commerciale de l'empire britanique avec la chine à l'époque ) et minera tellement la société américaine ( comme cela a été le cas pour la chine dans le même scénario ) que la suprématie américaine ne sera qu'un souvenir.

Quitte a revenir aux vielles recettes, faisons les choises bien.
PS : tous ces épisodes de chacun pour soit capitaliste se sont terminés par des guerres, et n'est pas dans le sens de l'efficacité globale des processus : des armes n'apportent aucun bienfait aux populations et coutent énormément. Face a une telle attitude américaine, un peu plus de fédéralisme europeen me semble nécessaire
a écrit le 21/12/2017 à 8:58 :
Ouais bon enfin sous May: "Londres augmente le salaire minimum britannique" http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/londres-augmente-le-salaire-minimum-britannique-1062523.html

Sous Cameron:"Le salaire des députés britanniques augmenté de 10 %" http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/16/l-augmentation-controversee-du-salaire-des-deputes-britanniques-de-10_4685937_3214.html

Par ailleurs vous comparez le RU avec reagan et Thatcher alors que l'UE suit exactement le même dogme, le fameux "TINA", il n'y a pas d'alternative il faut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

ALors peut-être que l'UE parle plus de l’environnement, tout comme la Chine mais bon ça parler c'est pas difficile ça fait des années qu'ils parlent et que rien n'avance sauf la marge bénéficiaire des actionnaires et leur revenu sur le dos de la croissance mondiale et des citoyens du monde.

Tandis que le sage montre l'horizon du doigt l'imbécile regarde le doigt. Tandis que les inégalités explosent vous nous montrez que la nature se porte mal, Trump et May, enfin surtout May sont en train oui de libéraliser les affaires mais bon il y en a marre du néolibéralisme, il serait temps que les multinationales puissent se casser la gueule sans que le contribuable n'ai a payer les innombrables incompétences des possédants, mais en même temps, au moins prennent le temps de posez un oeil sur le plus grand nombre en essayant d'augmenter leurs conditions.

L'UE elle n'a qu’austérité à perpétuité à nous imposer alors qu'elle est en feu, alors que l'extrême droite est en train de la renverser.

Merci pour la messe néolibérale mon père mais je suis athée et trouve les messes libérales un peu moins abjectes quand même hein. L'UE est un échec cuisant sur toute la ligne, l'oligarchie européenne a fait une europe du fric pour le fric qui s'est scratchée, venez pas maintenant nous dire que c'est pas entièrement sa faute, enfin celle des politiciens trop corrompus avec le milieu d'affaires.

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