Cinq bonnes raisons de continuer à investir dans le contexte actuel

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(Crédits : Reuters)
OPINION. Avec l'épidémie de Covid-19 et le recours au confinement, les marchés boursiers ont connu l'un des krachs les plus rapides de leur histoire en perdant près de 40% en seulement quatre semaines. Depuis, les places boursières ont rattrapé une partie du terrain perdu. Est-il trop tard pour investir ? Non, et cela pour plusieurs raisons explique dans cette tribune (*) Mark Kepeneghian, fondateur de la fintech Kriptown.
  • Un point d'entrée toujours aussi attractif

Malgré le rebond observé depuis la mi-mars, les marchés européens, notamment le CAC 40 français, restent en repli d'environ 20% par rapport au début d'année. Le potentiel de hausse reste donc important et il ne fait aucun doute que les niveaux actuels peuvent constituer un bon point d'entrée. Si l'on se place dans un horizon de moyen-long terme, la probabilité est forte qu'un investissement en actions réalisé dans la période actuelle se révèle largement profitable d'ici 2 ans ou plus. Pour cela, une bonne solution est d'investir progressivement, par exemple sous la forme d'achats réguliers tous les 15 ou 30 jours, de manière à lisser son point d'entrée sur les prochains mois.

Cette stratégie permet de répondre à l'éventuel risque de rechute des marchés à court terme, qui est loin d'être nul. Les marchés restent en effet très volatiles et peuvent apporter de mauvaises surprises. Les jeunes investisseurs qui se lancent pour la première fois dans cette aventure doivent bien avoir en tête que la Bourse n'est pas un casino. L'important est donc de bâtir une bonne stratégie pour faire face à d'éventuelles pertes momentanées. En plus d'investir progressivement, il est surtout primordial de ne pas investir des sommes dont on pourrait avoir besoin dans les prochains mois.

  • Des risques de faillites limités

Malgré cette prudence qui reste essentielle dans le monde de l'investissement, la crise actuelle ne comporte pas les mêmes risques que celles de 1929 ou 2008. De nombreux États ont en effet décidé de prendre des mesures exceptionnelles pour permettre aux entreprises de passer cette mauvaise période à l'abri du danger. La France s'est particulièrement illustrée dans ce domaine avec le recours massif au chômage partiel et l'instauration des Prêts garantis par l'État (PGE), qui permettent à toutes les entreprises de faire face à leurs éventuelles difficultés en limitant leur risque de faillite.

Lire aussi : Le prêt garanti par l'Etat, comment ça marche ?

De même, le système bancaire et le système financier constituent cette fois une solution au problème, et non l'une de ses causes. La reprise de l'activité après le choc d'offre actuel devrait donc permettre un retour à la normale assez rapide, même si les entreprises resteront plus endettées qu'auparavant.

  • Un endettement absorbé par les banques centrales

Les entreprises ne seront pas les seules à voir leur endettement progresser. La dette des États va également connaître un bond historique, supérieur à celui de la crise de 2008. À l'époque, cette problématique avait entraîné des doutes sur la soutenabilité des dettes souveraines européennes. Pour autant, là encore, la problématique n'est plus la même.

Depuis 2015, la banque centrale européenne (BCE) a pris exemple sur la Fed en supportant la dette des États, mais aussi celle des entreprises. L'institution, qui a le pouvoir de création monétaire, rachète massivement les titres de dette qui circulent sur les marchés en permettant ainsi aux taux d'emprunt de rester très bas en Europe. L'endettement n'est donc plus un problème car il reste très peu coûteux. L'Europe peut ici se référer à l'exemple du Japon, pays très endetté (ratio dette/PIB de 250%) mais où les taux d'emprunt restent au plancher depuis 20 ans.

  • L'émergence de nouvelles opportunités

À l'issue de cette crise, non seulement notre rapport à la dette va changer, mais également notre rapport au télétravail et à la santé. Pour ces raisons, la crise que nous vivons sera créatrice de profonds changements qui se traduisent d'ores et déjà par de nouvelles opportunités boursières.

La situation actuelle est idéale pour les « stock pickers », c'est-à-dire les investisseurs minutieux dans le choix des titres qui composent leur portefeuille. Certaines entreprises bénéficieront à long terme de l'évolution de nos comportements, par exemple dans le secteur des services numériques. La forte volatilité observée sur l'ensemble de la cote crée également des opportunités sur d'autres entreprises plus traditionnelles, devenues sous-valorisées par rapport à leurs fondamentaux. La volatilité se traduit bien sûr par des risques de pertes plus élevés, mais également par des perspectives de gains plus fortes.

  • Investir maintenant, c'est agir contre la crise

Il faut enfin avoir en tête qu'un investissement permet directement ou indirectement de soutenir les entreprises vers lesquelles est dirigée cette épargne. Dans le contexte actuel, ce soutien prend tout son sens car les entreprises en ont besoin. En bénéficiant d'actionnaires confiants, les entreprises pourront se remettre plus rapidement de la crise.

Il est tout à fait compréhensible que certains investisseurs préfèrent sécuriser leur épargne plutôt que de soutenir une entreprise. Accumuler des réserves sur un Livret A, désormais rémunéré à 0,5% par an, n'est toutefois pas forcément le meilleur des choix à faire pour placer son épargne excédentaire et lui donner du sens. On ne pourra donc qu'encourager les investisseurs à rester actifs dans la période actuelle malgré les risques inhérents à l'investissement, en restant à l'affût des opportunités.

Lire aussi : « Le printemps s'accompagnera d'une forte reprise des marchés »

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Commentaires
a écrit le 05/05/2020 à 10:29 :
C'est bien d'avoir indiqué "Opinion" en premier terme de l'article...

Lisez l'horoscope de la semaine, autant de bonnes idées dedans
a écrit le 05/05/2020 à 9:41 :
C'est sûr que les chômeurs, les précaires,
les pauvres et les sans-abri, anciens ou "nouveaux", vont continuer d'investir dans le contexte actuel. Après, force est de constater que, le premier choc passé, la Bourse et la finance se portent très bien. A qui profite le crime ? Ce sont toujours les mêmes, chinois en tête. Décidément, en terme de timing, il tombe vraiment bien ce virus...
Réponse de le 05/05/2020 à 11:17 :
avant le corona, le CAC 40 etait a 6000. Aujourd hui autour de 4200 (soit -20 %).Et c est probablement pas fini (il avait chuté jusqu a 3800). Dire que la finance se porte bien c est assez comique: il y en a qui ont du boire le bouillon

Idem pour les banques, pas mal de societe vont faire faillite -> prets non rembourses. Si la bulle immobiliere explose (pas impossible vu que la recession va tarir le flot acheteur), elles vont se retrouver comme aux USA en 2008 avec des acheteurs qui ne peuvent plus payer et si on saisit leur appartement ca ne suffira pas a payer le credit ...
a écrit le 05/05/2020 à 9:32 :
Super, enfin un article positif pour nous donner confiance en cette période trouble ou les petits investisseurs, comme moi, ont besoin d'être aidés et avoir confiance. Encore !

C'est quand même le rôle d'un journal "économique" comme La Tribune !

Parfois, à lire les récurrentes chroniques et tribunes des Éminents Professeurs de la Faculté d'Economie de Caracas, développants leurs idéologies anti-mondialisation, anti-libérale, anti-système, anti-état, anti-capitaliste et anti-progrès...on pourrait se poser la question ...:-)
a écrit le 05/05/2020 à 9:27 :
C’est irresponsable de pousser les gens à investir en Bourse en ce moment !! Ce n’est nullement un bon point d’entrée, une nouvelle chute est garantie dans les mois à venir !!
Réponse de le 05/05/2020 à 11:19 :
Dans l article c est bien ecrit de lisser en achetant tous les mois et pas d un coup. Et c est aussi irresponsable que les couverture de magasines disant c est lemoment d acheter de l immobilier alors que celui ci est surrevalue d au moins 20-30 %. ET la on parle de montant bien superieurs et avec des emprunts sur 20 ans ! Je connais personne qui joue en bourse 10 fois son salaire annuel

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