Bourse : en pleine crise, le courtage en ligne bat des records historiques
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Charles Platiau
Juliette Raynal

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"C'est le moment de faire de bonnes affaires en Bourse". La petite phrase lâchée par la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, interviewée le 10 mars dernier sur Cnews au lendemain d'un lundi noir sur les marchés, n'était pas passée inaperçue et avait fait l'objet de vives critiques sur les réseaux sociaux. Les internautes jugeant ces propos déplacés, opportunistes, voire cyniques à l'heure où l'épidémie du coronavirus avait déjà fait plusieurs milliers de victimes dans le monde et menaçait les économies.
Pourtant, quelques semaines plus tard, force est de constater que de nombreuses personnes ont eu le même raisonnement que la secrétaire d'Etat. "Nous avons enregistré un record du nombre d'ouvertures de comptes titre, PEA et PEA-PME. Plus de 20.000 ont été ouverts au cours du seul mois de mars. C'est vraiment beaucoup plus que ce que nous observons habituellement", relève Benoît Grisoni, le directeur général de Boursorama, qui propose une offre de courtage en ligne à ses clients.
Même constat chez son concurrent ING Banque.
Comment expliquer un tel engouement alors que la très forte volatilité des marchés pourrait, au contraire, être dissuasive ?
Certains particuliers attirés par les marchés boursiers depuis quelques mois, se seraient donc décidés à sauter le pas voyant l'opportunité d'accéder à des actions à des montants fortement décotés. Pour rappel, le CAC 40 est passé en dessous de la barre des 4.000 points le 16 mars dernier, contre 6.000 points fin 2019. Il évolue aujourd'hui à un peu plus de 4.200 points.
"70% des ordres au mois de mars étaient des achats", constate, pour sa part, Benoît Grisoni. Selon lui, plusieurs stratégies ont pu guider les investisseurs particuliers. "Certains investisseurs ont racheté des titres qu'ils avaient déjà en portefeuille pour faire baisser leur moyenne d'achat. Ils sont convaincus que ces valeurs vont rebondir à un moment donné. D'autres ont acheté des titres pour la première fois car ils ont consulté des conseils techniques ou des fondamentaux et se sont intéressés à l'économie", expose-t-il.
Toutefois, selon le dirigeant de la banque en ligne du groupe Société Générale, cet intérêt grandissant des Français pour la Bourse ne date pas du mois de mars.
La forte baisse des marchés, rendant ces produits financiers plus accessibles, aurait donc agi comme un déclencheur.
Résultats, les Français sont aussi très nombreux à consulter des contenus pédagogiques ou à assister à des conférences en ligne pour se former à ces sujets. L'émission quotidienne de Boursorama baptisée Ecorama enregistre des records d'audience. "Certaines des vidéos ont été consultées plus de 600.000 fois sur le mois de mars", fait valoir Benoît Grisoni. Et des milliers d'internautes s'inscrivent à des webinars faisant intervenir des spécialistes de la gestion d'actifs.L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Outre cette recherche de gains à un moment jugé opportun, le contexte de confinement semble aussi pousser certains particuliers au boursicotage.
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Alors que de nombreux investisseurs novices s'essaient à la Bourse pour la première fois, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a récemment appelé le public à la plus grande vigilance face au risque d'escroqueries dans le contexte de l'épidémie et de repli des marchés financiers. Le gendarme de la Bourse met aussi régulièrement à jour une liste des sites internet proposant d'investir dans des biens divers sans disposer des autorisations nécessaires.
Juliette Raynal