Communication : pourquoi les entreprises ne regarderont pas en arrière

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OPINION. Longtemps observée, analysée et parfois contestée, la communication, via le digital, connait une toute autre posture depuis la crise du Coronavirus. Elle se fait l'alliée de tous et dépasse les distinctions générationnelles et géographiques. Il y a résolument un avant et un après. Par Mathilde Aubinaud et Louis Betton (*)

Visioconférence, bureautique collaborative et fil de discussions :  la crise sanitaire a été un accélérateur de nouvelles pratiques. Bien que les codes ont été bouleversés, un lien étroit entre les parties prenantes a été maintenu. Celui-ci participe de la vie de l'entreprise à travers de nouveaux usages du numérique et de ses plateformes. Bien plus qu'une toile de fond, il s'apparente à une bascule. Un nouvel écosystème est né et plus que jamais, les entreprises ont pris à bras le corps leur responsabilité sociétale.

Dans cette mutation nécessaire, la communication s'affirme comme un temps où l'on réapprend à mettre en commun, à interagir et à réinstaurer une dimension humaine.

Agilité et flexibilité caractérisent les nouveaux outils technologiques qui n'ont jamais autant été sollicités: pour produire, pour collaborer, pour créer. Le PDG de Microsoft ayant annoncé début mai que le nombre d'utilisateurs de l'application de collaboration Teams avait bondi de 70% pour atteindre 75 millions d'utilisateurs actifs.

Ces nouvelles pratiques amorcent une mutation profonde de l'entreprise dans l'ère du numérique tout en libérant encore plus d'intelligence collective. Chaque entreprise ayant fait face à son niveau de maturité digitale.

Un leadership virtuel

Mature par rapport aux outils du numérique, le dirigeant a vocation à les diffuser auprès des départements de l'entreprise. Ce virage technologique, manifeste depuis le confinement se doit d'être inscrit dans la stratégie de l'entreprise. Face à l'urgence, les entreprises ont su incarner au-delà de leur objet social et se familiariser en bon père de famille. Les outils de communication les accompagnent dans leur volonté de protection et de sécurité de leurs salariés. Par voie de communication, des petites entreprises aux grands groupes français qui ont longtemps bénéficié d'une longueur d'avance, tous sont à l'œuvre et portent des initiatives pour aider la santé et l'économie.

La culture managériale n'est pas en reste : pour maintenir l'engagement des équipes et faire perdurer la culture d'entreprise, il a fallu s'adapter et adopter un management virtuel équilibré.

S'il est important pour les entreprises de communiquer en temps de crise sanitaire, la mesure de la pratique apparaît comme fondamentale : à la fois auprès des équipes où les moments d'échanges virtuels sont d'une impérieuse nécessité. Le dirigeant, plus que jamais, est à l'avant garde. Il donne le cap pour porter les bons messages sans excès. Il n'a d'autre choix que de porter une parole unie ou forte. L'inverse serait dramatique : l'entreprise y perdrait de sa force, de sa stature et de son leadership.

Tous embarqués

Cette crise a marqué les entreprises qui, pour être pérennes, ont eu pour défi prioritaire de mobiliser et fédérer les hommes et les femmes qui les constituent. Une parole forte venue d'en haut, des usages qui s'instaurent, l'économie réelle qui se déplace vers les réseaux, l'accélération de la digitalisation est là. Il n'en demeure pas moins que le numérique reste un canal et que la finalité demeure l'interaction interpersonnelle. Aussi, l'intelligence artificielle mainte fois dépeinte avec enthousiasme ne doit pas suppléer ni laisser à la marge l'intelligence collective et humaine.  Il doit s'inscrire au service de cette communication. Aussi, il convient d'embarquer l'ensemble des publics vers cette évolution. Comme si les fractures sociales, économiques, éducatives, générationnelles et géographiques étaient mises de côté. Elles se doivent d'être pleinement prises en compte. Aussi, l'adaptation est une pièce maîtresse en temps de crise. Sociale, économique ou encore sanitaire, l'entreprise n'a d'autre choix que d'être agile et présente en se positionnant comme un interlocuteur fiable. Ce virage et ce tournant se feront avec l'ensemble des parties prenantes même après la sortie de crise. Est à présent venu le temps des décisions, sachons en prendre des justes.

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(*) Mathilde Aubinaud, communicante et auteure de « La Saga des Audacieux » et Louis Betton, responsable de la communication du cabinet d'avocats August Debouzy

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Commentaires
a écrit le 31/05/2020 à 12:17 :
Vous voulez relancer votre activité qui s'est écrasée, à une époque les chefs d'entreprise plutôt que de choisir l'intelligence économique ont préféré sur les conseils de leurs comptables et banquiers investir sur la communication afin que rien ne bouge.

Tant que l'économie sera financiarisée la communication ne sera qu'une tentative permanente de justification de cette inertie rentière totale et au final de plus en plus dispensable car également un cache sexe d'emplois fictifs quelconque.

C'est la servilité des communicants envers la classe dirigeante alors qu'elle aurait besoin qu'on la secoue, qu'on la fasse réfléchir plutôt qu'on l'écoute, elle n'est plus cabale de guider qui que ce soit car seulement campée sur ses paradis fiscaux, qui a tué leur activité.

Le court terme les gars c'est bien trop peu pour envisager une économie pérenne.

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