Coronavirus : l'urgence d'un passeport santé sécurisé pour espérer sortir d'une crise sanitaire et économique

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(Crédits : Reuters)
OPINION. Le Dr Adnan El Bakri revient avec ses confrères (**) sur la crise de confiance sanitaire provoquée par l'épidémie. Il explique qu'un passeport santé numérique permettant de vérifier la vaccination, ou un test de dépistage, est nécessaire pour accélérer la sortie de crise à condition qu'il s'appuie sur la confidentialité des données des citoyens et leur libre arbitre. (*) Par Dr Adnan El Bakri, chirurgien expert en intelligence artificielle et fondateur de PassCare.

Le secteur sanitaire vit une époque charnière. La crise de la Covid est un immense coup d'accélérateur dans la digitalisation du secteur médical, de la e-santé, des téléconsultations, de l'analyse des données via l'Intelligence Artificielle, de la robotique... En démultipliant les usages numériques, l'épidémie révèle que les données médicales sont aussi utiles que sensibles, mais surtout très peu disponibles et n'appartiennent pas vraiment aux citoyens.

Le respect de la confidentialité de ces données est au cœur des préoccupations citoyennes. Il n'est donc guère étonnant qu'un possible passeport santé cristallise tant les débats.

En tant que créateur de PassCare depuis 2016, ma conviction est que la généralisation rapide d'un tel dispositif innovant et Made in France est nécessaire pour accompagner la sortie de l'épidémie et accélérer la reprise économique tout en respectant la souveraineté numérique de notre pays et de nos concitoyens.

Un passeport santé numérique détenu et véhiculé directement par le citoyen deviendra incontournable pour une vérification simple, sûre et rapide du résultat d'un test de dépistage ou la réalisation d'un vaccin, partout sur le territoire et dans n'importe quelle situation. Cependant, un tel outil ne pourra être accepté que s'il se fonde sur la protection des données des citoyens qui sont, à mon sens, les seuls propriétaires légitimes de leurs dossiers de santé.

L'épidémie a provoqué une profonde crise de confiance dans le secteur sanitaire

La Covid a mis le secteur sanitaire sous le feu des projecteurs. Jamais les débats n'ont été aussi vifs, jamais les doutes des Français à l'égard du secteur médical n'ont été aussi perceptibles. Faut-il télécharger l'application TousAntiCovid ? Où vont nos données de santé ? Qui est légitime pour les gérer ? Quels sont les risques de hacking ? En partageant nos données, allons-nous être surveillés à notre insu ?

Un débat crucial est maintenant celui du passeport santé pour accompagner la sortie de l'épidémie et limiter les effets néfastes de l'arrêt de certaines activités économiques.
Ce débat intervient dans un contexte où beaucoup de Français doutent qu'une entité extérieure soit capable de gérer leurs données médicales de manière confidentielle
et éthique. Ils ne sont que 45% à avoir confiance dans le stockage de leurs données de santé. L'échec de l'application StopCovid s'explique par le scepticisme citoyen à l'idée de fournir des données sur lesquelles ils n'auraient plus d'autorité.

Le passeport santé est adapté pour accélérer la sortie de crise à condition qu'il s'appuie sur la confidentialité des données des patients et leur libre arbitre

Le scepticisme légitime des citoyens ne doit pas condamner la crédibilité d'un passeport santé. Cet instrument numérique peut s'avérer très adapté pour accompagner la sortie de crise à condition qu'il s'appuie sur la confidentialité et la sécurité des données des citoyens, et sous réserve qu'ils deviennent maitres de leurs informations, tout au long de leur parcours de vie et partout où ils vont.

PassCare, l'entreprise que je dirige, développe depuis plusieurs années le premier et seul passeport santé numérique interactif qui permet à chacun de récupérer et sauvegarder instantanément ses données médicales et paramédicales, en devenir propriétaire et de les partager librement, partout où il est. L'objectif de PassCare est clair : simplifier et universaliser la communication de l'information médicale et paramédicale pour faciliter la prise en charge des patients et les interactions avec les différents acteurs de soins, grâce à une plateforme digitale interopérable, accessible au plus grand nombre et sécurisée. Les données y sont gérées de manière anonyme et confidentielle, elles sont chiffrées de bout en bout, enregistrées sur des serveurs français certifiés et indépendants, avec des processus de cryptage et d'authentification forte, et non destinées à la commercialisation puisqu'elles appartiennent aux utilisateurs directement et ne sont accessibles que sur leur autorisation et validation. Cette solution française unique et multi-récompensée met la confiance et la vie privée du patient et de son entourage au cœur de son modèle.

Alors qu'une nouvelle phase de confinement se profile et que la campagne de vaccination ne fait que débuter, nous sommes convaincus avec mes collègues et mon équipe que chaque citoyen doit disposer d'un outil efficace et respectueux de sa vie privée pour enregistrer son profil vaccinal ou son résultat de dépistage et partager librement uniquement les informations demandées aux entités concernées. PassCare a toutes les qualités techniques et opérationnelles pour répondre à ces exigences. Nous sommes prêts à travailler avec les autorités compétentes pour en faire le passeport santé numérique issu de la recherche française de référence, facile à déployer à l'échelle nationale, respectueux des données personnelles, qui fonctionne aussi lors des déplacements à l'étranger et qui viendra renforcer les solutions actuelles ou futures mises en place par le gouvernement.

Enfin, cette actualité a confirmé une de mes convictions : les applications numériques visant à accélérer la sortie de crise et la reprise économique ne rencontreront pas leurs publics sans respecter la confidentialité totale des données des patients et leur libre arbitre. Le passeport de santé doit absolument répondre à cette exigence. Chez PassCare, nous en avons fait un prérequis et un engagement quotidien depuis le début de notre aventure, bien avant cette pandémie...

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(**) Cosignataires :

  • Professeur Daniel Chevallier, chirurgien chef de service au CHU de Nice, membre de l'Académie Nationale de Chirurgie, membre du collège français des enseignants universitaires
  • Dr Michael Atlan, chirurgien chef de service à l'hôpital Tenon à Paris (AP-HP)
  • Dr François Pecoux, chef du pôle chirurgie à l'hôpital Victor Provo à Roubaix
  • Dr Xavier Pothet, médecin à Vanves et enseignant universitaire à Paris
  • Dr Pierre Nevoux, chirurgien à Nantes
  • Dr Alain Hérard, chirurgien à Reims
  • Dr Nordine Deffar, chirurgien à Auxerre
  • Dr Charles Charani, médecin à Lille

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Commentaires
a écrit le 16/02/2021 à 21:04 :
Le mec adhérant de l’IA = great reset = transhumanisme = néo- faschiste comme tout ceux qui imposent couvre- feu , confinement , blocage , flicage , surveillance de masse et demain ?

Ça sera quoi ?
a écrit le 15/02/2021 à 9:47 :
Pourquoi avoir anéanti l'économie réelle, fait chuter notre pays dans la plus grave crise économique de son histoire, pour une grippe svp ?

Quand le secteur de la santé aura respiré enfin un bon coup, qu'il prenne du recul sur ce phénomène et il arrêtera d'arroser l'incendie avec de l'essence.

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