De l'intérêt de la gestion alternative dans un contexte de taux d'intérêt zéro

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En cette période de rendement quasiment nul voire négatif des obligations souveraines, la gestion alternative permet d'offrir des rendements un peu supérieurs, avec un risque limité. Par Franck Lauri, gérant responsable de la gestion alternative chez OTEA capital

Les investisseurs qui recherchent un rendement raisonnable sans prise de risque excessive sont un peu à la peine dans le contexte actuel. La politique de quantitative easing menée par les Banques centrales des grandes zones économiques a pour effet si ce n'est pour objectif de pousser les investisseurs vers des placements plus risqués ou à accepter de voir le rendement de leur épargne considérée comme sans risque se réduire jusqu'à devenir négatif. Certaines stratégies de gestion alternative permettent de contourner les effets de cette politique d'incitation au risque en offrant une espérance de performance positive raisonnable en prédéterminant un niveau de risque (perte) acceptable et en s'y limitant strictement.

Être simultanément acheteur et vendeur

Une stratégie notamment permet de réaliser cet objectif tout en n'investissant que sur les sous-jacents simples et liquides que sont les actions des grandes capitalisations et les "futures" sur les grands indices, à l'exclusion de tous produits dérivés complexes ou des produits structurés dont les risques, réels sont parfois difficiles à appréhender pour le non initié. Il s'agit de la gestion long short systématique strictement "market neutral". La gestion Long / Short qui consiste à être simultanément acheteur et vendeur d'actions est une technique assez courante, c'est l'aspect systématique (par opposition à la gestion fondamentale) associé à cette gestion qui en fait ici tout l'intérêt.

Un caractère systématique

Le caractère systématique de la gestion c'est-à-dire la mise en œuvre automatique d'une ou plusieurs stratégies prédéterminées ne doit pas s'entendre comme la suppression du gérant mais comme la possibilité qu'il s'offre de multiplier par la puissance de l'informatique sa capacité d'analyse, de traitement, d'exécution et de contrôle.
Ce type de gestion permet
- de diversifier et de combiner les modèles en les optimisant et en veillant à leur dé corrélation.
- d'augmenter considérablement les positions détenues en portefeuille de sorte qu'aucune d'elle n'ait d'impact significatif en cas de perte,
- d'assurer une neutralité réelle non seulement en respectant la neutralité du delta (montant de capitaux investis sur des positions à la vente d'actions vs montant de capitaux investis sur des positions à l'achat d'actions) mais aussi en veillant à supprimer de nombreux biais pouvant affecter la neutralité réelle du fonds (exposition sectorielle, exposition par groupe de volatilité, exposition par devise, exposition par pays, liquidité).
- de limiter strictement le risque de perte du fonds à un niveau prédéterminé. D'assurer un contrôle strict des risques ex ante à tous les niveaux de la stratégie et à tous les stades de son exécution de sorte qu'aucune position ne puisse être mise en œuvre si elle a pour effet d'aggraver un des facteurs de risque au-delà des limites prédéfinies.

Des gains modestes, mais un risque très limité

Ainsi envisagée la gestion LS market neutral génère des gains relativement modestes mais associés à une volatilité et un risque très limités. Cela explique qu'elle a longtemps été mise en œuvre avec l'effet multiplicateur d'un levier financier très important par les comptes propres des banques et des Hedges fund Anglo-saxons.
Le rendement nul, voire négatif des actifs sans risque remet en lumière l'intérêt de cette technique de gestion sans qu'il soit besoin d'y associer un risque important de levier financier.
Franck Lauri
Gérant responsable de la gestion alternative chez OTEA capital

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