Décider, c’est risquer
Karine Aubry
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Photo d'illustration. Pour accepter le saut dans une part d'inconnu, mieux vaut ne pas considérer la décision comme irréversible.
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Karine Aubry
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Photo d'illustration. Pour accepter le saut dans une part d'inconnu, mieux vaut ne pas considérer la décision comme irréversible.
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Diriger, serait-ce décider ? Après tout, on appelle bien « décideurs » ceux qui sont aux commandes de l'entreprise. De fait, les responsabilités ouvrent le privilège de faire des choix au nom d'un collectif. Un apanage du pouvoir qui peut aussi devenir un cadeau empoisonné. En effet, hésiter, réfléchir seul faute de pouvoir se confier, tergiverser... c'est payer un lourd tribut en stress ou en insomnie à la déesse Décision. À l'instar de tel dirigeant qui ne dort plus, taraudé par une réponse qu'il doit donner : accepter ou non l'entrée au capital d'un investisseur. Ou de telle autre qui tourne et retourne dans sa tête les pour et les contre avant de recruter ce chef d'équipe. Mais qu'est-ce qui rend le fait de trancher parfois si ardu ? Petit tour du côté de quelques biais qui freinent notre prise de décision.
Premier point, s'acharner à prendre la « bonne » décision rend le geste plus difficile. Car comment décider gagnant à coup sûr lorsque, par définition, la décision comporte une part d'inconnu ? En cela, la décision se distingue du choix. Décider, c'est trancher sans avoir tous les éléments. Et plus l'arbitrage touche à des enjeux importants, plus on hésite. Alors, peser le pour et le contre ne suffit pas toujours. Il reste à se lancer sans certitude ni garantie. Voilà le fait des entrepreneurs ! Écouter son intuition, accepter de se tromper mais franchir quand même ce Rubicon. Heureusement, décider, ça se muscle. Pour celui qui tergiverse, chaque prise de décision effective et imparfaite enclenche malgré tout un cercle vertueux : plus il décide, plus il renforce sa capacité à rebondir, si cela ne se passe pas comme souhaité, et à décider de nouveau. En définitive, il s'entraîne à prendre des décisions « suffisamment bonnes » et à en gérer les conséquences.
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Ensuite, pour accepter le saut dans une part d'inconnu, mieux vaut ne pas considérer la décision comme irréversible. Certes, décider, c'est s'engager dans une voie à défaut d'une autre. Se pose alors la question du demi-tour : était-il impossible ou trop coûteux ? La décision serait alors un engagement vers l'irrévocable. Mais, à bien y regarder, peu de décisions ont un caractère totalement irréversible. Les dés sont jetés mais il y aura d'autres tours, d'autres parties. Autant d'occasions de décider encore ! Ainsi, une autre manière de peser ses options sera de les considérer à l'aune des demi-tours possibles. À défaut de savoir quelle est la meilleure route, vérifions lesquelles offrent des bretelles de sortie.
Karine Aubry