« Dérapage des dépenses des collectivités »: la réponse de Jean-Luc Gleyze aux propos de Bruno Le Maire
Jean-Luc Gleyze

Photo d'illustration
DR
Jean-Luc Gleyze

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Nous en avons tous connu, de ces camarades de classe ayant commis quelque bêtise et qui veulent en faire porter la responsabilité à l'autre.
Jusqu'à ce que nous lui rétorquions :
Avec toujours l'espoir qu'un professeur avisé et lucide rétablisse la justice.
Mais pouvions-nous imaginer alors que l'un d'entre eux devienne un jour ministre de l'Économie dans notre pays ? Probablement pas. Et ce qui paraît d'une importance toute relative quand nous regardons vers l'enfance prend une acuité grave dans une France censée être gérée par des adultes qui doivent assumer leurs responsabilités.
Désormais, a-t-on lu, le déficit public de notre pays serait dû au fait que les dépenses des collectivités locales « s'envolent de façon inattendue depuis le début de l'année, bien plus vite que leurs recettes ». Il y a, dans cette assertion, deux points qui interrogent fortement. D'abord le caractère « inattendu » évoqué, alors que nous ne cessons, tous niveaux de collectivités confondus, de sonner l'alerte depuis environ 2 ans. Ensuite la mauvaise foi évidente dans le rôle que joue le Gouvernement à l'égard de cette situation.
Tout d'abord en ayant privé nos communes, nos départements, nos régions, totalement ou partiellement de nos recettes fiscales directes. Pour exemple, la disparition de la taxe d'habitation et le retrait de la taxe foncière des départements représentent une perte de 40 milliards d'euros par an. Et certaines de ces recettes, comme la TVA ou les frais de notaires, se sont effondrées sans que nous ayons de moyens pour contrecarrer leur chute.
Ensuite en décidant de mesures certes pertinentes sur le fond, mais généreuses en piochant dans le portefeuille des autres : augmentation du point d'indice des fonctionnaires, Ségur pour tous, Avenant 43 pour les aides à domicile, prime de feu pour les sapeurs-pompiers, financement partiel des cartes d'identité ou des Espaces France Services à l'échelon local, dédoublement des classes en école, classes de niveaux dans le secondaire, entre autres ...
Il suffit de compiler le « quoi qu'il en coûte » du gouvernement pendant la crise COVID, l'appel désespéré aux collectivités locales ensuite pour assurer la relance de l'investissement public, auquel nous contribuons à hauteur de 70%, le déficit public plombé par l'État à hauteur de 155 milliards d'Euros alors que le nôtre ne représente que 5,5 milliards, et les souvenirs d'enfance remontent alors :
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Tout démissionnaire qu'il soit, un ministre de l'Économie qui a lui-même creusé le déficit national se doit d'être honnête et juste dans son analyse et son propos. Attendons maintenant que le professeur Président de la République rétablisse la sincérité nécessaire pour ne pas faire sombrer plus encore, comme nos recettes, la confiance perdue entre l'État et ceux qui gèrent la France d'en bas.
Jean-Luc Gleyze