En France, qui sont les vrais privilégiés ?

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, qui sont les vrais privilégiés en France

Petit tour d'horizon des privilèges et des privilégiés, ordinaires et moins ordinaires :

Les inégalités se sont creusées en France avec la crise. Je ne reviens pas sur ce constat établi par l'INSEE ou par l'OCDE, dont on sait qu'il résulte  de la montée des emplois atypiques, et d'une croissance plus forte des plus hauts revenus. Je voudrais juste m'interroger ici sur ceux que l'on peut considérer privilégiés, aujourd'hui en France, privilégiés ordinaires et plus extraordinaires... concept aussi flou que celui de classe moyenne j'en conviens.

Quelques points de repère

Faire partie des 1% les plus riches en France en termes de revenu, cela signifiait selon l'INSEE de déclarer 93.000 euros par unité de consommation soit 186.000 euros pour un couple. Appartenir au club des  0,1% les plus riche signifie de franchir le seuil de 256.000 euros. La dispersion s'accroît en suite très fortement. Et au-delà de 0,0% le seuil est déjà de 810.700 euros. Ce 1% de la population déclare 27,4% des revenus hexagonaux.

Faire maintenant partie du club des 1% des plus riches en termes de patrimoine signifiait de posséder en 2010 (dernière enquête patrimoniale exhaustive de l'INSEE),  un patrimoine brut de 1,9 million d'euros. C'est-à-dire, de détenir 17% de la richesse nationale quand les 50% du bas de l'échelle en détiennent 7%.

Commençons par les privilèges les plus spectaculaires

L'enrichissement le plus extrême, incarné symboliquement par les milliardaires. Ce cercle fermé ne cesse de s'élargir. On en dénombre 67 en 2014. 12 de plus que l'an dernier. Une performance qui ne tient pas seulement à la bonne santé des empires qu'ils dirigent, mais qui profite aussi de l'effet de levier des taux zéro, et qui permet une gestion de patrimoine particulièrement profitable.

Est-ce beaucoup ? Non, en nombre absolu, si l'on se compare aux autres pays développés. Oui en termes de capitalisation, ce qui signifie une plus forte concentration. Avec une part d'héritiers plus forte qu'ailleurs, et  une proportion de jeunes self-made men issus des nouvelles technologies moindre qu'ailleurs aussi.

Parlons plutôt des privilèges plus ordinaires

Etre privilégié en France, c'est d'abord travailler dans un grand groupe public ou privé, plutôt que dans une petite entreprise,  avec un écart moyen de salaire horaire qui varie presque du simple au double entre les plus petites entités et les plus grandes.

C'est travailler dans un grand groupe, de la finance surtout, de l'énergie, de l'industrie de pointe civile ou militaire, des médias, du commerce de gros, de la promotion immobilière notamment. C'est là aussi que l'on trouve les sécurités d'emploi les plus fortes, avec anciennetés dans un emploi qui n'ont presque rien à envier à l'administration.

C'est là aussi que l'on trouve les salaires et les avantages exorbitants des patrons du CAC 40, qui défraient régulièrement la chronique. Bien sûr, mais aussi les 1% des salariés à temps complets les mieux rémunérés, avec si l'on exclue les sportifs de haut niveau, au top de la hiérarchie, les métiers de banque,  les fonctions financières, les cadres d'état-major.

La fonction publique espace de privilège ?

Le sujet est complexe, car de gros écarts existent au sein des différentes fonctions, centrale et territoriale notamment. Mais il y a d'abord l'atout de la sécurité de l'emploi bien sûr et une rémunération horaire supérieure à celle des salariés du privé. Mais des extrêmes moins criants aussi. 1.200 fonctionnaires appartiennent au club des 1% les plus riches.

Un ministre ou un haut fonctionnaire fait pâle figure à côté du CAC 40. Des écarts de   rémunérations qui sont le fait des moins qualifiés, et non des plus qualifiés qui, à compétence équivalente, gagnent moins que dans l'entreprise.

Les avantages périphériques au salaire

Mais c'est surtout dans ces deux cercles, celui des grands groupes et de l'administration que se concentrent le gros des avantages périphériques au salaire : les chèques restaurants (15% des salariés en bénéficient en France), les avantages pour les loisirs (chèques cadeaux, vacance etc.), pour 3,7 millions de salariés du privé, prise en charge des aides à domicile aussi, certains séminaires congés déguisés, logements, voitures de fonction, mais aussi que se concentrent les avantages monétaires, primes, intéressement, régimes spéciaux de retraite.

Et les professions libérales

Troisième cercle de privilégiés enfin, certaines professions libérales : avec en tête les professions juridiques, le conseil pour les affaires de gestion, les auxiliaires d'assurance, les experts comptables, les professions médicales.
Bref, ce bref tour d'horizon, rappelle que les inégalités françaises sont dans la moyenne, et que dans un pays où l'essentiel delà population se revendique de la classe moyenne, certains sont moins moyens que d'autres.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 03/07/2015 à 9:42 :
Etre pris en charge à vie par la collectivité au prétexte d'avoir passé un petit concours à 23 ans est le grand privilège. Les jeunes ne s'y trompent pas. C'est honteux mais c'est la France "égalité", celle que la gauche défend.
a écrit le 03/07/2015 à 8:47 :
Les privilégiés sont les européistes qui protège leur caste par le biais du dogmatisme!
a écrit le 02/07/2015 à 15:00 :
Les premiers vrais privilégiés sont les fonctionnaires,d e l'embauche à la veille de leur décès. ça ne me génerait pas si ce n'était pas avec mes impôts, ma sueur et des prises de risque. Aujourd'hui, les fossoyeurs de la France sont les fonctionnaires, espèce protégée au dela de toute raison (avec une mention particulière aux fonctionnaires qui ont rédigé les sujets du bac de Physique, section S, et qui ont pondu des sujets incomplets IMPOSSIBLES à faire. Des centaines de milliers d'ados ont été honteusement piégés au bac, par des fonctionnaires qui bien entendu ne seront pas sanctionnés, pas poursuivis devant les tribunaux, et toucheront leur grasse retraite jusqu'à la fin de leurs jours. N'est ce pas un privilège que de créer autant de malheur et ne n'être même pas inquiété, de ne pas avoir à en répondre comme un quidam moyen ?)
Réponse de le 02/07/2015 à 17:27 :
Pensez à vos gouttes
Réponse de le 02/07/2015 à 19:00 :
Les pires des fonctionnaires sont les infimières des hôpitaux et les enseignants du 93. Il va vraiment falloir trouver une solution définitive au problème que pose l'existence de cette corporation indigne. Car c'est bien gentil de les critiquer ... mais comment s'en débarrasser rapidement ? Ces "nuisibles" ont fâcheusement tendance à s'accrocher à leur bout de gras.
Réponse de le 02/07/2015 à 21:53 :
@ JPL6: allez faire pendant un an le boulot des 2 catégories que vous critiquez, et on en reparlera.
Réponse de le 04/07/2015 à 7:01 :
Allez faire un tour en usine,dans le domaine de l'automobile... Et vous verrez ce qu'est travailler...
Réponse de le 04/07/2015 à 16:39 :
IRONIE !!! ;-))
a écrit le 02/07/2015 à 14:43 :
Non Monsieur Passef l'égalité ce n'est pas de couper ce qui dépasse de la masse, l'égalité c'est celle des moyens au début de la vie et non celle des résultats...
Réponse de le 02/07/2015 à 21:53 :
Donc si je vous suis, il faut pour rétablir l'égalité vraie et juste commencer par supprimer l'héritage, et encore empécher les enfants des beaux quartiers d'aller dans les bonnes écoles.
a écrit le 02/07/2015 à 14:29 :
< 1% pour les plus de 93000€ ou 186000€, au final je trouve qu'il y a bien peu de riches en france
a écrit le 02/07/2015 à 13:57 :
Et si on appliquait la loi du marché aux privilèges ? Le principe ? Plus un emploi est considéré comme privilégié, plus il attire de candidat. Partant du principe qu'un candidat a forcément plus envie d'un poste privilégié, un poste ayant peu de candidat sera considéré comme non attractif, et donc non privilégié, tandis qu'un poste en attirant beaucoup sera considéré comme privilégié.
Poussons la logique plus loin, si je veux les meilleurs candidats, n'ai-je pas intérêt à offrir des privilèges ? Tandis qu'en supprimant des privilèges ne me prive-je pas de bons candidats ?
Appliquons ce principe aux enseignants et on comprendra pourquoi aujourd'hui , les jeunes se détournent de ce métiers, pourquoi il y a de moins en moins de candidats au concours d'entré avec en corolaire une baisse de qualité.
En supprimant les privilèges de cette corporation n'a t on pas compromis notre avenir ?
PS : Je ne suis pas enseignant.
a écrit le 02/07/2015 à 13:08 :
"Un privilège" Finalement ça n'est rien d'autre qu'un avantage qu'on n'a pas !!!

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