Et si le Royaume-Uni renonçait au Brexit

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(Crédits : STRINGER)
Il est peut-être encore temps pour nos voisins britanniques de faire volte-face au sujet du Brexit. Par Alain Lemasson, Président d’INFOFI2000.COM

Le retrait britannique est souvent perçu comme favorable à l'Union Européenne à la France mais le bon sens et le sens de l'histoire conduisent cependant à souhaiter que le Royaume-Uni interrompe sa marche absurde et douloureuse.

Il faut bien prendre la mesure des problèmes durables posés par le Brexit aux deux parties en présence. Les problèmes politiques du côté britannique - l'imbroglio irlandais, Gibraltar, la menace d'indépendance écossaise - s'ajoutent à la perte de PIB que ne pourront compenser le mythe d'un Singapour britannique ou l'espoir douteux d'une relation privilégiée avec les USA. Seul, le Royaume-Uni pèserait de bien peu dans ses futures négociations avec la Chine, l'Inde et ... l'Europe. A bien des égards, le Brexit serait une régression.

Personne ne sortira indemne du Brexit

De son côté, l'Europe ne sortirait pas indemne du retrait des Britanniques. Elle aurait à faire face à l'effet de contagion sur certains pays ou régions de l'Union, sujets aux tentations isolationnistes et protectionnistes. Sans oublier les conséquences budgétaires, commerciales, et surtout industrielles de ce retrait, comme l'illustre le problème posé à Airbus. Un gâchis inutile et des difficultés supplémentaires à gérer pour la gouvernance de l'Europe.

Il est vrai que les Britanniques ont maintes et maintes fois montré leur capacité à bloquer ou affadir de nombreuses initiatives européennes, comme par exemple le dispositif Schengen. Il est clair aussi que ces-mêmes Britanniques ont acquis des positions de force paradoxales et difficiles à supporter, dans deux domaines d'importance, la gouvernance de la Commission de Bruxelles et le fonctionnement de l'euro.  Il faut reconnaître à cet égard le talent de ce pays non-membre de l'union monétaire qui a réussi à déplacer à Londres, pour son plus grand profit, l'essentiel de la gestion des flux euros.

L'annulation du Brexit poserait certes de nombreux problèmes internes au Royaume-Uni. Et le retour de l'enfant prodigue n'entrainerait probablement pas la plus grande mansuétude de Bruxelles, bien tentée de jouer alors du nouveau rapport de force pour amender quelques anciens privilèges des Britanniques.

Ces difficultés devraient être pourtant considérées comme secondaires face à l'impact positif de l'annulation. La conséquence positive majeure serait la démonstration faite aux Européens comme au reste du monde de l'importance de l'Europe. Qu'un pays comme le Royaume-Uni, au nom de la raison supérieure de son appartenance à l'Union Européenne, puisse faire volte-face et prendre le risque d'une humiliation diplomatique aurait une résonance considérable.

Le poids politique de l'Europe, déjà prouvé par sa capacité de négociation avec les autres blocs et l'attractivité de l'euro, serait définitivement renforcé. L'annulation du Brexit représenterait la libération des énergies et le renforcement du sentiment européen. Ce serait aussi la prise de conscience par l'opinion européenne des données géopolitiques et donc de l'importance pour l'Europe de jouer l'unité afin de peser le plus possible dans le concert des grands.

Et loin de la tentation d'abuser du nouveau rapport de force, ce serait l'occasion pour l'Europe de faire preuve de grandeur. Accueillir le Royaume-Uni avec magnanimité aurait pour les Européens une force symbolique considérable. Ce serait aux yeux du monde l'affirmation spectaculaire de l'idéal européen.

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a écrit le 18/09/2017 à 20:36 :
Je trouverai choquant que les Angloys changent de cheval au milieu du gué. Pour quelle raison ses partenaires devraient-ils accepter les lubies d'une bande d'excités qui change d'avis tous les ans ? Pour ma part je refuserai le maintien de ces gens dans l'union européenne, s'ils leur venaient l'envie de vouloir rester. Et j'espère que l'union européenne aura au moins la décence de faire un référendum sur le sujet, au lieu de se terrer dans sa tour d'ivoire.

Je suis parfaitement prêt à entendre que le Brexit sera économiquement négatif pour tout le monde. Mais je n'ai pas du tout l'impression qu'il sera politiquement négatif pour qui que ce soit. Tout dépend donc de ce que l'on veut voir en tête des priorités.

Je ne vois absolument aucune raison pour que les Angloys soient incapables de trouver un accord avec les Espagnols et les Irlandais sur leurs frontières respectives. Du moins dès qu'ils auront décidé de traiter des problèmes ni commerciaux ni financiers, ce qui n'est pas gagné vu qu'ils semblent encore plus ultra-libéraux que l'union européenne. Quant aux Ecossais, ce ne sont que des grandes gueules, et ils n'ont rien dans leur jeu, objectivement, vu que l'union ne veut pas d'eux et qu'ils sont incapables de se débrouiller seuls.

L'union européenne n'a rien à prouver au reste du monde. Devenir le phare du monde libre, c'est un projet qui n'est dans la mentalité que des Etats-Unis. Son problème c'est le manque de démocratie dont elle est accusée. Contrevenir à une action démocratiquement décidée, peu importe les éventuels bienfaits de l'action en question, est la dernière des choses qu'elle a intérêt à faire. Que les Américains, les Russes, les Arabes et les Chinois s'occupent de leurs affaires. L'union n'est pas là pour faire de la publicité auprès d'eux, mais elle a un intérêt vital d'en faire auprès de la population de l'union européenne elle-même.
a écrit le 18/09/2017 à 19:05 :
Qui pourrait refaire voter les britanniques ? Il faut couper les branches pourries et relancer l'Europe !
a écrit le 15/09/2017 à 22:56 :
Incroyable mais vrai : il existe quelques internautes pro-Brexit (voir un beau spécimen ci-dessous) qui sillonnent les forums en racontant que grâce au Brexit le Royaume-Uni va mieux.

En effet, des Anglais riches sont devenus encore plus riches en spéculant sur l’effondrement de la livre sterling. Le citoyen ordinaire, lui, a vu en peu de temps le prix de sa bouffe et de ses dépenses courantes prendre une augmentation de 10 à 15 % selon les articles.

Pour une cause toute bête que les pro-Brexit dont incapables de comprendre : le Royaume-Uni produit peu et importe beaucoup ; avec la monnaie faible qu’est devenue la livre sterling grâce aux bienfaits du Brexit, les importations coûtent de plus en plus la peau des fesses.
Réponse de le 18/09/2017 à 8:57 :
"Incroyable mais vrai : il existe quelques internautes pro-Brexit (voir un beau spécimen ci-dessous) "

Tiens je vous ai répondu mais sur ce forum difficile de pouvoir exprimer son opinion anti UE alors que pourtant largement majoritaire au sein des peuples européens.

Prêtres néolibéraux qui adorent confondre le sentiment anti UE et le sentiment anti europe. Etant donné que j'ai toujours été pour une europe des peuples et que l'oligarchie n'a pas été capable de nous faire mieux qu'une europe du fric l’échec était à) terme assuré.

Donc déjà sur la forme votre phrase ne veut rien dire, d'une part je ne suis pas bro brexit puisque je ne suis pas anglais, moi je suis pro frexit. JE suis logique avec moi-même.

D'autre part un dernier article de la tribune montrait que ça allait bien en Angleterre ils pensaient même pouvoir augmenter leurs taux d'intérêts, après avoir augmenté les salaires, alors qu'en UE ce serait tout simplement suicidaire il n'y a que l'oligarchie financière, trop stupide, pour ne pas s'en rendre compte

« Pour une cause toute bête que les pro-Brexit dont incapables de comprendre « 

Quand les gens ne pensent pas comme vous autres prêcheurs néolibéraux c'est parce qu'ils ne sont pas capables de le faire, comme on ne pense pas comme vous on se trompe forcément, vous rendez vous compte du raisonnement délirant dont part une telle affirmation ? UN poil mégalomane peut-être non ? Étant donné que mythomane est déjà validé.

"avec la monnaie faible qu’est devenue la livre sterling grâce aux bienfaits du Brexit, les importations coûtent de plus en plus la peau des fesses"

Ah maintenant voilà que la livre sterling est devenue une monnaie faible et bien entendu vous n'avez toujours aucun lien pour affirmer vos dires.

Bref la prochaine fois venez avec à manger et non seulement avec vos messes insipides, je suis athée.

ET merci de diffuser ce commentaire, c'est pas en soutenant les curés néolibéraux qui n'ont que du vent à nous apporter que vous défendez l'europe, bien au contraire puisque celle-ci suffoque de tout ces imposteurs qui l'accaparent.
a écrit le 15/09/2017 à 9:54 :
"Il est peut-être encore temps pour nos voisins britanniques de faire volte-face au sujet du Brexit. "

Leur pays va mieux depuis un an on voit mal pourquoi ils reculeraient.

Oui c'est un échec cuisant de l'oligarchie européenne et de son dogme néolibéral, peu habitués à perdre étant donné que propriétaires de la moitié des richesses, les gars ils sont sur leur terrain avec leurs règles du jeu et malgré tout ont perdu, on comprend qu'ils l'aient mauvaise d'autant que générateurs de puissants ressentiments.

Et comble de notre système politique sans queue ni tête le dernier espoir des néolibéraux se trouve être Corbyrn. Bon faut dire aussi que Blair a fait autant de mal au peuple anglais de Thatcher, ils ne sont pas complètement inconscients quand même.

"Ce serait aux yeux du monde l'affirmation spectaculaire de l'idéal européen"

Quel idéal européen svp ? Celui du fric, de l'évasion fiscale massive, du dumping sociale et de l'esclavagisme salarial ?

Elle ne fait même pas rêvé les peuples européens cette UE que vous voudriez qu'elle éblouisse le monde, allons allons mon pauvre ami, un peu de sérieux, merci.

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