La trêve qui a occasionné la libération de certains des otages du Hamas et permis de faire entrer de l'aide humanitaire à Gaza peut-elle être étendue à un cessez-le-feu digne de ce nom ? Et entraîner parallèlement des négociations sur l'avenir de la Palestine et d'Israël ? Rien n'est moins sûr.
Quarante-neuf jours de cauchemar et autant de nuits d'angoisse pour les familles des otages avant que le Hamas ne consente à relâcher au compte-gouttes certains d'entre eux au terme d'un chantage odieux. Israël explique que les captifs n'auraient pas pu retrouver la liberté sans la pression de son offensive aérienne et terrestre qui a causé des milliers de morts parmi la population civile palestinienne. Mais la vérité est surtout que la trêve humanitaire est le résultat d'une négociation déclenchée quasiment dès le premier jour. C'est en effet sur le modèle de la libération de Judith Raanan et de sa fille Nathalie le 20 octobre, obtenue par le Qatar, que les États-Unis et Israël ont choisi Doha pour poursuivre la médiation qui venait d'être conduite avec succès pour les deux Américaines.
Est-ce qu'à l'issue de la trêve ce partenaire sera maintenu dans son mandat pour la libération des otages restants et la poursuite de l'aide humanitaire à Gaza ? Probablement. Mais à quelles conditions ? Le Premier ministre israélien indique qu'il reprendra l'offensive dès mardi prochain à l'issue de la pause humanitaire alors que le négociateur qatarien parle de sa prolongation et même d'une « trêve durable » avant de s'engager vers « un cessez-le-feu permanent ».