Il faut donner sa chance à l'économie grecque

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Dimitris Papadimoulis, Vice-President du parlement européen et chef de la délégation de Syriza.
Dimitris Papadimoulis, Vice-President du parlement européen et chef de la délégation de Syriza. (Crédits : DR)
Les créanciers de la Grèce doivent terminer la revue du programme en cours au plus tôt pour permettre un retour rapide à la croissance du pays. Par Dimitris Papadimoulis, Vice-President du parlement européen et chef de la délégation de Syriza.

La conclusion rapide et positive de la première revue du programme grec est le premier pas dont a besoin l'économie grecque pour reprendre le chemin de la croissance. Après dix ans d'austérité très sévère et monolithique, cette recette a clairement échoué et cela est désormais reconnu par de nombreuses forces politiques dans l'Union européenne. L'accord de juillet dernier a été un compromis très dur pour le gouvernement grec et le début d'un effort considérable pour sortir le pays de l'incertitude politique et économique.

Le gouvernement de Syriza a dû faire face à bon nombre d'obstacles venant des forces néolibérales dans l'UE et le FMI qui voulaient que la Grèce échoue, mais aussi des partis d'opposition en Grèce, le Pasok et la Nouvelle Démocratie, qui ont gouverné le pays pendant 30 ans en laissant derrière eux une société détruite et une économie paralysée. Pourtant, l'ensemble des réformes du gouvernement a été déployé dans une période de temps très courte.

Restructurer la dette

La conclusion de la première revue du programme permettra d'ouvrir la discussion sur la restructuration de la dette et donnera à l'économie une chance de respirer et au gouvernement l'opportunité de se concentrer sur le combat contre le chômage de masse, sur l'attractivité pour les investissements et sur le retour à la croissance.

A côté de cet ensemble de réformes très ambitieux que le gouvernement met en oeuvre -réforme des medias et de l'administration publique, accès des plus vulnérables aux services de santé, jusqu'à la loi de citoyenneté et la gestion de la crise des réfugiés - , il faut remarquer que l'économie grecque a réalisé quelques bonnes performances. En dépit de la prédiction de la Commission d'une récession pour 2015 comprise entre 2,5 % et 4 %, cette dernière a été bien inférieure. 25 millions de personnes ont visité le pays l'an passé, un nouveau record.

La Grèce a affiché le plus taux haut d'absorption de fonds structurels parmi les 28 pays de l'UE et il n'a fallu que 5,7 milliards d'euros pour recapitaliser les banques, pas 25 comme prévu dans l'accord de sauvetage. De plus, les recettes publiques ont progressé, le combat contre la corruption et l'évasion fiscale a été intensifié, notamment après l'utilisation appropriée des listes Falciani et Walter-Borjans. Parallèlement, le gouvernement a réalisé avec succès le programme contre la crise humanitaire qui apporte son soutien à des centaines de milliers de Grecs.

 Réforme des retraites et la fiscale

Concernant la réforme des retraites, la proposition du gouvernement grec vise à sécuriser la capacité des générations futures à recevoir une pension, à assurer un minimum national pour les retraités, à abaisser les coûts opérationnels des régimes de retraite en les fusionnant pour les rendre viables et autonomes. C'est un fait qu'actuellement, après des décennies de mauvaise gestion et d'actions frauduleuses des gouvernements précédents, le système de retraite grec est à un pas de l'effondrement.

Il en va de même avec la réforme fiscale, où les efforts du gouvernement se concentrent autour de l'élargissement de la base fiscale avec un partage plus efficace et plus juste de la charge des contribuables, protégeant ceux qui ont été les plus affectés par la crise.

Jusqu'ici, il a été prouvé que les politiques d'austérité myopes ont entièrement échoué. Le gouvernement a pour objectif de combattre la corruption et l'évasion fiscale, deux combats qui sont mis en avant par Syriza pour des raisons morales, mais aussi parce que remporter ce combat augmente les recettes publiques, surtout dans une époque de restrictions financières. Les efforts dans ce domaine seront encore intensifiés au cours des prochaines semaines et des prochains mois, après l'adoption d'une loi créant une commission parlementaire pour examiner plusieurs scandales impliquant le gouvernement précédent, des groupes de médias et des banquiers qui ont créé un réseau de clientélisme fondé sur le mépris de la loi.

Des perspectives positives pour 2017 et 2018

Les fondations du retour à la croissance ont déjà été posés depuis 2015 avec des perspectives positives de croissance pour 2017 et 2018. Et c'est en dépit de crises parallèles, économique et migratoire, que le gouvernement grec a fait beaucoup en peu de temps. A présent, il est temps que les institutions et les créanciers se conforment à l'accord, achèvent la première revue et entament les discussions sur la dette afin que les investissements puissent s'intensifier dans un environnement de stabilité économique et politique.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2016 à 9:24 :
Pour certains, politique d'austérité veut simplement dire mise à l'équilibre, ou dans un déséquilibre raisonnable et maitrisé, des finances publiques..
a écrit le 08/04/2016 à 16:08 :
Je suggère de mettre en place une réforme fiscale permettant de financer les retraites par une taxe sur l'énergie. Que risquent les Grecs avec cette mesure? Tout au plus, de donner l'exemple aux autres pays européens dont la France, mais avec un temps d'avance. Mais c'est impossible.
a écrit le 08/04/2016 à 15:33 :
La seule chance de la Grèce est l'arrivée d'un dictateur pour remettre de l'ordre dans ce pays bordélique. On pourrait continuer à dépenser l'argent du contribuable européen dans ce tonneau des Danaides, mais cela n'aiderait en rien au redressement de la Grèce !!!
Réponse de le 09/04/2016 à 14:41 :
Mais il y a déjà un dictaeur en Grèce : il s'appelle Merkel. Et ce dictateur a déjà ses exécuteurs des basses oeuvres : ils s'appellent Hollande et Draghi. ET ce même dictateur a déjà ses nervis, n'est-ce pas parickb ?
Réponse de le 10/04/2016 à 0:01 :
Bonne annee 2017 d'avance en France

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