L'industrie est morte, vive la nouvelle industrie française
Laurent Laporte

Photo d'illustration
DR
Laurent Laporte

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La part des emplois industriels baisse logiquement dans l'emploi total, de 23,2% en 1995 à 17,9% en 2013, ce qui accompagne la baisse de la part de production au sein du PIB, de 13,3% en 2005 à 11,3% en 2013. Entreprises françaises et étrangères ont fait le choix, contraint ou encouragé, d'aller chercher ailleurs à l'étranger les possibilités de survivre et dans un environnement de plus en plus concurrentiel avec un enjeu de très forte compétitivité.
Cette mutation appartient déjà au monde d'hier, ce que nous ou nos enfants avons vécu des années 80 jusqu'à la crise de 2008 et ses conséquences est derrière nous pour des raisons structurelles. Et la crise du coronavirus a rappelé la nécessité d'un changement de paradigme radical, tant pour les consommateurs en France que pour nos entreprises. Dans ce contexte macro-économique, pour ne pas dire aussi de plus en plus géopolitique, la transformation industrielle est tributaire de nombreuses idées reçues, qu'elles soient optimistes ou pessimistes, il semble important de proposer une proposition alternative.
Trop souvent le poncif de la disparition définitive de l'industrie française revient comme un leitmotiv, le caractère français si prompt à l'autocritique exagère sans doute cette tendance, les chiffres proposés en guise de contexte témoignent de ce que ce déclassement, s'il est important et indéniable, n'efface pas nos nombreux atouts historiques. Dans le même temps, on entend fanfaronner cette musique certes bien agréable à entendre, sur le retour de l'industrie, avec des élans nostalgiques, fantaisistes.
C'est-à-dire que les bouts d'industrie que l'on retrouve ces dernières années sur le territoire, ne reviennent pas comme ils sont partis. Ce ne sont pas les mêmes industries qui reviennent, d'abord parce que les époques ou industries ne sont pas les mêmes. Quand Trendeo indique qu'il y aurait eu davantage de relocalisations d'usines que de fermeture en 2021, ce ne sont pas des relocalisations comme on pourrait l'entendre, mais le plus souvent des nouvelles structures avec des outils nouveaux, et tant mieux.
En effet l'enjeu de l'industrie française, et c'est ma conviction, de l'économie française dans son ensemble, ce n'est justement pas de réfléchir en termes de relocalisation au sens physique de l'appareil industriel français, mais de considérer que l'avenir sera une consolidation de l'existant et la création ex nihilo d'industries. comment l'internet industriel et la transformation, bien amorcée et qui continue, peuvent renouveler notre industrie et par là même entraîner le reste de l'économie avec elle.
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Car si le nombre d'emplois industriels créés peut sembler faible, et si la taille des structures n'a plus rien à voir avec les usines de nos parents et grands-parents, il s'agit d'intégrer sa valeur ajoutée et sa compétitivité par rapport à la rude concurrence : excellence technologique, durabilité, autonomie, efficience énergétique...
Aux 20% des entreprises du secteur qui envisagent de construire un site de production en France, et surtout à toutes les autres, voici quelques clés quelques clés à intégrer dans sa réflexion pour réussir son projet industriel :
Sortir de l'ancien régime industriel, parler d'une nouvelle révolution industrielle, c'est véritablement intégrer la mort de l'ancienne industrie et la naissance d'une nouvelle. Ce n'est donc pas une renaissance à proprement parler, mais une vie différente, nouvelle. Les discours corporate ou politiques qui négligent ces faits et promettent un retour en arrière ne permettent pas vraiment de projeter notre société là où il faudrait. Car les atouts sont nombreux, la tendance est encourageante, les perspectives sont réalistes et positives. Résolument, sans nostalgie : l'industrie est morte, vive la nouvelle industrie française !
Laurent Laporte