La bourse face à la solidité de la reprise économique

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Si la bourse peut s'emballer au mépris de tous les fondamentaux, elle nous livre trois types d'informations essentielles. 1/ Ses fluctuations courtes captent toute une série de signaux micro-économiques issus de l'analyse financière qui échappent aux comptes nationaux. 2/ Elle nous donne le pouls des anticipations, même si ces dernières sont irrationnelles. 3/ Enfin, dans le cas américain et américain seulement, le S&P 500 constitue l'un des meilleurs prédicteurs des retournements de l'économie américaine à 6 mois ou un an. Son niveau peut être aberrant, mais son point de retournement ne l'est pas. Pour le Conference Board, la bourse, se place en 4ème position des indicateurs avancés en termes de qualité prédictive. Je me focaliserai donc ici sur cet indice leader des bourses mondiales
Si je regarde d'abord les grandes tendances. Le S&P500 est bien à l'image de la reprise américaine. C'est-à-dire, plus vigoureuse que celle de ses grands partenaires européens et adossée à une forte profitabilité. Ce qui a permis à la bourse de pulvériser ses records de 2000 et 2007 de plus de 33 %. Si je scrute maintenant de plus près les évolutions depuis 6 mois. Sa progression marque le pas. Nous ne sommes pas dans une fuite en avant incontrôlée et il est clair que les investisseurs hésitent face à la perspective d'un resserrement des taux, les effets de la majoration du dollar et des salaires sur la profitabilité des entreprises. Mais ce temps d'arrêt est plutôt rassurant quant au discernement des acteurs de marché. Ce pallié n'indique pas pour autant nécessairement un point d'inflexion à la baisse annonciateur d'un épuisement proche du cycle US.
Pour répondre à cette question inévitablement technique, je me réfèrerai à 3 ratios qui par le passé ont assez bien signalé les sorties de routes financières des Etats-Unis.
Et il devient urgent que le moteur de la croissance bascule sur les salaires. La capacité de l'économie américaine à opérer ce tournant est lourd de conséquence pour la zone euro. A l'heure où elle s'interroge sur le risque que le quantitative easing ne soit qu'une machine à fabriquer des bulles plutôt qu'à irriguer l'économie réelle.
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