La jeunesse de France multi-sacrifiée

 |   |  750  mots
(Crédits : DR)
François Hollande affirmait vouloir mettre en œuvre une politique en faveur de la jeunesse.... La situation des jeunes n'a jamais été aussi catastrophique. Par Jean Christophe Gallien, CEO de Zenon7 Public Affairs et Président de jcga

Un François Hollande en campagne plaçait, comme tous ses prédécesseurs, les jeunes au cœur de l'effort à conduire pour sauver un pays en crise. Mars 2016 : qu'en est-il des jeunes et de la jeunesse ? Des violences faites aux enfants en augmentation constante, 2 enfants mourraient chaque jour des coups de leurs proches. L'instabilité familiale aggrave celle qui professionnelle et sociale frappe d'abord notre jeunesse. Devenus jeunes adultes, lorsqu'ils ont la chance de trouver un travail rémunéré avant 25 ans, c'est pour entrer de plus en plus souvent dans les statistiques de ceux que l'on nomme les travailleurs pauvres. Pour les autres, les statistiques sont terribles : 24% des 18 - 24 ans de métropole sont chômeurs, la moitié, seulement, de ceux qui travaillent ont un CDI. Au delà, la France compte 5,75 millions de demandeurs d'emploi et 3,6 millions de chômeurs de catégorie A. Nous assistons à une explosion du nombre de bénéficiaires du RSA et de bénéficiaires de la CMU, 5,4 millions ... la France plonge vers la pauvreté, elle emporte sa jeunesse dans une abime scélérate.

L'enseignement à vau l'eau

Et la dette contractée pour financer, dans une fuite lâche, ce présent qui triche avec ses besoins véritables et qui repousse, en détournant le regard, à après demain les efforts à réaliser achève de plomber leur avenir déjà sacrifié. Pire nous laissons filer dans l'ombre une part centrale de ce que fut l'excellence de l'expérience française : le système d'enseignement. Autorité contestée, décrochages, incivilités, apathie ou phobie scolaire, ... malgré des réformes en boucle, des moyens accrus, notre déclassement se poursuit dans une compétition internationale aux ambitions multipliées et très agressives. Les moyens de l'Éducation nationale ont presque doublé depuis 1980, pourtant les bancs de la sixième comptent environ 20 % d'illettrés et 2 millions de jeunes entre 15 et 30 ans ne sont ni à l'école ni en formation et n'ont aucune qualification.

A cette jeunesse de France déjà multi-sacrifiée, on a osé proposer, comme solution miracle, le service civique ! Aujourd'hui c'est le tour d'une réforme du marché du travail que nombreux d'entre eux reçoivent à tord ou à raison comme une nouvelle injure faite à leur avenir.

Toujours plus proche de l'insurrection

Les jeunes de ce pays ne comprennent plus, pire ils entrevoient un complot permanent impliquant toutes les « élites » françaises, du politique à l'administratif, du capital au médiatique. La révolte gronde, après une période continue de sécession des urnes, nous nous approchons chaque jour davantage de l'insurrection d'une France que notre système de solidarité pourtant si développé et tant financé ne parvient plus à calmer tant il est inefficace et mal orienté. Il faut d'urgence rompre avec notre démocratie du déni. Sur les fondations d'un système juste, engagé et efficace, la France a crée et entretient une machine politico-administrative kafkaienne qui est en panne depuis trop longtemps et qui ne parvient plus à le masquer.

Se replacer dans le vrai Monde

Le réel c'est qu'avant de réformer le marché du travail, on doit briser la fatalité des déficits structurels du fonctionnement de notre système étatique et territorial devenu improductif. On doit s'attaquer à la réforme globale d'une fiscalité tournée vers l'efficacité dans un Monde de guerre économique et s'armer de taux de prélèvements en phase avec la Mondialisation. On doit s'engager dans une revalorisation compétitive de la politique éducative qui nous replacera dans le vrai Monde, celui qui nous environne, qui a faim de savoir, d'éducation, d'effort, de puissance aussi, celui qui ne nous attendra pas sur le chemin de nos lâchetés et de nos faiblesses.

On doit procéder à une véritable réforme des retraites qui en finirait avec le scandale honteux de déficits des régimes spéciaux cachés dans l'équilibre du régime général. On doit organiser et financer une politique de sécurité juste et en phase avec les dangers et les défis réels de notre pays ... Autant de réformes réalisables au niveau national sans tutelle aucune de l'Europe qui trop souvent vient servir d'excuse expiatoire à nos incapacités propres.

Il faut faire vite et sans attendre le Grand Rendez-Vous électoral de 2017 sinon ces manifestations se reproduiront, se multiplieront même, et à juste titre, tant la gouvernance France est hors sol et en panne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/04/2016 à 18:00 :
J'adore l'avant dernier paragraphe. Par contre, pour le dernier paragraphe... Je pense que plus on approchera de 2017, plus les projets vont se vitrifier (sauf à faire plaisir à certaines catégories d'électeurs "gratuitement" en décidant de mesures de complaisance qui seront à financer par le prochain gouvernement. Bref, à repasser la patate chaude. 2017 sera une année de canicule...
a écrit le 31/03/2016 à 8:19 :
Si j'ai bien compris, le sacrifice doit être augmenté. La conclusion est bien en phase avec l'introduction...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :