La mobilité s'invite dans les élections municipales de 2020

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(Crédits : DR)
Repenser la mobilité est un impératif écologique et solidaire pour tout territoire ou communauté. Dans trop de grandes villes, l'offre de mobilité est incohérente et illisible pour l'usager, sans parler de certains non-sens.  Les projets mis en œuvre par Pays du Mans ou Ardenne Métropole par exemple montrent qu'il est possible de proposer une alternative socialement inclusive et écologiquement durable à la voiture individuelle. Alors qu'attend-on pour faire rimer mobilité et transition énergétique dans les promesses de campagne pour 2020 ? Par Bruno Flinois, Président fondateur de Clem'

L'épisode caniculaire de cette fin juillet 2019 est une nouvelle manifestation de l'urgence climatique qui impose d'engager très vite une vraie transition énergétique. L'Anses publiait quant à elle le 5 juillet un avis attestant les effets néfastes du trafic routier sur la santé. Dans les deux cas, la mobilité est à la fois l'une des causes et la solution. En cela, elle devient un sujet majeur dont les élus et équipes municipales doivent impérativement s'emparer d'ici les élections de 2020. Face aux attentes exprimées par les jeunes générations notamment, il n'est plus possible ne rien faire, ni de rejeter la responsabilité à d'autres niveaux ou à une échelle plus globale.

Les modèles déployés actuellement
avouent leurs limites.

Pour l'heure, les solutions adoptées sont soit court-termistes (circulation alternée, vignettes Crit'Air, fermeture ou accès payant aux hypercentres), soit manquent de cohérence (multiplicité de services et de technologies proposés sur un même territoire avec des incohérences, aucune continuité pour l'usager et aucune vision d'ensemble).

Quand le service ne trouve pas son point d'équilibre, il s'arrête, comme récemment avec certains services d'autopartage, de vélos et de trottinettes à Paris, générant l'incompréhension et le mécontentement justifiés des usagers. Aucun modèle n'inclut le pilotage de la consommation d'énergie alors que les bornes installées, conformément aux exigences de l'ADEME, remontent les données.

Renouveler le paradigme de la mobilité
en adoptant une vision moyen terme

Le sujet n'est pas de choisir entre des offres de trajets en boucle ou de free-floating, de voitures, vélos ou trottinettes. L'enjeu est de proposer aux citoyens des services lisibles et cohérents en termes de prix/marque/offre et qui soient socialement inclusifs, accessibles à tous les Français, quels que soient leur lieu de résidence, leur niveau de revenu, les besoins de déplacement, etc. Ils doivent surtout privilégier des véhicules décarbonés pour la diminution des gaz à effet de serre et des problèmes sanitaires induits par les rejets de particules. L'urgence est aussi dans la maîtrise de la consommation d'énergie par le territoire avec un objectif de 20% d'ENR. Le tout en veillant à ce que les usagers, en tant que contribuables, ne paient pas la facture de solutions trop compliquées ou mal gérées.

La solution est de co-construire les projets, en associant opérateurs, citoyens et acteurs publics, et de bâtir des business models rentables en moins de 5 ans - soit le mandat d'un maire. Il faut miser sur le partage pour avoir moins de véhicules qui déplacent plus de personnes, et donner plus largement accès à la mobilité, mode auquel 64% des Français sont d'ores et déjà prêts (*). Il faut enfin se donner les moyens d'exploiter les données de consommation d'énergie afin de recharger juste ce qu'il faut, quand il faut, de privilégier les ENR.

Alors, à l'échelle locale, la mobilité partagée aura un impact social et écologique durable, elle palliera l'impératif de la voiture individuelle sans créer des centrales de production d'énergie supplémentaire et en les engageant dans la nécessaire démarche globale de la transition énergétique, avec des résultats tangibles dans le temps du mandat d'un maire... Alors, prêts à s'engager d'ici 2020 pour faire face à l'urgence climatique en proposant des solutions de mobilité et non plus uniquement des bornes de charge dont le taux d'utilisation fait douter les citoyens ? Qui seront les 100 prochains élus à s'y mettre ? Les paris sont ouverts !

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(*) Étude Clem', avril 2018

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Commentaires
a écrit le 31/07/2019 à 13:17 :
La clause de mobilité dans le contrat de travail pour l'employeur est géniale ,il peut si le salarié refuse, entamer une procédure de licenciement pour faute.Pas belle la vie.
a écrit le 31/07/2019 à 10:33 :
La meilleure réponse est de réduire les motifs de déplacement! Chercher absolument des moyens de déplacement adaptés, qui pousserai pas obligation au déplacement, n'est pas une bonne politique créant l'encombrement des voies!! Seule solution: "relocaliser" ce qui peut l'être!

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