La reprise mondiale face aux changements structurels

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Les conditions d'une reprise sont réunies. Et les premiers symptômes sont déjà apparents, plus encore dans le reste de la zone euro qu'en France. Trois choses cependant doivent nous maintenir en alerte.
Les mouvement de l'euro et des matières premières notamment, serait-il à ce point le fruit du hasard ? Rien n'est moins sûr.
D'abord parce que la baisse de l'euro est d'abord le résultat d'un décalage conjoncturel avec les Etats-Unis, hors norme depuis 3 ans. Et que ce type de décalage a déjà fait vaciller la devise européenne par le passé. Ensuite, parce que la valeur de l'euro a été maintenue à des niveaux artificiellement élevés du fait d'un déphasage hors du commun entre les politiques de la FED et de la BCE.
Les phases d'appréciation et de dépréciation de l'euro depuis 2008 sont l'image inversée des phases d'accroissement et de réduction du bilan de la BCE. Elles ne tiennent pas du hasard, mais bien d'une action discrétionnaire de la banque centrale.
Et la relance du Quantitative Easing a précisément pour objectif de réinsuffler de la croissance et de l'inflation en zone euro. Rien de magique. Quant aux matières premières, les grands épisodes d'appréciation du dollar, sont précisément une cause déclenchante de leur baisse.
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Faut-il y voir le signe d'une mécanique qui ne prend pas. Peut-être, mais pas à ce stade. Certes par le passé, les fluctuations de la production industrielle étaient avancées par rapport au cycle de l'économie générale, renvoyant également une image amplifiée du cycle.
Or aujourd'hui, pour les pays réputés en prou du mouvement de reprise européenne, le décollage reste poussif.
C'est vrai même pour le Royaume-Unis ou l'Allemagne, alors que toutes les enquêtes sont au vert dans ces deux pays. Il faut néanmoins prendre en considération deux éléments avant de crier à l'affaiblissement structurel de l'offre.
Moins d'assemblage, plus de fonctions stratégiques, stables par définition, externalisation des composantes les plus cycliques. Le secteur manufacturier donne moins bien que par le passé le pouls de l'économie marchande.
Ne nous empressons pas de parler d'anomalie. L'emploi réagit toujours avec un temps de retard. Et pour l'emploi avec des délais plutôt plus court aujourd'hui qu'hier.
Lors de l'embellie de 2009 la même rengaine avait été reprise en cœur. On ne verrait pas d'emploi. C'est tout le contraire qui s'est produit. L'emploi a embrayé presque instantanément. Même en France.
Dans ce domaine, encore les choses ont changé, et les entreprises les plus cycliques, grâce à l'intérim, gèrent l'emploi presqu'à flux tendu. Et s'il faut s'inquiéter d'une chose aujourd'hui, c'est moins de notre incapacité à rebondir, que de celle des Etats-Unis à remorquer l'économie mondiale, comme par le passé, sans caler.
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