Le glyphosate sera-t-il indemnisé comme l'amiante ?
Myriam Delawari-de Gaudusson
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Eelv va lancer une action en justice contre le glyphosate
Benoit Tessier
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Eelv va lancer une action en justice contre le glyphosate
Benoit Tessier
Le cas du jardinier Dewayne Johnson pourrait ouvrir la voie à bon nombre d'actions en demande d'indemnisation car il a obtenu d'une juridiction de San Francisco des dommages-intérêts à hauteur de 290 millions de dollars sur le fondement de l'effet « potentiellement cancérigène » du glyphosate contenu dans l'herbicide Roundup et sa version professionnelle RangerPro, produits et commercialisés selon les termes de la décision, avec « malveillance » par Monsento.
Contestant le bien-fondé de cette décision, Monsanto a formé un appel, estimant que « 800 études scientifiques et les conclusions de l'agence américaine de la protection de l'environnement (EPA), des instituts nationaux pour la santé et des autres autorités de régulation à travers le monde soutiennent que le glyphosate ne cause pas de cancer ».
On touche ici du doigt la difficulté rencontrée dans ce type de dossier : l'absence d'une reconnaissance scientifique incontestée du lien entre glyphosate et cancer. En France, une telle condamnation serait-elle possible ? Une voie est envisageable sur le fondement des actions relatives à l'amiante. Avec une différence de taille : l'amiante est officiellement reconnu en France comme substance hautement nocive pour la santé des travailleurs. Les pathologies qui en découlent figurent donc sur le tableau des maladies professionnelles.
Rappelons qu'une maladie est dite « professionnelle » si elle est la conséquence directe de l'exposition d'un travailleur à un risque chimique, biologique ou résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. Ces dernières années, de nombreuses victimes de l'amiante ont engagé des procédures contre les industriels responsables de négligence d'information et de protection sur le fondement de la faute inexcusable définie par l'article L.452-1 du Code de la Sécurité sociale.
La chambre sociale de la Cour de cassation a précisé la notion de faute inexcusable par une série d'arrêts rendus le 28 février 2002 (n° 99-18.389, n° 99-18.390, n° 99-21-255, n°99-17.201), et selon lesquels :
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Myriam Delawari-de Gaudusson